Archive for the ‘Journalisme’ Category

Laffaille, l’air de rien

12 juin 2019

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Il est malin, Gilbert Laffaille. Il nous présente son nouveau bouquin, «Kaléidoscope», comme une autobiographie, mais c’est beaucoup plus que cela. Il y reprend la totalité de ses textes de chansons, ses sketches et des inédits. Il raconte son parcours, avec humour, finesse, sans jamais trop s’appesantir sous l’émotion. Il le fait comme dans sa chanson du même nom: l’air de rien.

Mais là où il va plus loin, la tête ailleurs, c’est lorsqu’il fait des digressions, nombreuses et longues. Parfois, c’est heureux, lorsqu’il parle de ses confrères artistes, de l’art en général, des pratiques du métier. On sent sa gourmandise, sa passion. D’autres fois, lorsqu’il se lance dans des propos sociaux-politiques, on trouve que l’auteur a soudainement la plume un peu lourde… Et on se demande ce que ça vient faire dans un livre sur la chanson.

Mais il est comme ça, le sieur Laffaille: généreux, ouvert aux autres et au monde. J’ai déjà raconté dans un précédent billet le lien personnel qui m’unit à lui. C’est toujours avec un penchant subjectif que je fréquente son oeuvre. Elle s’enrichit aujourd’hui d’une pierre importante. L’éditeur Christian Pirot a fait un sérieux boulot: une mise en page élégante, un index des personnes et des chansons citées. La préface est de Philippe Delerm, à qui on doit, faut-il le répéter, une des meilleures chansons d’Yves Duteil (Comme dans les dessins de Folon).

J’ai demandé à Gilbert Laffaille de répondre à quelques questions par courriel.

1) Es-tu un grand lecteur d’essais sur la chanson et les chanteurs? Si oui, quels sont ceux que tu préfères?

GL: J’ai chez moi une bonne bibliothèque d’ouvrages sur la chanson, biographies, autobiographies, oui. Cela m’a toujours intéressé de connaître la vie des artistes qui ont fait ce métier et de voir le regard qu’ils portent sur leur carrière et sur la vie en général. Malheureusement très peu sont vraiment intéressants, à peine un sur dix. Même les plus grands artistes ne trouvent pas toujours la manière de parler d’eux (ou leur biographes). J’ai beaucoup aimé l’autobiographie inachevée de Jean-Roger Caussimon, les livres de Marcel Amont, celui de Kent, ceux de Claude Semal et de Michel Bühler et également la biographie de Marie Dubas. Quelqu’un comme Marie-Ange Guillaume écrivait bien sur les chanteurs avec intelligence, humour et perspicacité. Son « William Sheller » est excellent. Mais apparemment on ne lui demande plus ce genre d’ouvrage.

2) Ton livre a une forme morcelée qui, plutôt que de suivre strictement la chronologie de ton parcours, s’autorise de nombreux sauts dans le temps. En parallèle, tu republies tes paroles de chansons déjà parues chez le même éditeur. Parle-nous un peu de ces choix… Ne devait-il pas y avoir aussi, à l’origine, un cd ou dvd pour accompagner le bouquin?

GL: Les ouvrages précédents étaient des sélections, un choix, un florilège. Là il s’agit d’une intégrale comprenant également des inédits et des chansons écrites pour d’autres. Il y a effectivement un DVD qui a été tourné et un projet de réédition des disques vinyles. Tout devait coïncider mais ça n’a pu finalement se faire. Il y a des problèmes techniques, des questions de droits, et on ne peut pas passer son temps à attendre, il faut avancer.

3) C’est une autobiographie assez singulière dans la mesure où tu évoques ta vie, mais qu’à de nombreuses reprises tu t’accordes de longues digressions sur la politique, la géographie, l’Histoire, etc. Était-ce par pudeur? Par peur d’ennuyer le lecteur avec des détails trop intimes?

GL: Pas du tout, non! Je pense que je me définis autant, si ce n’est plus, par ma façon de voir le monde et d’en parler que par tel ou tel détail biographique plus ou moins intéressant. L’intimité je veux bien, ça ne me gêne pas, mais il faut que cela ait une portée générale sinon ce n’est que de l’impudeur. Je parle de ma vie personnelle chaque fois que cela a eu une incidence sur ma création, c’est l’angle choisi. N’oublions pas: « Les dessous chic c’est ne rien dévoiler du tout » …

4) Tu parles dans ces pages de nombreux artistes que tu apprécies, des musiciens avec qui tu as collaboré, de tes proches qui t’ont inspiré des chansons et soutenu dans ta carrière. J’aimerais qu’on s’attarde sur l’arrangeur Jean Musy avec qui tu as fait ton deuxième album «Nettoyage de printemps»… Comment en es-tu venu à collaborer avec lui? À mon sens, c’est un disque très réussi, mais seule la face B a été rééditée en CD…

