Archive for décembre 2011

L’arnaque de l’année

25 décembre 2011

Que ce soit clair: on aime les rééditions, le patrimoine musical. Les coffrets type intégrale font ma joie. La mode est aux éditions luxueuses où le même album est décliné en deux, voire cinq CD? Tant mieux. C’est un festin pour les mélomanes, une bonne affaire pour les maisons de disques. Tout le monde est content.

Le problème, c’est quand la dite maison exagère. Ici, Universal. À l’hiver 2011, une nouvelle intégrale Gainsbourg était sortie en 20 CD. Elle ne remplaçait pas l’ancienne intégrale de 2001 car elle ne reprenait pas tout ce qu’il y avait (par exemple, l’essentiel album en public Capucines 63 n’y figure pas! une aberration!).

L’intérêt du nouveau coffret Gainsbourg 2011 venait surtout du format livre d’art, de l’objet plus que du contenu. Une affaire de collectionneurs, quoi. À sa parution, un journaliste clairvoyant ou plus informé (ou était-ce un internaute?) avait écrit que les bonus du disque Melody Nelson étaient minces et qu’Universal s’en gardait sûrement sous le coude pour l’automne…

Cette personne a eu du nez. Car un peu plus de six mois plus tard, voici que paraît l’édition quarantième anniversaire du chef-d’œuvre «Histoire de Melody Nelson». Avec des bonus qui ne figuraient pas dans le gros coffret! Et, pire, les deux bonus du coffret (des versions instrumentales de Valse de Melody et Ah! Melody) ne se trouvent dans cette édition deluxe!

Si ce n’est pas l’arnaque, ça!

Bien sûr, l’édition deluxe est très belle, là n’est pas le problème. Elle contient l’album original et un autre avec des bonus (dont l’inédit complet mais anecdotique Melody lit Babar). Le livret est très bien documenté avec de bons textes de présentation. Un DVD documentaire est même inclus – intéressant aussi.

Mais le procédé mercantile est pour le moins douteux.

Leprest s’éteint de nouveau

24 décembre 2011

Louis Capart

Quelques réflexions en vrac pour terminer 2011, avant de s’enfouir dans les festivités…

On parle de moins en moins de chanson francophone dans les médias. Il n’y a qu’à voir ce qu’écoutent les chanteurs francophones eux-mêmes et les palmarès personnels des journalistes pour se l’expliquer: ils s’intéressent au franco dans une proportion de 15 à 20 % environ. En plus, même les Français se sont mis à chanter en anglais. Karkwa disait grosso modo être le seul groupe à chanter en français dans les festivals européens!

En 2005, le franco avait la cote: Les Inrocks (aussi bien dire la Bible) en parlaient régulièrement avec des papiers autant sur Léo Ferré et Brassens que sur Albin de la Simone et Vincent Delerm. Plus aujourd’hui. L’intérêt s’est émoussé. Il continue à sortir énormément de chanson française, mais elle n’est plus un phénomène branché, regagnant sa ringardise d’autrefois.

Moi-même, j’écoute beaucoup de pop et de nouvelle chanson françaises, délaissant toute une part importante du répertoire: les chanteurs à texte, «poétiques», Rive Gauche… Ces artistes de grande qualité existent encore, mais plus personne n’en parle.

Pourtant, une des plus belles rééditions de la dernière année, on la doit à Louis Capart, un chanteur tout ce qui a de plus traditionnellement poétique, proche de la mi-soixantaine et trente ans de carrière derrière lui. Il a publié le double cd «Premières chansons – L’intégrale» (en fait presqu’intégrale). Les amateurs de Bertin, Caussimon, Brassens, Ferré devraient se ruer là-dessus. La parole et la guitare sont limpides, d’une grande beauté.

Mais il faut également dire que cette chanson-là est difficile à trouver, souvent autoproduite.

Et qu’elle peut aussi être assez peu imaginative.

Allain Leprest est le meilleur exemple.

