Posts Tagged ‘Pierre Lapointe’

Dans la tête de Pierre Lapointe

5 juin 2018

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L’automne dernier, Pierre Lapointe publiait «La science du cœur», un magnifique album aux arrangements orchestraux raffinés. Pour sa nouvelle tournée, il présente une singulière formule à trois têtes : piano, marimba et voix.

Passer une demi-heure au téléphone avec Pierre Lapointe, ça a son charme. Entre le badinage et les explications sérieuses, on a droit aussi à une balade dans l’histoire de l’art. Le chanteur parle de peintres, de cinéastes, de photographes. Loquace, il est également méticuleux, prenant la peine parfois d’épeler le nom des artistes qu’il cite! Il n’oublie pas les pays qu’il visite (le Japon, la France) ni ses amis chanteurs (Albin de la Simone ou Jeanne Cherhal avec qui il avait rendez-vous Place des Abbesses à Paris, comme dans sa chanson). Après le très chargé «Punkt» (2013), on le retrouve plus dénudé, avec des lignes claires et des confidences fébriles. Ne vous fiez pas à la pochette délibérément kitsch : «La science du cœur» est un des disques les plus envoûtants de son auteur, qui a justement le désir de «créer de la beauté», nous confie-t-il.

«Les chansons sont comme des vêtements. Il faut que ça t’aille», dit-il lorsqu’on lui parle des reprises des morceaux des autres qui égrènent son répertoire, de Brigitte Fontaine à Barbara, de Claude Léveillée à Léo Ferré. Lapointe aime la chanson française depuis toujours et il le clame fièrement. «Lorsqu’on me propose de participer à un projet hommage, il faut que je puisse y apporter quelque chose, que ça ait un rapport avec moi. Sinon, je refuse, car je ne suis pas à la remorque de ce genre d’événements-là. Mais par exemple, pour Les plaisirs démodés d’Aznavour ou Dans les yeux d’Émilie de Joe Dassin, c’étaient des chansons que j’aimais énormément.»

«La science du cœur» rappelle le travail orchestral effectué par Alexandre Désilets sur le somptueux «Windigo», paru en 2016. Du bout des lèvres, Lapointe admet la parenté : «Mouais… disons que les deux, nous avons une volonté de travailler avec une orchestration qui est peut-être un peu démodée. Il y a un certain retour à ce genre d’orchestrations-là, avec beaucoup de cordes. Ce qui est contradictoire car on n’a jamais eu si peu d’argent pour faire des disques! Mais j’y tiens car pour moi l’arrangement est un outil pour faire exploser une chanson dans une direction plutôt qu’une autre.»

Et pour cela, il lui faut le bon partenaire. Cette fois-ci, il est allé le chercher en France avec le compositeur, réalisateur et arrangeur David François Moreau qui a œuvré dans la chanson (auprès de son frère Patrick Bruel ou de Cali) ainsi que dans la musique de film et la danse contemporaine! «David, c’est une tête très brillante : classique, jazz, expérimentation… Il était venu me voir en spectacle piano/voix. Il a eu un gros coup de cœur et m’a écrit un long message, mais moi je suis toujours très méfiant quand on me dit qu’on aime mes affaires», raconte-il d’un rire nerveux. Je l’ai rencontré, puis je suis allé sur son site Internet et j’ai tout écouté ce qu’il a fait. Ça fait longtemps que je voulais faire un album qui ferait le pont entre la grande tradition de la chanson française et la musique contemporaine, mais je n’avais pas nécessairement ces connaissances-là. J’aime la collaboration parce que ça nous oblige à aller ailleurs.» Avec Moreau, Lapointe avait trouvé la personne idéale. «C’est devenu NOTRE album. On a mis six mois à faire les arrangements.» Et ils sont stupéfiants.

Francis Hébert

(pour L’Entracte de mai 2018)

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Trêves

31 janvier 2015
pochette française

pochette française

Il n’y a pas qu’au foot qu’il y a des trêves hivernales. En musique itou. Pourtant, les artistes seraient bien avisés de profiter de notre disponibilité en décembre et janvier pour sortir leur nouvelle galette. Ça éviterait la cohue.