GL: J’ai rencontré Jean Musy car il travaillait avec mon amie Isabelle Mayereau. Nous nous sommes bien entendus et il a réalisé un beau travail. À l’époque il était extrêmement demandé, à la mode, et je pense que malheureusement il n’a pas pu me consacrer le temps qui aurait été nécessaire. Ce qui s’est passé en revanche par la suite avec Christian Chevallier. Avec le recul on voit les choses différemment. J’ai toujours travaillé avec de grands musiciens. Après, ce qui change, ce sont les conditions de production, l’argent, le temps, la disponibilité de chacun, la rencontre humaine. Ce sont finalement ces choses-là qui font la différence, quand on a la possibilité de prendre le temps de se connaître, d’approfondir, pas simplement d’assurer les séances d’enregistrement en un laps de temps limité.

5) Tu as eu pendant une vingtaine d’années des chansons qui tournaient à la radio, la presse spécialisée a toujours été de ton côté, tu passais même à la télé. Tu expliques pourquoi et comment le vent a tourné. Maintenant, j’ai lu dans un article récent sur ton livre qu’il faudrait que ta discographie soit disponible sur les plateformes numériques. Mais à l’ère où les gens écoutent des chansons en streaming, avec des vidéos YouTube, les chanteurs comme toi ne doivent à peu près rien toucher en redevances, non? Comment continuer sa vie d’artiste si même les mélomanes qui vous aiment se contentent du numérique?

GL: La question posée est: comment gagner sa vie ? Effectivement aujourd’hui elle se pose. Il y a une question d’âge, d’ambition. La problématique n’est pas la même si l’on a 20, 30, 40 ou 70 ans. Si l’on débute ou si l’on va vers la fin. L’état des lieux actuel, les conditions de production, de diffusion, le manque de bénéfices réalisé par les CD, les concerts, les DVD, ont évidemment des répercussions sur la création et la motivation. Même si l’on n’exerce pas ce genre de métier par appât du gain. Il ne m’est plus possible de passer des centaines d’heures sur l’écriture, la composition et l’élaboration d’un disque dans l’état actuel du marché, de l’écoute, voire de la compréhension, sachant que la plupart des programmateurs n’accueilleront mon travail qu’avec un petit sourire condescendant. Pour répondre à ta question « Comment continuer sa vie d’artiste ? », je crois que pour des gens comme moi ce n’est plus tellement possible. C’est pour ça que j’ai fait un livre et pas un disque. Ou bien si, l’on peut: en chantant bénévolement ou en se produisant à perte. Ou par plaisir.

6) Tu tournes désormais en formule piano/voix, qui te permet de voyager plus léger, d’amortir les frais et… de changer d’air musicalement. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas tenter des spectacles guitare/voix, où tu serais seul ou accompagné d’un guitariste?

GL: Oui, pourquoi pas ? Le piano est un orchestre à lui tout seul. Mais pour le remplacer sur mon répertoire il faudrait deux guitares – ce qui repose la question de la rentabilité – ou bien avoir des chansons qui supportent d’être jouées à une seule guitare. Ce n’est pas évident. Même chez Félix Leclerc ou chez Georges Brassens la guitare n’est jamais seule. Je trouve cependant que Thibaud Defever y réussit très bien. Dick Annegarn et Sanseverino aussi. Il faut être un instrumentiste parfait, parvenir à une complète indépendance des mains et de la voix. Mais on peut aussi avoir envie de faire quelque chose de ses bras, de ses jambes… Jacques Brel, Gilles Vigneault, Jean Guidoni, Les Frères Jacques!

7) Personnellement, je rêve d’une suite à «Tout m’étonne», un volume 2 de réenregistrements, toujours avec Michel Haumont aux guitares et arrangements. Ce serait l’occasion de revisiter de bonnes chansons oubliées… Dans un monde idéal, ça t’intéresserait?

GL: Oui bien entendu. Je ne suis jamais satisfait. J’aurais toujours envie de tout refaire. Mais la perfection n’existe pas. On ne peut que tendre vers un idéal inaccessible. Les potiers traditionnels japonais le savent bien qui laissent exprès un grain de sable sur leurs merveilles: on ne rivalise pas avec la Création. L’humilité est la mesure de l’homme. Ou devrait l’être… Un de mes projets fous – qui ne verra pas le jour – serait d’enregistrer un album avec une seule chanson! Dans douze versions différentes avec douze arrangements originaux. Plutôt guitare, plutôt piano, plutôt accordéon, électrique, acoustique, symphonique, minimaliste, slamé, rock, latin, ethnique, avec ambiances électro-pop, etc. Je crois que cela ne s’est jamais fait. Ce serait très intéressant. Il n’y a pas de version idéale. On peut aimer le caviar et les choux à la crème, les carottes râpées et l’agneau de sept heures, tout dépend du moment!