Ça fait au moins 15 ans que tous les spécialistes de la chanson française à texte (c’est-à-dire les descendants de Brel-Brassens-Ferré) déclarent Leprest le plus génial des méconnus. Génial, c’est vrai, il peut l’être: dans son album «Voce a mano», déjà présenté ici. Excellent parolier pour Francesca Solleville, Romain Didier (Les grilles, par exemple).

Hélas, pendant les dix dernières années de sa vie, car il a choisi de nous quitter cet été, il n’était juste plus à la hauteur, alignant les productions sans grand intérêt. La maladie était passée par là.

Juste avant de partir, il a enregistré, avec un accompagnement de piano pour le soutenir, les voix de son nouvel album: «Leprest symphonique». Son ami et fidèle complice Romain Didier a écrit les arrangements pour orchestre, Leprest ne les a jamais entendus. La formation symphonique est venue après coup pour poser leurs notes sur sa voix très abîmée par une quarantaine d’années de tabagisme, l’alcool…

Ça aurait pu être grandiose, car les arrangements le sont. Didier est un maître. Hélas, le CD déçoit.

Leprest lui-même n’a plus l’expressivité qui faisait sa force. À juste titre, on le comparait à Brel.

Mais le pire, c’est le choix des chansons. Son producteur et lui ont trié ensemble et sélectionné parmi des centaines de textes.

Ce n’est pas très heureux. Des choses faiblardes ou sans intérêt. Des versions nettement moins bonnes que les originales. Pour celles que Leprest n’a pas pu enregistrer lui-même, on a demandé à ses copains de venir donner un coup de voix: Daniel Lavoie (excellent), Enzo Enzo, Christophe, Romain Didier, etc.

Il manque des chansons magnifiques et méconnues, qui auraient donné une valeur supplémentaire pour les déjà amateurs de Leprest qui en ont marre d’entendre sans arrêt le même répertoire de scène. Par exemple, Le dico de grand-mère; Le poing de mon pote; Garde-moi la mer; Chanter des fois; Le Cotentin; etc.

Pour résumer la carrière de Leprest, on préférera se repasser «Il pleut sur la mer», un enregistrement à l’Olympia de 1995…

Le point commun de ce cd en public et la réédition de Louis Capart, outre la belle poésie de l’écriture, la qualité des mélodies?

La richesse du livret. La reproduction des textes. Des photos sobres et évocatrices.

Des chanteurs de paroles à prendre le temps de réécouter.

Pour 2012, on souhaite le retour d’un des meilleurs parmi eux: Gilbert Laffaille.

La preuve du pire

19 décembre 2011

Et voilà: l’insipide Cœur de Pirate vient de récolter un disque de platine pour 100 000 exemplaires vendus de son album «Blonde». Zéro amélioration par rapport à son premier CD: elle ne sait toujours pas chanter, ses textes sont incompréhensibles. Mais les gens semblent aimer les poupées Barbie. Peut-être rêvent-ils d’arpenter le trottoir avec elle, main dans la main, l’âme en peine. La seule chose que Béatrice Martin fait bien, c’est inventer des mélodies pour piano.

On se rappellera opportunément ce que j’écrivais sur mon ancien blogue au moment où Richard Desjardins récoltait un disque d’or (40 000 exemplaires) pour le médiocre «L’existoire»:

Ça me fait penser à un article de 1985 du journaliste et écrivain français Patrice Delbourg. À propos d’un spectacle de Jean-Jacques Goldman, Delbourg prédisait: «La preuve du pire, c’est parfois la foule. Elle sera au rendez-vous.»

Le meilleur de 2011

10 décembre 2011

Daphné

Depuis quelques années, il s’agit de ne rien oublier des coups de cœur musicaux. Alors, tout noter, au fur à mesure. Revisiter à l’occasion les mêmes albums, pour savoir si notre avis tient toujours la route, l’usure. La plupart du temps, ça tient encore, sauf pour le dernier opus de Martin Léon qui, passé l’enthousiasme de la découverte, ne laisse pas un grand souvenir malgré toute notre bonne volonté.

Une année 2011 en chanson assez décevante, avec beaucoup de ratés pour de grands artistes (Daniel Darc, Dick Rivers, etc.).