En début d’année, les mélomanes et autres footeurs regardent le calendrier: alors, ça vient, ces nouveautés?

Audiogram publie le 10 février au Québec le nouvel opus de Pierre Lapointe, enregistré en France et déjà sorti là-bas en novembre. Sous le beau titre «Paris tristesse», il réenregistre en formule essentiellement piano-voix 11 titres de son répertoire, en plus d’une bonne chanson inédite et trois reprises. Et c’est là que ça devient problématique: autant l’auteur-compositeur-interprète québécois est doué et convaincant dans ses oeuvres, autant le choix des Aznavour, Barbara et Léo Ferré sont archi convenus – si au moins il avait choisi des morceaux moins rabâchés… Pire, il se trompe dans les paroles de C’est extra, en chantant «comme une cigarette qui brille», alors que la cigarette, en vrai, elle prie. Nuance ferréenne de taille, et Lapointe n’est pas le premier à faire cette erreur. À croire que, quelque part, Ferré a dû se planter lui-même…

Mais sinon, on se régale, on profite à plein de ce dénuement musical, alors que «Punkt» était, pour le moins, chargé… C’est un plaisir de retrouver la retenue qu’on aimait déjà sur son «Seul au piano» en 2011 ainsi que sur le maxi «Les Callas» (qui figurait dans mon palmarès de 2013).

On annonce que Pierre Lapointe sera à la Maison symphonique de Montréal pour y présenter cet été aux Francofolies les chansons étranges et parfois poignantes de «Paris tristesse». On en viendrait presque à souhaiter, le plus tôt possible, la fin de l’hiver.

pochette québécoise

pochette québécoise

Mes préférences à moi

16 décembre 2013

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Que reste-t-il essentiellement de 2013 en chanson francophone?

Oui, je sais, ce sont mes préférences à moi. Assumons la subjectivité. On a fait l’impasse sur certaines parutions qui sont toujours trop abondantes pour une seule vie de toute façon. Beaucoup sont passées par nos oreilles, celles-ci restent plus chèrement en nous. Merci aux artistes de continuer à fabriquer des chansons en français et dans un habillage musical singulier, même dans le dépouillement, ce qui nous change de la bouillie sonore à la mode des dernières années.

Albums, maxis ou minis:

1) Léonard Lasry, Me porter chance

2) Sylvie Paquette, Jour de chance

3) Albin de la Simone, Un homme

4) Étienne Daho, Les chansons de l’innocence retrouvée

5) Les soeurs Boulay, Le poids des confettis

6) De Calm, Amour Athlétic Club

7) Vincent Delerm, Les amants parallèles

8) Gilbert Laffaille, Le jour et la nuit

9) Pierre Lapointe, Les Callas

10) Amélie-les-crayons, Jusqu’à la mer

Chansons de l’année:

1) Les soeurs Boulay, Mappemonde (paroles et musique de Stéphanie Boulay)

2) Gilbert Laffaille, Si tu n’es plus là (paroles et musique de Gilbert Laffaille)

3) Bernard Lavilliers, Villa Noailles (paroles et musique de Bernard Lavilliers)

Rééditions ou coffrets:

Artistes variés, Autour de Jack Treese

Le plus surestimé:

David Marin, Le choix de l’embarras

Phrase la plus drôle:

À propos du chanteur Louis-Jean Cormier qui a remporté plusieurs trophées aux divers galas de l’ADISQ 2013 : «Si Louis-Jean Cormier avait gagné un prix de plus, il ne lui serait resté que le gars qui a inséré le livret dans la pochette de son disque à remercier.» (Mathieu Charlebois, http://www.lactualite.com/culture/le-gala-de-ladisq-en-17-points-et-un-peu-de-mauvaise-foi/)

Je suis en retard mais c’est magnifique:

Les premiers 33 tours d’Isabelle Mayereau

Les derniers cd d’Anne Vanderlove

La cdgraphie de Pierre Delorme

Jean-Daniel Botta, Ammi-majus : Grand goûter

Aurélien Merle, Vert indolent

Aram Sédèfian, Instants volés – ballades

Barbara Deschamps, J’ai un pays à visiter

Essentiel Julien Clerc

13 novembre 2012

Voici une magnifique réédition, peut-être la meilleure de l’année. Julien Clerc a choisi, lui-même paraît-il, l’essentiel de son œuvre de 1968 à aujourd’hui.