8) Internet me dit que tu as 71 ans. «Le jour et la nuit» est paru en 2013. À moins d’un revirement de situation dans le monde de la musique, ce sera vraiment ton dernier opus original?

GL: Franchement je crois que oui. C’est un tel travail, un tel investissement… Le manque d’intérêt des « grands » médias vis-à-vis de mon dernier CD « Le Jour et la Nuit » aura été à cet égard déterminant. À l’heure actuelle ce que je sais faire, ce que je voudrais faire, ce que j’aime faire, n’intéresse ni les éditeurs ni les producteurs ni les médias. L’écriture, les mots, les mélodies, le propos n’ont aucune importance. Il faut des chiffres. Si je vends beaucoup je suis un grand poète et un auteur essentiel. Sinon… Nous sommes nombreux dans ce cas. Le public n’a donc plus accès à une part importante de la création artistique. Ne lui parvient plus que ce qui a été prévu pour, formaté, estampillé. Cette logique sévit malheureusement dans tous les domaines. Le phénomène « grand public » s’étend partout, cinéma, théâtre, roman, humour, chanson… mais aussi nourriture, vêtements, produits de consommation. Tout est en voie de formatage.

9) Imagines-tu écrire d’autres bouquins? Sous quelles formes?

GL: Sans doute. Présentement je vais m’occuper de mes contes pour enfants et aussi de mon théâtre. Mais il n’y aura pas de « Kaléidoscope 2, le Retour » !

 


Gilbert Laffaille, Kaléidoscope, Christian Pirot, 2019

Distribution France: Les Belles Lettres.
Au Canada: Dimedia dlocas@dimedia.qc.ca

 

 

 

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Michel Rivard: le coeur de sa vie

1 mai 2019

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Michel Rivard revient sur les planches avec un spectacle totalement inédit, L’origine de mes espèces, une pièce de théâtre alimentée de chansons neuves, une autofiction qui raconte sa jeunesse, le tout avec la tendresse et l’humour qu’on lui connaît.

Au bout du fil, Michel Rivard semble heureux de partager ce nouveau projet. Ce n’est plus simplement un disque, mais un livre d’une centaine de pages, accompagné d’un cd avec les chansons du spectacle (sans les monologues entre elles). Le sous-titre a son importance : Théâtre musical en solitaire. En un peu plus de 90 minutes, avec le soutien d’un seul musicien (Vincent Legault), le chanteur jouera une pièce de théâtre dans laquelle il chante. Mais Rivard insiste : il restera dans l’inédit, il ne fera aucune chanson connue : «L’idée, c’était de briser le moule. Je suis de plus en plus lassé du show-biz dans sa trajectoire habituelle : écriture, album, promo, monter le show avec de nouvelles chansons mais en mettant des vieilles aussi, on le fait un bout de temps, et on recommence.»

Puis il évoque de lui-même le rôle de sa compagne, la parolière et productrice télé, Ève Déziel : «Ma blonde Ève m’a beaucoup poussé dans le derrière en me disant que si j’étais tanné de faire ça, je devais proposer autre chose. Que je pourrais inverser ça en parlant plus que je ne chante. J’avais déjà l’idée de raconter mes origines, la rencontre de mes parents, à leur union un petit peu boiteuse, à mon enfance, aux recherches que j’ai faites plus tard pour comprendre la relation de mes parents. Alors j’ai décidé de jumeler tout ça en prenant ce sujet-là. J’avais peur car je ne voulais surtout pas tomber dans, entre guillemets, la Personnalité connue qui raconte son enfance malheureuse, dit-il en riant. Premièrement, je n’ai pas été malheureux!»

Ceux qui ont vu Michel Rivard sur scène, comme chanteur ou improvisateur, savent qu’il a la parole facile, qu’il aime blaguer, faire des détours. En entrevue, il est comme ça aussi. Il accepte volontiers de déborder du sujet, il évoque pour nous Patrick Norman, Joni Mitchell, Procol Harum, Bob Dylan analysé par Greil Marcus, il s’avoue un amateur du magazine musical londonien Uncut. On jase également de l’excellent documentaire que lui ont consacré récemment les Grands reportages de RDI.

Et c’est sans heurt qu’on revient à notre propos : «Ça a été un long processus. Ça se passe sur trois ou quatre ans à peu près. C’est un sujet délicat. Je ne voulais pas remettre dans la face de ma mère les moments de sa vie où elle était moins heureuse. Elle est décédée il y a quatre ou cinq ans, et il y a eu une libération d’une certaine façon, en me disant que je pouvais dorénavant raconter ce que je veux. Je me suis informé en parlant avec des membres de ma famille, des oncles, des tantes, mais je ne cite pas de noms propres dans mon texte.» D’une certaine manière, il a voulu raconter le cœur de sa vie, mais en prenant soin d’épargner ses proches de l’embarras de la vie publique.