Meilleurs disques

1) Philippe B, Variations fantômes

Chanson métissée. Il fait l’unanimité chez les journalistes, toutes allégeances confondues, mais ne gagne rien au minable gala de l’ADISQ ni au plus indépendant GAMIQ? Qu’importe. Philippe B est un des plus grands artistes québécois actuels et Variations fantômes est immense, d’une richesse réjouissante. Seul hic, une pochette assez quelconque.

2) Daphné, Bleu Venise

Chanson élégante pour piano fragile. Après deux disques assez maniérés et agaçants, on n’attendait rien du troisième Daphné. Et pourtant, quelle claque! Comme une Benjamin Biolay première époque, elle signe des chansons délicates, somptueuses.

3) Richard Séguin, Appalaches

Chansons pour durer toujours, si on veut rendre hommage au titre d’un morceau signé par la récemment décédée Louky Bersianik que chantait Richard Séguin. Voilà un artiste qui ne cesse de grandir avec le temps, avec une maîtrise sidérante de l’art de fabriquer des chansons artisanales. Cet homme, avec plus de quatre décennies au compteur artistique, est un trésor national.

4) Wladimir Anselme, Les heures courtes

Pop de haute volée. Encore un qu’on n’attendait pas, plus de dix ans après un premier album éparpillé. Avec Les heures courtes, Anselme nage dans le romantisme, le foisonnant.

5) Pierre Lapointe, Seul au piano – en concert

Chansons noires pour temps gris. Du piano, rien que du piano. Une voix. Des morceaux crève-cœur. Le deuxième meilleur album de Pierre Lapointe, après La forêt des mal-aimés.

Ça tourne régulièrement

Alex Beaupain, Les bien-aimés

Certes, il y a trois ou quatre chansons, voire cinq, à jeter sur cette trame sonore. Mais on est comme aimanté par elle, le CD revient se lover dans le lecteur fréquemment. Et dire qu’on n’a pas encore vu le film qui vient avec. La sortie DVD est prévue en France pour janvier 2012. Sur les écrans québécois, on ne saurait dire.

Révélation / espoir

Antoine Corriveau / Salomé Leclerc

Deux artistes québécois qui ont lancé un premier disque qui augure du meilleur pour la suite de leur carrière. L’un en indépendant, l’autre soutenue par la grosse machine d’Audiogram.

Révélations un peu trop tard

De Calm, Le film définitif…

Bande originale chantée d’un film imaginaire. Quelques semaines après la sortie de son premier disque, le chanteur de De Calm m’écrit un courriel. Machinalement, je vais écouter des extraits sur Internet. Une chanson hyper accrocheuse attire mon attention : L’envie d’écouter Miossec. Dans la foulée, le désir de tout entendre, d’y revenir, d’aimer, parfois ébloui.

Philémon Chante, Les sessions cubaines

Pour une fois, vous pouvez vous fier aux branchouilles, aux snobs et aux plumitifs de la scène locale. Ils encensent cet album qui le mérite grandement. Sorti une première fois en indépendant en 2010, repris par Audiogram quelques mois plus tard, ce sont de superbes chansons mélancoliques fabriquées par un Québécois, d’une langueur nourrie par les musiciens cubains. À noter qu’on peut trouver en téléchargement payant un maxi de 6 titres titré «EP 2008» qui contient quelques-unes des chansons de l’album, enregistrées cette fois au Québec.

Les plus surévalués

Richard Desjardins, L’existoire

Brigitte Fontaine, L’un n’empêche pas l’autre

Daniel Darc, La taille de mon âme

La pire reprise

Juliette et François Morel, Parachutiste (album hommage à Maxime Le Forestier, La maison bleue)

Plus discrète et belle collaboration

Daniel Lavoie et Louis-Jean Cormier sur J’ai quitté mon île (album de réenregistrements J’écoute la radio de Lavoie)

La discothèque idéale # 13

9 décembre 2011

Marc Déry, À l’avenir (2002)

Avant Dumas. Même avant Daniel Bélanger. Marc Déry a été un des premiers à fabriquer une électro-pop québécoise de haut niveau. D’abord timidement, avec son premier opus solo en 1999. On en retiendra surtout les morceaux Libre; Le monde est rendu peace et Du bon bord.