Ici, il ne s’agit pas d’une énième compilation de ses «meilleures» chansons, mais plutôt de la reprise intégrale de certains de ses albums studio originaux. Sur les 12 choisis, 8 proviennent de la première décennie de sa carrière, la plus excitante, et qui a d’ailleurs inspiré Pierre Lapointe pour son fameux disque La forêt des mal-aimés (2006). Quatre cd couvrent le reste: deux pour les pénibles années 80, le retour en force avec Utile (1992) et le dernier opus studio (le sympathique Fou, peut-être, 2011, dans sa version 12 titres, sans les bonus).

Un treizième cd présente des morceaux à l’unité, dits «Les incontournables». Ça ratisse large, des sublimes Le coeur volcan et L’assassin assassiné à l’exaspérant Coeur de rocker.

Presque rien à redire sur le contenu, et le contenant est très beau aussi.

Les albums sont présentés sous une mince enveloppe cartonnée avec la pochette originale (recto, et parfois même verso). Mais la grande nouveauté, par rapport aux coffrets du même genre (pas chers et assez complets) de ses confrères français c’est la présence d’un gros fascicule qui réunit chacun des livrets des cd, avec les paroles, les photos et parfois les crédits. Et tout cela de manière lisible, contrairement aux habitudes pour ce type d’éditions!

Naturellement, on peut toujours trouver à redire. Il n’y a pas de texte de présentation de l’artiste dans le fascicule, et ils ont omis de mettre l’essentielle Ballade pour un fou (Loco, loco). On peut aussi regretter l’absence des opus Où s’en vont les avions? (son meilleur depuis des lustres) ainsi que À mon âge et à l’heure qu’il est (1976). Et les amateurs plus pointus de Clerc auraient probablement voulu retrouver les chansons Le petit vieillard qui chantait mal et Les fleurs des gares.

Mais à part ça, c’est une réédition exemplaire.

Julien Clerc, Le coffret essentiel (13 cd; EMI)

Les filles qui font la gueule

8 juin 2012

L’air était doux hier soir au centre-ville de Montréal pour le spectacle d’ouverture des Francofolies. Temps idéal pour se glisser dans la marée humaine venue essentiellement pour Pierre Lapointe, il faut s’y résoudre. Le jeune homme a clôturé en beauté, en mettant ses chansons singulières à la sauce rock, avec un peu d’électro. Nouveaux habillages très réussis. Son groupe habituel était là, force discrète. Il est assez marrant de voir le panache tranquille des guitaristes rock ou pop. Ils savent que leurs guitares sont essentielles, qu’elles vont porter plus loin les notes du chanteur. Hélas, la pluie a démarré assez tôt pendant la performance de Lapointe, faisant fuir une partie de la foule gigantesque.

Est-ce Daran qui avait attiré l’orage en souhaitant du beau temps à Lapointe en terminant son heure? Le Français désormais installé à Montréal pour notre plus grande joie avait un t-shirt rouge-orangé, peut-être un symbole de soutien aux manifestants? Le rouge était à l’honneur hier soir, dans la foule, sur les vêtements, avec des drapeaux. Les musiciens de Dionysos y sont même allés d’un concert de casseroles, en guise de coup de chapeau aux manifestations en tous genres qui animent le Québec d’une réjouissante ferveur depuis trois mois. Certaines personnes ont profité des Francofolies pour une petite manif rapide: elles traversaient la foule, certaines peu vêtues…

Des collègues l’ont souligné avec raison dans leurs papiers ce matin: Daran aurait été davantage à sa place en salle ou, à tout le moins, en précédant les fougueux rockers de Dionysos. Ces derniers, même si leurs morceaux sont un peu inconsistants, détiennent toujours la palme des meilleures bêtes de scène (de la trempe de Cali). Ils balaient tout sur leur passage. Même Pierre Lapointe faisait un peu pâle figure en comparaison.