C’est donc un monologue en solo, parfois émouvant, parfois drôle. «J’ai travaillé avec Alexia Bürger, une auteure de théâtre, metteure en scène et comédienne. Elle était ma conseillère en dramaturgie. J’avais vu sa pièce Les Hardings, et j’avais adoré ! Elle a une structure dramatique extraordinaire. C’est elle qui m’a aidé à donner une forme théâtrale, à mettre dans l’ordre les centaines de bouts de monologues et de poèmes que j’avais, et à en faire une ligne dramatique. Et elle m’a aussi aidé pour les coupures, parce que j’étais parti pour un show de quatre heures!»

Michel Rivard rigole encore. Et pour la suite? Il n’a pas d’autres projets immédiats que cette pièce de théâtre qui, à la rigueur, pourrait être appréciée par quelqu’un qui ne le connaît pas du tout, qui ne connaît rien du chanteur. En gommant les noms propres et les références trop précises, il l’a également universalisée.

Francis Hébert

(pour L’Entracte de mai 2019)

Bruno Marcil: se recentrer

21 janvier 2019

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Comédien et auteur-compositeur-interprète, le Québécois Bruno Marcil avait fait paraître son premier opus en 2007 (lire ma critique de l’époque). On y trouvait de bonnes choses, mais diluées dans de la pop et de l’humour

Une décennie passe. On peut voir Marcil au théâtre, au cinéma et à la télé (Mémoires vives, Les Invisibles, etc.). Et fin 2018, il publie sur Internet «Les marches lentes», un très beau deuxième album. Métamorphose remarquable: il se recentre désormais sur la chanson folk, tendue de  mélancolie, avec quelques bouffées plus légères et de critique sociale pleine de compassion.

On l’a tellement aimé que l’on a décidé de lancer à l’artiste quelques petites questions rapides par courriel. «Les marches lentes» n’est disponible ni en cd ni en vinyle, mais on peut l’écouter (et l’acheter!) intégralement sur sa page Bandcamp. Notons un duo avec Ariane Moffatt.

Il faudra s’y faire. Désormais, nous vivons dans un monde virtuel… Mais en 2019, on peut au moins se balader avec cette collection de chansons tendres dans les oreilles.

 

1) Onze ans ont passé entre ton premier et ton second album. Est-ce que c’est ton métier de comédien qui t’a tenu si occupé? Pourquoi le sortir finalement maintenant?

BM: Le métier de comédien m’a effectivement beaucoup occupé en plus de mon métier de papa. Mais malgré tout, au long de ces années, j’ai accumulé un certain nombre de chansons. Une direction franche et sensible s’est imposée. Philippe Brault et moi avons donc amorcé un travail de studio mais sans se fixer de délais ni d’intention autre que celle d’aller au bout de la proposition. Il fallait que ça reste sincère et épuré. C’était aussi une occasion pour Philippe et moi de passer de magnifiques moments entre amis à faire de la musique.

2) Sur ce nouveau disque, on remarque que tu quittes la pop et l’humour pour te recentrer sur le folk plus intimiste et mélancolique. Comment ce virage s’est effectué?

BM: Sur mon premier album, on peut retrouver plusieurs morceaux qui touchent à cette écriture simple et sensible. Malgré tout, j’étais plus jeune et peut-être plus assoiffé que ma musique soit entendue par le plus grand nombre. J’ai donc essayé de faire coller des pièces à un univers plus emprunté à la pop. Ça donnait un album moins cohérent mais malgré tout, certains morceaux me sont encore très chers.

3) Justement, qu’écoutais-tu comme musique en 2007 et en 2018?

BM: J’écoutais sûrement du Bashung que j’aime profondément. Particulièrement le Bashung de L’imprudence (l’album En amont sorti après sa mort et sans son accord m’a déplu pour plusieurs raisons). J’ai toujours écouté beaucoup de musique il est donc difficile pour moi de trancher. Mais certains albums me suivent depuis plusieurs années. Eliott Smith (Either\Or), Robert Johnson, Isobel Campbell et Mark Lanegan (Ballad of the broken seas), James Blake, Tom Waits, Bon Iver. Plus récemment, l’extraordinaire album Carrie & Lowell de Sufjan Stevens m’a tellement apporté de chaleur. Avec pas d’casque est pour moi un incontournable des dernières années au Québec. Je découvre aussi Emma Louise avec son Lilac Everything.

4) Pour des raisons financières, ton nouvel album ne paraît qu’en format numérique. Avais-tu démarché des maisons de disques?

