Posts Tagged ‘De Calm’

L’envie d’écouter Miossec?

24 avril 2014

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Le nouvel album de Miossec, «Ici-bas, ici même», n’est pas la merveille annoncée par certains médias. Souvent, la presse est en manque de superlatifs, elle s’excite rapidement. Mais pour qui sait mettre les choses en perspective, il demeure évident que le chanteur brestois s’est assagi depuis les chansons – tranchantes comme les lames de Dexter – de «Boire» et «Baiser». Ces deux premiers opus, un de rock acoustique et l’autre électrique, résonnaient en cavalcade dans le paysage français.

«Boire» (1995) est un incontournable de la chanson. On s’étonne qu’un auteur-compositeur-interprète aussi cultivé et ouvert qu’Albin de la Simone ne le connaissait pas. Du propre aveu de Miossec et d’Albin, avant de travailler ensemble sur  le nouvel album, ils savaient très peu de choses de l’autre… Albin affirmant que ce qu’il avait entendu (à la radio?) de Miossec ne lui plaisait pas toujours. Forcément, si on juge un artiste à ce que passe la radio ou la télé, on risque de louper les meilleures parts.

Ceux qui ont pu apprécier les très beaux mais plus sages disques de Miossec («Brûle» et «Finistériens») ne seront pas surpris outre-mesure de sa collaboration avec le talentueux de la Simone, qui signe les judicieux arrangements et la co-réalisation avec le chanteur et Jean-Baptiste Brunhes. L’astucieux Albin y joue également de la guitare, du piano, de l’orgue, du tambourin, du marimba, etc. Ninon Valder y tient le bandonéon.

Au final, il s’agit d’un joli opus, apaisé, réussi, ce qui n’est pas rien après l’exécrable et bien nommé «Chansons ordinaires» de 2011. Voilà qui redonne l’envie d’écouter Miossec, pour paraphraser le groupe De Calm, que devraient se hâter de découvrir les miossecophiles.

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Mes préférences à moi

16 décembre 2013

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Que reste-t-il essentiellement de 2013 en chanson francophone?

Oui, je sais, ce sont mes préférences à moi. Assumons la subjectivité. On a fait l’impasse sur certaines parutions qui sont toujours trop abondantes pour une seule vie de toute façon. Beaucoup sont passées par nos oreilles, celles-ci restent plus chèrement en nous. Merci aux artistes de continuer à fabriquer des chansons en français et dans un habillage musical singulier, même dans le dépouillement, ce qui nous change de la bouillie sonore à la mode des dernières années.

Albums, maxis ou minis:

1) Léonard Lasry, Me porter chance

2) Sylvie Paquette, Jour de chance

3) Albin de la Simone, Un homme

4) Étienne Daho, Les chansons de l’innocence retrouvée

5) Les soeurs Boulay, Le poids des confettis

6) De Calm, Amour Athlétic Club

7) Vincent Delerm, Les amants parallèles

8) Gilbert Laffaille, Le jour et la nuit

9) Pierre Lapointe, Les Callas

10) Amélie-les-crayons, Jusqu’à la mer

Chansons de l’année:

1) Les soeurs Boulay, Mappemonde (paroles et musique de Stéphanie Boulay)

2) Gilbert Laffaille, Si tu n’es plus là (paroles et musique de Gilbert Laffaille)

3) Bernard Lavilliers, Villa Noailles (paroles et musique de Bernard Lavilliers)

Rééditions ou coffrets:

Artistes variés, Autour de Jack Treese

Le plus surestimé:

David Marin, Le choix de l’embarras

Phrase la plus drôle:

À propos du chanteur Louis-Jean Cormier qui a remporté plusieurs trophées aux divers galas de l’ADISQ 2013 : «Si Louis-Jean Cormier avait gagné un prix de plus, il ne lui serait resté que le gars qui a inséré le livret dans la pochette de son disque à remercier.» (Mathieu Charlebois, http://www.lactualite.com/culture/le-gala-de-ladisq-en-17-points-et-un-peu-de-mauvaise-foi/)

Je suis en retard mais c’est magnifique:

Les premiers 33 tours d’Isabelle Mayereau

Les derniers cd d’Anne Vanderlove

La cdgraphie de Pierre Delorme

Jean-Daniel Botta, Ammi-majus : Grand goûter

Aurélien Merle, Vert indolent

Aram Sédèfian, Instants volés – ballades

Barbara Deschamps, J’ai un pays à visiter

Coup franc

12 décembre 2013

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Pour son deuxième album, le duo français De Calm tire un coup franc dans la zone des buts, celle des émotions. Après être entré timidement sur le terrain avec un premier essai lent, chuchoté, avec une thématique consacrée au cinéma d’auteur, on accélère le jeu et on plonge dans les références footballistiques pour bricoler des chansons d’amour.

Pour preuve, le titre du très bon album qui vient d’être mis en jeu: «Amour Athlétic Club»… On dit que le parolier-chanteur Guillaume Carayol a tâté du ballon dans sa jeunesse, troqué désormais pour la plume. Avec Mickaël Serrano aux compositions et aux divers guitares-claviers-chœurs, ils forment une équipe inventive.

Cette fois, on s’adresse au cœur plutôt qu’à la tête. On fonce plus franco dans la chanson simple, parfois rock, fleur d’épiderme, sueurs devant. La signature est originale, même si elle fait parfois songer à un heureux métissage entre l’immense Daho (à qui il emprunte le batteur et le bassiste) et le percutant Miossec. Style plus brut, mais non dénué d’élégance.

