Posts Tagged ‘Georges Brassens’

Dans les tiroirs de Brassens

27 novembre 2014

brassens

D’abord, la surprise, mêlée d’excitation : quoi ? il existe encore des textes inédits de Brassens, qui n’ont pas été publiés dans l’énorme volume des «Oeuvres complètes» chez Le Cherche midi ? Il semblerait que oui, puisque ce même éditeur fait paraître aujourd’hui «Journal et autres carnets inédits». Là, c’est carrément l’extase, pour les amateurs du chanteur et ceux qui apprécient les genres littéraires intimes comme les lettres, les journaux… Et si vous alliez ces deux passions – Brassens ET les journaux littéraires – là vous risquez de vous ruer sur cet ouvrage…

Mais ce serait une erreur. Car vient la déception. Contrairement à ce que le laisse entendre le titre du livre, on nous donne principalement à lire non pas un écrit intimiste, mais des brouillons de chansons. Beaucoup, beaucoup de vers, dont certains se retrouveront tels quels ou un peu modifiés sur ses disques. Environ 300 pages d’ébauches. Une affaire en or, certes, mais pour les spéléologues brassensiens seulement. Et pour ceux qui aiment lire des vers écrits pour être chantés…

Trop peu de vraies proses suivies dans ce bouquin qui couvre la période 1946-1981, en différents cahiers. Et là où on attendrait une réflexion, des confessions, une vie intellectuelle et introspective de l’homme Brassens, on a principalement droit à des maximes, des sentences, des aphorismes. Un laboratoire essentiellement littéraire, sauf exceptions – par exemple, quelques lignes consacrées à la mort de Jeanne nous font regretter qu’il n’y ait pas davantage de cette inspiration-là dans ces pages.

Si les jeux de mots, les traits d’esprit vous amusent, ne boudez pas votre plaisir. Mais si vous cherchiez davantage à connaître un Brassens quotidien, qui raconte ses doutes, ses apprentissages (lectures, chansons, musiques, etc.), ses débats d’idées, vous le rencontrerez plutôt dans sa correspondance et ses préfaces, que l’on retrouve dans le précédemment cité «Oeuvres complètes», paru en 2007.

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La discothèque idéale # 7

13 octobre 2011

En attendant la nouvelle intégrale Brassens à paraître ce 17 octobre 2011 en France et quelques semaines plus tard au Québec, revoici son entrée dans ma discothèque idéale.

À noter que ce même album ressortira dans le coffret, en plus de sa forme originale, dans une version inédite: le dernier guitariste de Brassens, Joël Favreau, est retourné en studio pour poser la deuxième guitare qui devait y figurer à l’époque mais ne s’y trouvait finalement pas (à cause d’une grève, dit-on). Le premier pressage, à une seule guitare, devait être suivi d’un autre avec la deuxième guitare, qui a mis 45 ans à sortir!

***

Georges Brassens, Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966)

Au milieu de sa carrière parfaite, Brassens publie son neuvième album, avec deux titres phares qui feront le succès de toutes ses futures compils : Supplique pour être enterré à la plage de Sète et La non-demande en mariage. Deux chansons parmi les plus belles de tout le répertoire français. La non-demande a même été reprise par Miossec, excusez du peu!

Mais à y regarder de plus près, cet album de 1966 ne contient que des grandes merveilles, connues ou non, une collection de chansons plus-que-parfaites. Les thèmes récurrents de son oeuvre, tous magnifiquement écrits, sans faute de goût ni concession à la facilité (comme l’a été Fernande, par exemple). L’ironie et la gaillardise (La fessée; Le fantôme), l’anti-conformisme qui se mêle à l’anarchie (Le pluriel; Les quatre bacheliers), son goût pour les vieux mots oubliés (Le moyenâgeux) et toujours cette compassion pour le genre humain (L’épave). Et cette ironie salvatrice qui se balade dans tout le disque.

La formule musicale est simple : une guitare, une contrebasse. Avec de telles chansons exemplaires, inutile d’en mettre plus. Le mot et la note suffisent largement.

Brassens, c’est la générosité faite chanteur.

(billet publié le 5 mars 2007)

Brassens raconté à ma chatte

28 juin 2011

-Ma belle chatte, te voilà plutôt vieille, à près de 20 ans. Tu en as entendu beaucoup des chansons francophones en tous genres. Mais ton préféré, c’est Brassens. Pas vrai?

-Miaou!