BM: J’avais approché deux maisons de disques mais sans vraiment y donner suite. Je n’étais même pas convaincu de vraiment vouloir sortir l’album. Toute l’énergie que demande la sortie d’un album et le bruit qu’on doit faire pour intéresser les gens, tout ça est bien loin de la musique elle-même. Je l’avais déjà fait en 2007 et ça ne me tentait plus. De l’attention et des projets artistiques forts, j’ai la chance d’en avoir déjà beaucoup. Mais comme j’aime profondément cet album et que je sentais qu’il allait s’évanouir et peut-être même emporter tout mon amour pour la musique avec lui, j’ai finalement décidé de le sortir. Mais je n’avais pas envie de faire de remous. C’est un album tellement intime que j’avais une pudeur réelle à le sortir au grand jour. Ça explique peut-être le manque d’ambition que j’ai eu à son égard avant sa sortie. C’est suite aux multiples commentaires si touchants que j’ai reçu d’un peu partout que j’ai repris confiance et eu envie de le pousser d’avantage.

5) Comment juges-tu notre réalité artistique actuelle dans laquelle le virtuel prédomine? On ne loue plus de DVD, on n’achète plus de disques physiques, on lit sur des tablettes plutôt que des livres… Suis-tu toi aussi cette tendance?

BM: Je dirais que je suis ambivalent sur cette question. Je n’ai jamais eu d’attachement pour les CD. L’objet lui-même est sans âme alors que j’aime vraiment le vinyle. Les heures que j’ai passé enfant à regarder certaines pochettes de vinyle… C’est pourquoi je peux écouter des tas d’albums de façon numérique mais certains albums, je les veux en vinyle. Même chose pour les livres. Certains romans peuvent faire une excellente lecture de nuit sur tablette, mais d’autres imposent une version papier.

6) Comptes-tu faire des spectacles avec ces nouvelles chansons?

BM: Avec Philippe Brault, on regarde pour fixer une ou deux dates précises pour faire un spectacle. Probablement en mai. 

7) Quelle place occupe ton travail d’auteur-compositeur-interprète par rapport à celui d’acteur?

BM: Mon rapport à la musique a toujours été un rapport très intime mais aussi, un désir et une façon de communiquer avec mes semblables. Il rejoint en ce sens le travail de l’acteur. Mais dans le contexte musical, c’est mon propos que je mets de l’avant. Je deviens l’auteur, le metteur en scène et l’interprète. Clairement pour moi, ces deux métiers sont toujours très reliés et se nourrissent constamment l’un et l’autre.

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Traversées (6)

16 janvier 2019

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Il faut bien l’avouer: parmi les chanteurs vivants, Jofroi est notre Belge préféré, bien qu’il habite en France depuis belle lurette. Préféré? Enfin, presque: il y a Julos Beaucarne qui le côtoie dans notre coeur d’amoureux de la chanson poétique et artisanale. Ça tombe bien. Sur son nouvel album original, Jofroi reprend un classique beaucarnien, Le petit royaume.

Voici un disque qui commence majestueusement avec  Habiter la terre. Les émouvants arrangements de Line Adam, la souplesse de la plume du chanteur. Une splendeur. Cette chanson sera un nouveau point de repère dans son oeuvre.

Au gré du violon, du piano, des guitares ou de l’accordéon, Jofroi nous offre un voyage humaniste, préoccupé socialement et écologiquement. Mentionnons la richesse également du livret, avec photos, paroles et textes de présentation.

Cet opus nous aidera à patienter en attendant les deux dernières et indispensables rééditions promises pour ses microsillons de 1978 et 1979.

En fermant les yeux, on peut écouter Habiter la terre ici.


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Du côté d’Aram, pas de réédition prévue alors il nous offre un nouvel album qui mélange de vieilles chansons réenregistrées pour l’occasion et des inédites. Mais soyons francs: depuis qu’il a repris son nom complet, Aram Sédèfian côtoie les cimes. Tout: la voix, les arrangements, l’écriture, le chant. Depuis 1997, on est émerveillé par ses chansons, encore plus qu’à ses débuts. Autant son premier 33-tours paru chez Saravah en 1976 mériterait d’être réédité tel quel, autant ses réenregistrements ne déméritent pas. Et ça, c’est rare.

À l’automne, il a fait paraître «Des jours et des heures», sous une jolie pochette cartonnée bleue. Bleue comme une mer chaude, pour envelopper des chansons aux parfums orientaux, gourmands. Aram a même le bon goût de mettre en musique et chanter le fameux poème de Gérard de Nerval, Fantaisie… «Il est un air pour qui je donnerais/Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber/Un air très vieux, languissant et funèbre/qui pour moi seul a des charmes secrets»…

Un extrait du nouveau cd ici

 


On change complètement d’univers avec le troisième album de l’auteure-compositrice-interprète Salomé Leclerc, probablement la meilleure production québécoise en 2018 avec Monsieur Mono.

Succinct, «Les choses extérieures» regorge de sensualité pop de bout en bout. L’alliance entre la voix frémissante et les guitares électriques rappelle parfois Françoise Hardy (période «Le danger») ou la jouissive actrice-chanteuse Jeanne Balibar.