Dès les premières minutes d’échauffement, on adhère sans fard aux nouveaux morceaux de De Calm. La voix sensuelle de l’interprète, les guitares rythmées de Mickaël et leurs musiciens ou choristes qui les épaulent ici avec brio, et un Bertrand Betsch qui donne des cordes vocales sur un titre. Carayol a justement réalisé un clip pour son collègue.

Le seul carton jaune de ce disque sera la participation vocale d’un enfant. Ça se veut probablement mignon, mais c’est juste casse-pieds. Heureusement qu’on a des crampons pour se protéger. Laissez les grands jouer aux chanteurs.

Ceci dit, nous avons avec cet album un sérieux candidat à la ligue des champions 2013.

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Le meilleur de 2011

10 décembre 2011

Daphné

Depuis quelques années, il s’agit de ne rien oublier des coups de cœur musicaux. Alors, tout noter, au fur à mesure. Revisiter à l’occasion les mêmes albums, pour savoir si notre avis tient toujours la route, l’usure. La plupart du temps, ça tient encore, sauf pour le dernier opus de Martin Léon qui, passé l’enthousiasme de la découverte, ne laisse pas un grand souvenir malgré toute notre bonne volonté.

Une année 2011 en chanson assez décevante, avec beaucoup de ratés pour de grands artistes (Daniel Darc, Dick Rivers, etc.).

Meilleurs disques

1) Philippe B, Variations fantômes

Chanson métissée. Il fait l’unanimité chez les journalistes, toutes allégeances confondues, mais ne gagne rien au minable gala de l’ADISQ ni au plus indépendant GAMIQ? Qu’importe. Philippe B est un des plus grands artistes québécois actuels et Variations fantômes est immense, d’une richesse réjouissante. Seul hic, une pochette assez quelconque.

2) Daphné, Bleu Venise

Chanson élégante pour piano fragile. Après deux disques assez maniérés et agaçants, on n’attendait rien du troisième Daphné. Et pourtant, quelle claque! Comme une Benjamin Biolay première époque, elle signe des chansons délicates, somptueuses.

3) Richard Séguin, Appalaches

Chansons pour durer toujours, si on veut rendre hommage au titre d’un morceau signé par la récemment décédée Louky Bersianik que chantait Richard Séguin. Voilà un artiste qui ne cesse de grandir avec le temps, avec une maîtrise sidérante de l’art de fabriquer des chansons artisanales. Cet homme, avec plus de quatre décennies au compteur artistique, est un trésor national.

4) Wladimir Anselme, Les heures courtes

Pop de haute volée. Encore un qu’on n’attendait pas, plus de dix ans après un premier album éparpillé. Avec Les heures courtes, Anselme nage dans le romantisme, le foisonnant.

5) Pierre Lapointe, Seul au piano – en concert

Chansons noires pour temps gris. Du piano, rien que du piano. Une voix. Des morceaux crève-cœur. Le deuxième meilleur album de Pierre Lapointe, après La forêt des mal-aimés.

Ça tourne régulièrement

Alex Beaupain, Les bien-aimés

Certes, il y a trois ou quatre chansons, voire cinq, à jeter sur cette trame sonore. Mais on est comme aimanté par elle, le CD revient se lover dans le lecteur fréquemment. Et dire qu’on n’a pas encore vu le film qui vient avec. La sortie DVD est prévue en France pour janvier 2012. Sur les écrans québécois, on ne saurait dire.

Révélation / espoir

Antoine Corriveau / Salomé Leclerc

Deux artistes québécois qui ont lancé un premier disque qui augure du meilleur pour la suite de leur carrière. L’un en indépendant, l’autre soutenue par la grosse machine d’Audiogram.

Révélations un peu trop tard

De Calm, Le film définitif…

Bande originale chantée d’un film imaginaire. Quelques semaines après la sortie de son premier disque, le chanteur de De Calm m’écrit un courriel. Machinalement, je vais écouter des extraits sur Internet. Une chanson hyper accrocheuse attire mon attention : L’envie d’écouter Miossec. Dans la foulée, le désir de tout entendre, d’y revenir, d’aimer, parfois ébloui.

Philémon Chante, Les sessions cubaines

Pour une fois, vous pouvez vous fier aux branchouilles, aux snobs et aux plumitifs de la scène locale. Ils encensent cet album qui le mérite grandement. Sorti une première fois en indépendant en 2010, repris par Audiogram quelques mois plus tard, ce sont de superbes chansons mélancoliques fabriquées par un Québécois, d’une langueur nourrie par les musiciens cubains. À noter qu’on peut trouver en téléchargement payant un maxi de 6 titres titré «EP 2008» qui contient quelques-unes des chansons de l’album, enregistrées cette fois au Québec.

Les plus surévalués

Richard Desjardins, L’existoire

Brigitte Fontaine, L’un n’empêche pas l’autre

Daniel Darc, La taille de mon âme

La pire reprise

Juliette et François Morel, Parachutiste (album hommage à Maxime Le Forestier, La maison bleue)

Plus discrète et belle collaboration

Daniel Lavoie et Louis-Jean Cormier sur J’ai quitté mon île (album de réenregistrements J’écoute la radio de Lavoie)


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