Daran a pour lui des chansons magnifiques, un plaisir évident à vivre au Québec et partager avec ses musiciens québécois. Il regardait la foule à perte de vue, il en était tout ému: «Vous êtes beaux à voir!». Par contre, pour une prestation en plein air, ce n’était pas évident. Ça manquait de refrains accrocheurs, seule Dormir dehors pouvait tenir ce rôle, mais il a attendu à la fin pour la chanter. On peut regretter aussi qu’il ait interprété les deux titres les plus faibles de son dernier opus (le très bon L’homme dont les bras sont des branches). Daran tenait une chanson en or pour l’occasion avec Les filles qui font la gueule, qui reste bien en tête, et il n’a pas cru bon de la chanter. Dommage.

Ces bémols mis à part, l’ouverture des Francos a été assez réussie.

Le meilleur de 2011

10 décembre 2011

Daphné

Depuis quelques années, il s’agit de ne rien oublier des coups de cœur musicaux. Alors, tout noter, au fur à mesure. Revisiter à l’occasion les mêmes albums, pour savoir si notre avis tient toujours la route, l’usure. La plupart du temps, ça tient encore, sauf pour le dernier opus de Martin Léon qui, passé l’enthousiasme de la découverte, ne laisse pas un grand souvenir malgré toute notre bonne volonté.

Une année 2011 en chanson assez décevante, avec beaucoup de ratés pour de grands artistes (Daniel Darc, Dick Rivers, etc.).

Meilleurs disques

1) Philippe B, Variations fantômes

Chanson métissée. Il fait l’unanimité chez les journalistes, toutes allégeances confondues, mais ne gagne rien au minable gala de l’ADISQ ni au plus indépendant GAMIQ? Qu’importe. Philippe B est un des plus grands artistes québécois actuels et Variations fantômes est immense, d’une richesse réjouissante. Seul hic, une pochette assez quelconque.

2) Daphné, Bleu Venise

Chanson élégante pour piano fragile. Après deux disques assez maniérés et agaçants, on n’attendait rien du troisième Daphné. Et pourtant, quelle claque! Comme une Benjamin Biolay première époque, elle signe des chansons délicates, somptueuses.

3) Richard Séguin, Appalaches

Chansons pour durer toujours, si on veut rendre hommage au titre d’un morceau signé par la récemment décédée Louky Bersianik que chantait Richard Séguin. Voilà un artiste qui ne cesse de grandir avec le temps, avec une maîtrise sidérante de l’art de fabriquer des chansons artisanales. Cet homme, avec plus de quatre décennies au compteur artistique, est un trésor national.

4) Wladimir Anselme, Les heures courtes

Pop de haute volée. Encore un qu’on n’attendait pas, plus de dix ans après un premier album éparpillé. Avec Les heures courtes, Anselme nage dans le romantisme, le foisonnant.

5) Pierre Lapointe, Seul au piano – en concert

Chansons noires pour temps gris. Du piano, rien que du piano. Une voix. Des morceaux crève-cœur. Le deuxième meilleur album de Pierre Lapointe, après La forêt des mal-aimés.

Ça tourne régulièrement

Alex Beaupain, Les bien-aimés

Certes, il y a trois ou quatre chansons, voire cinq, à jeter sur cette trame sonore. Mais on est comme aimanté par elle, le CD revient se lover dans le lecteur fréquemment. Et dire qu’on n’a pas encore vu le film qui vient avec. La sortie DVD est prévue en France pour janvier 2012. Sur les écrans québécois, on ne saurait dire.

Révélation / espoir

Antoine Corriveau / Salomé Leclerc

Deux artistes québécois qui ont lancé un premier disque qui augure du meilleur pour la suite de leur carrière. L’un en indépendant, l’autre soutenue par la grosse machine d’Audiogram.

Révélations un peu trop tard

De Calm, Le film définitif…

Bande originale chantée d’un film imaginaire. Quelques semaines après la sortie de son premier disque, le chanteur de De Calm m’écrit un courriel. Machinalement, je vais écouter des extraits sur Internet. Une chanson hyper accrocheuse attire mon attention : L’envie d’écouter Miossec. Dans la foulée, le désir de tout entendre, d’y revenir, d’aimer, parfois ébloui.