Exceptionnellement, regardons un clip pour apprécier le travail de la chanteuse, dans sa simplicité, sa douceur, son rayonnement… Et ne négligeons pas d’admirer cette pochette parfaite, candide et charnelle.

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Au doux pays de Vigneault

11 décembre 2018

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On doit à Tandem.mu et Le Nordet ce beau coffret de huit cd. Il est de première nécessité : il réédite intégralement sept albums originaux de Gilles Vigneault, couvrant la période 1971-1983. Cinq disques en studio gorgés de sève poétique, et deux enregistrements en public (dont un double). Le son est impeccable.

L’élégant boîtier se présente en format DVD, il contient deux gros livrets avec les paroles des chansons. Le seul problème de ce type de présentation, c’est que les cd risquent de s’abîmer lorsqu’on les manipule.

Les pochettes recto et verso des microsillons sont reproduites, on ne peut que s’en réjouir. Bémol majeur : elles sont difficilement lisibles. Il aurait fallu retranscrire les crédits artistiques à l’intérieur des livrets. On en profite pour saluer ici la mémoire d’un ancien et très fidèle collaborateur de Vigneault : Gaston Rochon, son pianiste-compositeur pendant des années et dont on peut apprécier les arrangements musicaux sur ce florilège.

Pas de textes de présentation à l’intérieur, mais on a l’essentiel : les chansons rééditées avec soin. On indique qu’il s’agit du premier coffret, on ne peut qu’espérer qu’un deuxième rapatriera trois microsillons majeurs de Vigneault mais jamais repris en cd dans leur forme originale: «Les voyageurs» (1969) ; «Du milieu du pont» (1969) et «Le voyageur sédentaire» (1970). Ils sont indispensables et pourtant aujourd’hui introuvables.

Le pays de Vigneault, c’est aussi le nôtre. Il était grandement temps qu’on le célèbre à sa juste valeur avec cette réjouissante rétrospective.

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Splendides chansons tristes

15 novembre 2018

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En 2005, on se prenait le premier album de Monsieur Mono en plein coeur, à l’instar d’un Mano Solo: des chansons sombres, rageuses et désespérées. Infiniment belles.

Derrière le pseudo de Mono, se cachait (à peine) Éric Goulet, auteur-compositeur-interprète québécois, chanteur de groupes pop-rock comme Possession Simple ou Les Chiens.

Ce projet perso, c’était une manière pour lui d’exorciser une rupture récente. Poignant, honnête. À nu. Le deuxième opus de Mono, trois ans plus tard, était réussi mais moins émouvant. Sans connaître sa vie privée, on le sentait moins écorché.

Une décennie passe. Il revient avec un troisième disque signé Monsieur Mono: «Le grand nulle part». Et on renoue avec lui, avec sa sensibilité, sa sincérité à vif. Portées par le piano et un quatuor à cordes, ces nouvelles chansons de rupture bouleversent.

Elles viennent rejoindre ce qu’Éric Goulet a fait de meilleur en près de trente ans: le premier Mono, et «La nuit dérobée» avec Les Chiens. Ses trois albums noirs. Essentiels.

Une note sur les formats disponibles en terminant: on peut se le procurer en numérique, en cd (une simple pochette de carton brun). Mais si vous voulez un objet à la hauteur du contenu, on ne peut que suggérer le somptueux microsillon: vinyle transparent, paroles, dessins (de Simon Bossé), crédits – toutes des choses absentes de la version cd.

On peut l’écouter ici.

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Nino

11 septembre 2018

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À l’été 1998, Nino Ferrer décidait de nous quitter, pour de bon cette fois, après avoir fui le grand public et le milieu artistique. Il voulait vivre en marge, et il nous laisse une brassée de grandes chansons mélancoliques (Ma vie pour rien; C’est irréparable; La rua Madureira; Oerythia; L’inexpressible; etc.) et des microsillons prodigieux (pour les meilleurs, citons «Enregistrement public» 1966; son chef-d’œuvre de rock progressif «Métronomie»; «Nino Ferrer & Leggs»; «Nino and Radiah»; «Blanat»; et enfin «Ex-libris»). Et ne boudons pas nos plaisirs primaires avec des bulles de savon humoristiques comme Les cornichons; Oh! Hé! Hein! Bon!; Madame Robert

À l’occasion de ce funeste anniversaire, l’éditeur «Le mot et le reste» publie «Nino Ferrer: un homme libre». C’est la deuxième fois qu’Henry Chartier consacre un ouvrage au chanteur. Chartier n’est pas à proprement parler un expert en chanson française. Il se présente plutôt comme «spécialiste des musiques actuelles». On lui doit des livres sur John Lennon, Serge Gainsbourg, Kurt Cobain, Christophe ou sur… le rock satanique. Ce qui peut faire peur, admettons-le. Au bout du compte, il analyse le travail de Nino de manière parfois fine, avec force détails (quelques fois trop), et en d’autres occasions superficiellement, multipliant les références culturelles pédantes et surtout inutiles. Et on ne parle même pas des comparaisons boiteuses entre Ferrer et ses collègues.