Par contre, trois ans plus tard, c’est la déflagration. Déry est mûr pour parapher une œuvre importante : son cd À l’avenir, qu’il concocte conjointement avec Michel Dagenais à la réalisation, aux arrangements et à la composition. Le chanteur y signe plusieurs morceaux à six mains avec DJ Pocket et Dagenais.

Ça donne des succès instantanés : Ostie qu’y s’lève tard; CTRL-Z; Depuis; À l’avenir (dont s’empare Postes Canada pour une pub). La chanson québécoise se bonifie de Trois minutes (co-écrite par Daniel Bélanger), d’une fragilité extrême, interprétation subtile. Et la superbe Ça fait longtemps, qui crée chez l’auditeur un sentiment trouble d’exaltation et de nœud dans la gorge. Sans doute la plus belle de Déry.

(billet publié le 2 décembre 2007)

Trop nuls, on ne vous en parle pas (4)

4 décembre 2011

Rubrique piquée à Technikart, voici la quatrième édition.

Trop nuls, on ne vous en parle pas (4)

1) Coeur de Pirate, Blonde

2) Thomas Dutronc, Silence on tourne, on tourne en rond

3) Jean-Louis Murat, Grand lièvre*

* Je parle de la version simple CD. Existe aussi avec un disque supplémentaire qui reprend de ses plus vieilles chansons en spectacle. Peut-être est-ce moins nul?

Souchon en demi-teintes

3 décembre 2011

À propos de l’opus «À cause d’elles», le nouveau Souchon sur lequel il reprend des chansons de son enfance, Valérie Lehoux écrit dans Télérama : «On pourrait suspecter la panne d’inspiration, peut-être même fut-elle la matrice de cet étrange objet. Reste qu’une fois passées la surprise et une première écoute troublée d’une once de déception, on se laisse gagner par le charme discret de ce disque à la fois universel et très personnel.» (Télérama n° 3228 – 26 novembre 2011)

Ce n’est pas faux.

Cet opus déçoit, souvent, et réjouit, parfois. Alain n’a pas la vigueur d’interprète et le savoir-faire musical pour réellement transformer ces chansons. Ou est-ce la faute au réalisateur Renaud Létang? On rêve des mêmes morceaux chantés par un Marc Robine, un Gabriel Yacoub, un Michel Faubert, si on s’en tient au répertoire traditionnel, ici exploité assez platement. Ennuyeuses également, ses reprises de La mort de l’ours de Félix Leclerc ou en Sortant de l’école, un Prévert popularisé par Yves Montand.

Par contre, d’autres réinterprétations sont plus convaincantes (et donc, pertinentes) : Les enfants sages (Guy Béart), Memphis Tennessee (Danyel Gérard et Pierre Barouh pour cette adaptation de Chuck Berry) et Le petit Grégoire (belle reprise de Théodore Botrel).

Inutile, J’ai dix ans, où Souchon se reprend lui-même…

Et pour quelle raison a-t-il remis en musique le texte de François Villon, Je plains le temps de ma jeunesse? Sa nouvelle musique est bonne, mais ça fait un peut bizarre sur un album de reprises… Les versions de Monique Morelli ou Félix Leclerc (sous le titre Le testament) ne lui convenaient pas? Il avait déjà fait le coup sur son précédent disque, remettant en musique un Aragon déjà parfait par Hélène Martin…

Je ne saurais trop dire si des enfants quelque part sur terre s’intéresseront à cet album, à l’heure de Lady Gaga. C’est plutôt pour leurs parents, voire leurs grands-parents. D’ailleurs, une partie des profits sera reversée à la lutte contre le cancer chez les enfants.

En tout cas, toutes générations confondues devraient aimer les dessins du livret, que l’on doit à Sempé.

