Souchon en demi-teintes

À propos de l’opus «À cause d’elles», le nouveau Souchon sur lequel il reprend des chansons de son enfance, Valérie Lehoux écrit dans Télérama : «On pourrait suspecter la panne d’inspiration, peut-être même fut-elle la matrice de cet étrange objet. Reste qu’une fois passées la surprise et une première écoute troublée d’une once de déception, on se laisse gagner par le charme discret de ce disque à la fois universel et très personnel.» (Télérama n° 3228 – 26 novembre 2011)

Ce n’est pas faux.

Cet opus déçoit, souvent, et réjouit, parfois. Alain n’a pas la vigueur d’interprète et le savoir-faire musical pour réellement transformer ces chansons. Ou est-ce la faute au réalisateur Renaud Létang? On rêve des mêmes morceaux chantés par un Marc Robine, un Gabriel Yacoub, un Michel Faubert, si on s’en tient au répertoire traditionnel, ici exploité assez platement. Ennuyeuses également, ses reprises de La mort de l’ours de Félix Leclerc ou en Sortant de l’école, un Prévert popularisé par Yves Montand.

Par contre, d’autres réinterprétations sont plus convaincantes (et donc, pertinentes) : Les enfants sages (Guy Béart), Memphis Tennessee (Danyel Gérard et Pierre Barouh pour cette adaptation de Chuck Berry) et Le petit Grégoire (belle reprise de Théodore Botrel).

Inutile, J’ai dix ans, où Souchon se reprend lui-même…

Et pour quelle raison a-t-il remis en musique le texte de François Villon, Je plains le temps de ma jeunesse? Sa nouvelle musique est bonne, mais ça fait un peut bizarre sur un album de reprises… Les versions de Monique Morelli ou Félix Leclerc (sous le titre Le testament) ne lui convenaient pas? Il avait déjà fait le coup sur son précédent disque, remettant en musique un Aragon déjà parfait par Hélène Martin…

Je ne saurais trop dire si des enfants quelque part sur terre s’intéresseront à cet album, à l’heure de Lady Gaga. C’est plutôt pour leurs parents, voire leurs grands-parents. D’ailleurs, une partie des profits sera reversée à la lutte contre le cancer chez les enfants.

En tout cas, toutes générations confondues devraient aimer les dessins du livret, que l’on doit à Sempé.

L’occasion de saluer sur ce blogue la magnifique chanson d’Anne Sylvestre, Comme un personnage de Sempé, tiens…

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