Cependant, l’important est ailleurs: dans l’énergie et la passion que met Chartier pour nous faire redécouvrir et approfondir le parcours de Nino. Il décrit la vie privée du chanteur, jusque dans des détails très intimes sur ses mœurs amoureuses. Mais ça aide à comprendre l’homme et l’oeuvre. Il s’appuie sur de nombreuses entrevues et textes de Ferrer ainsi que sur des entretiens réalisés avec ses proches et collaborateurs. Il explore longuement la carrière internationale de l’artiste, particulièrement en Italie. On retrouve également une discographie très riche, mais qui oublie quand même de citer le cd hommage à Nino Ferrer enregistré par des artistes québécois (ma critique d’origine ici).

Touffu, son bouquin est un bon complément à la bio de référence («Nino Ferrer, du noir au sud» de Christophe Conte et Joseph Ghosn, qu’on aimerait bien voir rééditée en poche, actualisée).

Chartier dresse le portrait d’un artiste fantasque et colérique, amusé et désabusé.

Trésors exhumés

9 septembre 2018

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En 2016, l’étiquette française Frémeaux & associés avait publié une première et puissante anthologie de Gérard Pierron (ma critique ici). En voici la suite, «Trésors perdus», quatre cd pour couvrir la période 1981-2013. Les grandes chansons poétiques et sociales n’y manquent pas, chantées d’une voix sobre, belle, frémissante. Parmi les plus fortes, citons Scheveningue, morte saison; La rue des ciseaux dorés; Le marchand d’oranges… On regrettera que son troisième microsillon (1981) ne soit pas intégralement repris ici, mais il paraît que Pierron n’a jamais été satisfait du mixage original du vinyle, pourtant un de ses meilleurs albums en carrière. Pour nous consoler, d’autres extraits du même 33-tours avaient été réédités sur la première anthologie.

Sur la nouvelle, on trouve de généreux extraits du double album «Plein chant» et la totalité de «Carnet de bord». On peut y redécouvrir avec plaisir Le maître et la boule (tirée de «Chansons en charentaises»). Les choix y sont généralement judicieux, la pochette très belle (que l’on doit encore une fois à René-Claude Girault), le livret, riche en documents. On aurait juste aimé qu’il n’y ait pas de fautes dans les titres des morceaux, parfois écrits d’une manière (dans le livret) et parfois d’une autre (sur le verso du boîtier) – sans oublier l’emploi de majuscules fautif.

Sur le cd 2, on renoue avec une pièce maîtresse de la chanson poétique française, puisqu’on le réédite intégralement et dans le bon ordre: «La chanson d’escale» (1990), des textes du poète marin Louis Brauquier, mis en musique par Pierron, avec des arrangements et l’accordéon de Richard Galliano. C’est époustouflant. Une oeuvre à faire chavirer le coeur.

Dans le dernier numéro de la revue Hexagone, on apprend que Pierron travaille actuellement à son prochain disque qui devrait être un duo accordéon/voix. Une formule peu utilisée, mais qui a donné le chef-d’oeuvre de Leprest «Voce a mano» (qui fait partie de ma discothèque idéale). Tout permet de croire que Pierron saura se hisser à cette hauteur, lui qui nous bouleverse depuis des décennies.

À l’ancienne

19 juin 2018

Graeme-Allwright-par-lui-meme

Ça fait quelques années que ce livre était dans l’air. À l’origine, il devait paraître en janvier… 2017. Ça laisse le temps de rêver à ce que pourrait être un bouquin sur Graeme Allwright écrit par la plume sérieuse et érudite de Jacques Vassal, un pilier de Rock & Folk des années 60-70 à qui l’on doit des ouvrages sur Brassens, Brel, Ferré, Leonard Cohen, Jacques Higelin, etc.

Voici que l’on reçoit enfin «Graeme Allwright par lui-même», un titre qui porte à confusion car il ne s’agit pas d’une autobiographie mais bien d’une biographie signée Vassal. On raconte la vie du chanteur, ses débuts dans le théâtre, les mille et un petits métiers exercés, les nombreux voyages, sa philosophie, sa spiritualité, ses engagements… Bref, on fait le tour du personnage Allwright. Vassal a recueilli les confidences des enfants de l’artiste, de ses amis, de ses musiciens, de sa première femme et de Graeme aussi, qu’il connaît depuis les années 60.

Ça donne des pages chaleureuses, honnêtes, sensibles. Un portrait plutôt complet de l’homme. Le hic? C’est qu’il s’agit d’un chanteur, et que cet aspect est traité de manière très accessoire. Lorsque des oeuvres sont citées, c’est comme prétexte à parler d’autres choses: ses idées, ses convictions, son comportement. On reste dans l’anecdote.