-2011 marque le trentième anniversaire de sa mort. Ça célèbre, ça sort des hommages: Brassens chanté par une plus jeune génération (Debout sur le zinc, Les Ogres de Barback, Yves Jamait, Aldebert, etc.), Brassens à travers la planète (Brassens, échos du monde avec Nina Simone, Sidney Bechet, etc.)…

-Miaou…

-Oui. Le plus beau, c’est de retourner à la source. À Brassens, sa guitare en bois et son contrebassiste. En studio, il ajoutait une deuxième acoustique, guère plus. Son humour, ses mélodies inoubliables, cruciales, des textes qui racontaient le monde comme une fable. Une moustache en forme de sourire. La tendresse humaine. Et puis, pas mal de chats peuplaient ses couplets.

-Miaou, miaou, miaou!

-Alors, voilà, cet automne, va paraître une nouvelle intégrale Brassens, la quatrième si je ne me trompe pas. Celle de 2006 en 15 CD ne faisait plus l’affaire? Pourtant, elle était belle, dans un format pratique et assez complète pour son oeuvre en studio. Mais 5 ans plus tard, la mode est à un nouvel emballage pour les coffrets: un format livre d’art que l’on ouvre, dans lequel on glisse des CD (Nino Ferrer, Bashung, Gainsbourg, etc.). Ce n’est pas pratique, ça abîme les compacts, mais c’est tendance, hein, n’oublie jamais ça. Brassens n’avait rien à foutre de la mode? Certes, ma chatte, mais les marchands aiment faire de l’argent, toujours plus.

-Miaou…

-On se dit qu’on n’entrera pas dans ce jeu-là, que notre intégrale Brassens 2006 tiendra encore tout à fait la route pendant quelques années. Et on fait la gaffe d’aller sur le site du coffret 2011. Palsambleu! Saperlipopette! Il est beau le nouveau! 19 CD, soit 4 de plus que le précédent. Avec pour la première fois en CD la réédition de l’album Brassens 20 ans d’émissions sur Europe 1 sur lequel il reprend des chansons de sa jeunesse, complètes ou non, entrecoupées de souvenirs personnels. C’est savoureux ce truc. Et ça reprend des chansons jamais reprises ailleurs par le bon maître.

-MIAOU!!!!!

-Tous les détails ici. On a même cru bon d’ajouter  une deuxième version de l’album Supplique pour être enterré (1966) avec la deuxième guitare qui aurait dû figurer sur l’enregistrement d’époque. Le dernier guitariste de Brassens, Joël Favreau, est retourné en studio pour s’exécuter. Miaou, comme tu dis, ma fidèle chatte.

À l’attaque!

26 juin 2011

La route aux quatre chansons

Pourquoi un nouveau blogue? Parce qu’il semble qu’aujourd’hui, en tout cas dans nos frileuses terres québécoises, c’est la seule manière d’écrire en toute liberté, avec espièglerie, sans copinage, sans magouille, sans censure.

J’ai choisi de titrer cet espace La route aux quatre chansons en clin d’œil à ce morceau de Brassens dans lequel il fait référence à plusieurs couplets du folklore. Passéisme? Pas du tout. Brassens est pour moi un phare au même titre que Gainsbourg ou Souchon. Et je voulais souligner la pertinence du slogan du tout jeune magazine français, Serge : «Là où les chansons se rencontrent.» Je peux le piquer?

Ici, pas de sectarisme branchouille ou nostalgique. Seule m’importe la qualité des chansons. Aucune différence si elles squattent les ondes radiophoniques ou non.

Ceux qui m’ont suivi ailleurs depuis plusieurs années le savent : pas de complaisance, mais une sévérité et une passion de tous les instants. Ce sera joyeux, colérique ou ça ne sera pas.

Patrice Delbourg l’a dit avant moi : il ne faut pas écrire pour les artistes, les attachés de presse, les maisons de disques. Il faut donner priorité au lecteur, quitte à froisser les autres. Ma fidélité va aux fervents de chanson, beaucoup moins à ceux qui la vendent ou la pratiquent. Trop souvent, les lecteurs se sentent floués à la lecture d’un article, car ils ne comprennent pas qu’un disque si mauvais soit encensé.

J’irai là où la chanson francophone me mène, du Québec à la Belgique en passant par la France, la Suisse et l’Afrique. Sans partisannerie.

Ce sera l’objet principal de ce blogue mais je laisse une porte ouverte aux bouquins, car musique, lecture et écriture forment un trio essentiel pour moi.

J’ai toujours plusieurs livres en cours comme j’ai des milliers de mp3 qui m’attendent.

Bienvenue sur la route aux quatre chansons.


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