L’occasion de saluer sur ce blogue la magnifique chanson d’Anne Sylvestre, Comme un personnage de Sempé, tiens…

La discothèque idéale # 12

2 décembre 2011

Pierre Barouh publiait récemment son autobiographie, «Les rivières souterraines», qu’il aurait mis vingt ans à écrire.  Déception terrible: fautes dans les noms propres (même son ami et compositeur Francis Lai se voit baptisé Lay!), style très lourd, propos souvent incompréhensible, une tonne de complaisance, de nombrilisme, indiscrétions obscènes sur ses problèmes physiques de vieux monsieur… Comment quelqu’un qui écrit de si belles chansons peut accoucher d’une prose aussi laborieuse?

Des exemples?

«Conforté par l’enthousiasme lié à la présence complice de Sivuca, le souhait à nouveau exprimé, débarrassé de toute équivoque provoqua un échange de regards tacites prolongé d’une onde silencieuse.»

«Puis une très jeune femme, qui m’a quitté, à qui me lie toujours une profonde et réciproque tendresse cimentée par Benjamin, notre enfant, à qui je voue un amour si fort qu’il en est parfois douloureux car les trois Eurasiens à venir (tendres complices du «grand-frère», nous en sommes heureux) n’ont pas été fragilisés par les turbulences évoquées.»

Le récit est entremêlé de textes de chansons (la plupart de Barouh lui-même), manuscrits comme il se doit quand on veut faire «artistique». C’est illisible.

Il aurait fallu que l’éditeur fasse son boulot de retourner l’élève à sa copie ou qu’il publie un livre d’entretiens. Parce que tel quel, c’est du gâchis.

Pour nous consoler, allons faire un tour du côté de la prochaine discothèque idéale…

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La discothèque idéale # 12

Pierre Barouh, Ça va, ça vient (1971)

Dans les années 70, en France, une jeune maison de disques nommée Saravah produit une quantité incroyable d’albums excitants, bizarres, audacieux, allant du free jazz à la musique du monde en passant par la chanson. Saravah a lancé les carrières de Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, David Mc Neil, Jean-Roger Caussimon, etc. Une étiquette marginale et surtout originale dont la devise est: «Il y a des années où on a envie de ne rien faire».

C’est Pierre Barouh, chanteur et comédien, qui a fondé Saravah, afin de pouvoir éditer les chansons du film « Un homme et une femme » qu’il venait de tourner avec Claude Lelouch. Personne ne voulait de ces morceaux co-signés Barouh, Francis Lai ou le guitariste brésilien Baden Powell (la fameuse Samba Saravah). En fin de compte, le film a été un tel succès que l’éditeur de la musique, Barouh, a pu amasser de grosses sommes d’argent. Dont il s’est servi pour produire les disques Saravah qui ne marchaient pas commercialement parlant mais qui étaient de véritables trésors pour les mélomanes. Et le sont toujours, d’ailleurs.

Environ tous les cinq ans, le nonchalant et passionné Barouh sortait sous son propre nom un disque. «Ça va, ça vient », lancé tôt dans sa carrière, est peut-être le plus beau, le plus cohérent aussi. On retrouve sur cet opus l’esprit de liberté qui caractérisait Saravah à l’époque (un studio à Montmartre, un bistrot, et tous les copains qui passent invités à jouer ensemble). Le chanteur David Mc Neil s’improvise photographe en plus de signer une musique. Higelin arrive avec son accordéon, banjo, piano. Areski (compagnon de Brigitte Fontaine) met le feu avec ses percussions et compose « 80 AB », un classique du répertoire de Barouh.

En un mot, cet album est une grande fête métissée. Un peu de brésilien (adaptation de Moraes/Jobim, « Ce n’est que de l’eau », bijou d’exquise langueur et d’humour fin), beaucoup de chanson française. Et une pure merveille méconnue : « La forêt », texte de Barouh sur une musique du compositeur François de Roubaix.

Il y a une fraîcheur et une légèreté dans « Ça va, ça vient » qui ne s’estompent pas au fil du temps et des écoutes.

Barouh mettra 25 ans à retrouver cette grâce avec son disque « Une rencontre, une occasion », en 1998.

(billet publié le 2 octobre 2007)


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