C’est une biographie à l’ancienne, pourrait-on dire. Dans les dernières années, les livres qui paraissent sur les chanteurs nous ont habitués à autre chose. Ceux-ci mettent l’oeuvre au centre de tout. On entre en studio avec eux, on discute des arrangements, du choix des chansons. Vassal ne fait qu’effleurer la discographie de Allwright alors que ça aurait dû être le coeur de son propos.

Les meilleurs disques de Allwright, non seulement n’ont jamais été réédités en cd, mais ils sont à peine cités par Vassal! On aurait voulu qu’il développe là-dessus, on aurait voulu en savoir plus sur «De passage» (1975), «Questions» (1978) et «Condamnés?» (1979).

Mais Vassal est de l’ancienne école du journalisme, celle où il était primordial que l’homme soit à la hauteur de l’artiste, qu’il soit «sincère». Son livre découpé en chapitres thématiques est une bonne introduction au chanteur. On prend plaisir à le lire, mais on en voudrait davantage.

Au Cherche-Midi éditeur, 298 pages, avec discographie et index mais sans photo.

Traversées (5)

11 juin 2018

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Commençons par deux rééditions importantes et soignées. Belles, fidèles, elles reproduisent à la fois les chansons dans l’ordre originel du microsillon et les images de la pochette.

D’abord, le Belge Jofroi nous offre «La Marie-Tzigane n’est pas un bateau», paru en 1981 mais qui conserve néanmoins le son riche et acoustique des années 70. Il s’agit d’un de ses meilleurs albums. On peut y réentendre L’ours; Matins d’octobre; L’Indien… Une pièce majeure dans la mosaïque d’une certaine chanson française poétique et artisanale. D’ici la fin de l’année, Jofroi prévoit rééditer «L’odeur de la terre» (son sommet de 1978) et publier un nouvel opus original.

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Et puis, il y a Areski. «Un beau matin», son premier 33-tours sorti chez Saravah en 1971 avait été furtivement repris en cd en 2008… au Japon. Pour être franc, on ne l’avait même pas vu passer, comme c’est le cas avec la plupart des importations nippones. Il était grandement temps qu’il reparaisse pour la francophonie. On doit cette réédition à l’étiquette Le Souffle continu, qui tient boutique à Paris. Elle avait déjà réédité certains disques de Saravah (Barney Wilen, Mahjun, Cohelmec Ensemble), mais hélas uniquement en vinyle. Pour Areski, elle a décidé d’offrir, en plus, une version CD.

C’est tout bénéfice et espérons que les prochaines sorties seront également disponibles dans les deux formats. Les lecteurs de ce blogue le savent, le format CD comprend de nombreux avantages: moins cher, plus maniable, plus exportable, moins encombrant, il s’use moins vite, il ne gratte pas et… on peut sauter des chansons. Toujours pratique.

Cet Areski cuvée 1971 est extrêmement original, mêlant chanson française et musiques du monde, quelques mots de Pierre Barouh ou Brigitte Fontaine, les percussions et la voix envoûtantes du musicien d’origine kabyle, le violoncelle de l’omniprésent Jean-Charles Capon… Ça devrait plaire à ceux qui aiment le duo Areski & Fontaine ou qui adorent, avec raison, le gigantesque et indépassable «Higelin & Areski» (1969)…

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Terminons ce billet avec un auteur-compositeur-interprète québécois, Ian Fournier, qui sort ces jours-ci trois albums d’un seul coup! Nous avons aimé ses projets thématiques: son Nelligan (ma critique de l’époque), ses chansons qui racontent l’Histoire avec «Légendes du Val Saint-François» (avec de beaux tableaux de Laurent Frey dans l’épais livret) ou son adaptation chansonnière des lettres de Van Gogh à son frère («Mon cher Théo»; 2016).

Cette fois-ci, il propose de nouveau un disque instrumental joliment mené («Battements d’rêves»). Sur «Déprimates», il cède en général à une veine qui rappelle fâcheusement Bernard Adamus, mais revisite aussi un titre de Plume Latraverse/Gerry Boulet (Prends pas tout mon amour) d’une manière si personnelle qu’il est métamorphosé et constitue le meilleur moment du CD.

Mais le plus important est ailleurs. C’est avec la troisième parution que Fournier signe ce qu’il a probablement fait de mieux jusqu’ici: «Troba», un opus enregistré à Cuba qui métisse langueur, contemplation et quelques touches de flamenco. Il fallait oser.

S’il veut franchir un cap créatif supplémentaire, Fournier devrait cependant intégrer des refrains ainsi que des mélodies plus accrocheuses pour laisser le public respirer un peu. Qu’il ait envie, lui aussi, de s’approprier les chansons. Qu’elles se propagent ailleurs, grâce aux airs qu’on peut siffloter.

Le site de Jofroi, c’est par ici

Celui du Souffle continu, c’est

Pour découvrir Ian Fournier, suivez ici


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