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Comme une évidence

19 mars 2013

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Il y a certains disques, il suffit d’écouter les premières secondes pour être séduit, happé par une voix, un frôlement de cordes. Comme une évidence. Le cinquième album de Sylvie Paquette, à paraître la semaine prochaine au Québec, est de ceux-là. Et me rappelle les frissons que procurait le premier maxi d’Émilie Proulx en 2007. Ça résistera aux réécoutes, on le sait déjà.

D’abord, il y a le soulagement de retrouver Paquette dans une réalisation sobre, à base de guitares acoustiques. Fini les petits bruits électroniques qui parasitaient le précédent opus, Tam-tam en 2007.  Pour remplacer Daniel Bélanger aux manettes, on a fait appel à Éric Goulet et Philippe Brault comme arrangeurs-réalisateurs. Le résultat frappe par sa justesse, une folk-pop qui sied parfaitement à la compositrice-interprète.

La chanteuse a le pouvoir de donner aux couplets de ses paroliers une puissance supplémentaire, une sensualité. Ces chansons touchent, et bouleversent souvent. Parmi les plus fortes, signalons Le banc de la plume de Moran et Le bonheur est ici de celle de Martine Coupal. On trouve également des textes de Dave Richard, Pierre René de Cotret, Émilie Andrewes et un poème d’Anne Hébert que Sylvie a mis en musique.

Une seule maladresse (texte et interprétation): le morceau Simone d’automne, dont on se serait volontiers passé (euphémisme). On n’aimait pas Ferland avec Simone est aux hommes, ni les hormones Simone de Sylvestre, et il faut croire que Simone est un mauvais prénom pour le chanter…

Autre chose qui augmente notre plaisir de mélomane en perpétuelle quête de grandeur, c’est la beauté de l’objet cartonné, la pochette, des photos où la chanteuse est plus resplendissante que jamais.

Avec le récent Albin de la Simone, voici le plus beau disque de 2013, qu’on a hâte de fréquenter de nouveau. On s’incline et on remercie pour ces jours de chance.

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Sylvie Paquette, Jour de chance (Audiogram)

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