Philémon Chante, Les sessions cubaines

Pour une fois, vous pouvez vous fier aux branchouilles, aux snobs et aux plumitifs de la scène locale. Ils encensent cet album qui le mérite grandement. Sorti une première fois en indépendant en 2010, repris par Audiogram quelques mois plus tard, ce sont de superbes chansons mélancoliques fabriquées par un Québécois, d’une langueur nourrie par les musiciens cubains. À noter qu’on peut trouver en téléchargement payant un maxi de 6 titres titré «EP 2008» qui contient quelques-unes des chansons de l’album, enregistrées cette fois au Québec.

Les plus surévalués

Richard Desjardins, L’existoire

Brigitte Fontaine, L’un n’empêche pas l’autre

Daniel Darc, La taille de mon âme

La pire reprise

Juliette et François Morel, Parachutiste (album hommage à Maxime Le Forestier, La maison bleue)

Plus discrète et belle collaboration

Daniel Lavoie et Louis-Jean Cormier sur J’ai quitté mon île (album de réenregistrements J’écoute la radio de Lavoie)

Sous influences

16 novembre 2011

photo: Radio France

Merci à l’ami qui m’a envoyé ce lien: un entretien très intéressant entre Pierre Lapointe et Vincent Delerm sur les ondes de France Culture.

Ils parlent de l’importance d’avoir des influences (ciné, littérature et chanson pour Delerm; théâtre, arts visuels et musiques pour Lapointe).

Voilà enfin deux artistes qui écoutent les autres, qui ne sont pas centrés sur leur nombril. Plusieurs chanteurs d’aujourd’hui n’apprécient pas la musique, seulement la leur… ou celle écoutée adolescent… Et ces nombrilistes s’étonnent ensuite que leur public soit si restreint, alors qu’eux-mêmes n’écouteraient pas leurs propres disques s’ils ne chantaient pas dessus!

Delerm vient de sortir un livre-disque pour enfants et publiera en janvier en France un livre de textes-photos et Lapointe poursuit la promo autour de son disque piano-voix.

À suivre.

L’entretien c’est ici.

Pierre Lapointe et quelques autres

1 juillet 2011

Je viens d’apprendre que Pierre Lapointe sera de la fête nationale canadienne à Ottawa ce soir. Chose très curieuse, ce spectacle n’est pas annoncé sur son site officiel. En aurait-il honte?

Soyons clairs: Pierre Lapointe est un bon artiste, pas le génie que certains laissent croire, mais il fabrique de très bonnes, voire d’excellentes chansons. Pour ma part, je retiendrai surtout le deuxième album, La forêt des mal aimés (sous haute influence Julien Clerc pour ses arrangements), quelques morceaux du premier (Pointant le nord; Debout sur ma tête) et le dernier disque en public seul au piano. Pour le reste, faut pas pousser. Ça demeure de la chanson française assez classique, d’une écriture souvent boursouflée, remplie d’elle-même. Si le créateur est plutôt inventif, son personnage scénique casse les pieds. En lever de rideau de Jeanne Moreau et Étienne Daho, aux dernières Francos, il s’est écouté parler pendant environ dix minutes avant de commencer à chanter. Vas-tu les chanter tes chansons, simplement, et laisser faire le reste un jour? Ou, pour s’exprimer comme lui: la fermes-tu, ta yeule?

Pas envie de faire des recherches, mais je crois me souvenir que, durant les dix dernières années, des artistes comme Plume Latraverse et Vincent Vallières ont chanté pour la fête du Canada. Est-ce si payant que ça vaille la peine de renier sa foi québécoise? Ou alors ces chanteurs québécois ont peur de perdre leurs montagnes rocheuses s’ils ne vont pas se produire à Ottawa?

Je me demande, bien naïvement, si on a déjà vu un Richard Séguin, un Harmonium ou un Richard Desjardins chanter officiellement le premier juillet.

Ce n’est pas que nous avons quelque chose contre le Canada, c’est juste un pays étranger.


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