Posts Tagged ‘Alex Beaupain’

La magie Beaupain

16 juin 2013

Il fallait vraiment aimer Alex Beaupain pour braver la pluie et le temps frisquet à Montréal ce soir. Par chance, le spectacle d’une heure était sous une tente. Merci, Francofolies! Et merci à ce magicien des notes et des mots.

C’était son quatrième passage chez nous, et on a dû le voir trois fois. La quatrième, c’était un conflit d’horaire, pas un reniement. Pourtant, cette fois, on hésitait. Son nouvel opus, Après le déluge, était tellement ennuyeux et casse-pieds, avec ses arrangements clinquants, rétro années 80, que ça augurait du pire.

Mais le jeune ACI français est un charmant garçon d’honneur, bien élevé. À la foule nombreuse venue l’écouter, il n’a pas asséné que de nouveaux titres. Une poignée tout au plus et, dans cette version acoustique, ils en devenaient (un peu) meilleurs.

Chiquement vêtu d’une chemise-cravate-veston, avec des bottes noires Doc Martens aux pieds, svelte, il était beau à voir, charismatique, avec toujours cette auto-dérision qui nous est chère chez certains artistes comme Philippe B, Albin de la Simone ou Alain Souchon. De ce dernier, Beaupain a justement repris ce soir L’amour en fuite.

Accompagné sobrement, sans batteur (excellente initiative!), par un claviériste, un guitariste/bassiste et la délicieuse Valentine Duteil au violoncelle et qui chantait parfois avec lui (sur Avant la haine, par exemple). La demoiselle est également chanteuse à ses heures et prépare un premier maxi, sous l’œil de Beaupain…

Le chanteur, pas chien, a interprété quelques-uns des titres des trames sonores Les chansons d’amour et Les bien-aimés, parfois en solo au clavier (Brooklyn Bridge). Hélas, avec seulement une heure de scène, il a dû faire l’impasse sur 33 tours, son deuxième album original, dont fait partie la magnifique Juste ces mots, qui est peut-être la meilleure de son répertoire.

On espère toujours voir un récital complet du sieur Beaupain en nos terres.

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Le meilleur de 2011

10 décembre 2011

Daphné

Depuis quelques années, il s’agit de ne rien oublier des coups de cœur musicaux. Alors, tout noter, au fur à mesure. Revisiter à l’occasion les mêmes albums, pour savoir si notre avis tient toujours la route, l’usure. La plupart du temps, ça tient encore, sauf pour le dernier opus de Martin Léon qui, passé l’enthousiasme de la découverte, ne laisse pas un grand souvenir malgré toute notre bonne volonté.

Une année 2011 en chanson assez décevante, avec beaucoup de ratés pour de grands artistes (Daniel Darc, Dick Rivers, etc.).

Meilleurs disques

1) Philippe B, Variations fantômes

Chanson métissée. Il fait l’unanimité chez les journalistes, toutes allégeances confondues, mais ne gagne rien au minable gala de l’ADISQ ni au plus indépendant GAMIQ? Qu’importe. Philippe B est un des plus grands artistes québécois actuels et Variations fantômes est immense, d’une richesse réjouissante. Seul hic, une pochette assez quelconque.

2) Daphné, Bleu Venise

Chanson élégante pour piano fragile. Après deux disques assez maniérés et agaçants, on n’attendait rien du troisième Daphné. Et pourtant, quelle claque! Comme une Benjamin Biolay première époque, elle signe des chansons délicates, somptueuses.

3) Richard Séguin, Appalaches

Chansons pour durer toujours, si on veut rendre hommage au titre d’un morceau signé par la récemment décédée Louky Bersianik que chantait Richard Séguin. Voilà un artiste qui ne cesse de grandir avec le temps, avec une maîtrise sidérante de l’art de fabriquer des chansons artisanales. Cet homme, avec plus de quatre décennies au compteur artistique, est un trésor national.

4) Wladimir Anselme, Les heures courtes

Pop de haute volée. Encore un qu’on n’attendait pas, plus de dix ans après un premier album éparpillé. Avec Les heures courtes, Anselme nage dans le romantisme, le foisonnant.

5) Pierre Lapointe, Seul au piano – en concert

Chansons noires pour temps gris. Du piano, rien que du piano. Une voix. Des morceaux crève-cœur. Le deuxième meilleur album de Pierre Lapointe, après La forêt des mal-aimés.

Ça tourne régulièrement

Alex Beaupain, Les bien-aimés

Certes, il y a trois ou quatre chansons, voire cinq, à jeter sur cette trame sonore. Mais on est comme aimanté par elle, le CD revient se lover dans le lecteur fréquemment. Et dire qu’on n’a pas encore vu le film qui vient avec. La sortie DVD est prévue en France pour janvier 2012. Sur les écrans québécois, on ne saurait dire.

Révélation / espoir

Antoine Corriveau / Salomé Leclerc

Deux artistes québécois qui ont lancé un premier disque qui augure du meilleur pour la suite de leur carrière. L’un en indépendant, l’autre soutenue par la grosse machine d’Audiogram.

Révélations un peu trop tard

De Calm, Le film définitif…

Bande originale chantée d’un film imaginaire. Quelques semaines après la sortie de son premier disque, le chanteur de De Calm m’écrit un courriel. Machinalement, je vais écouter des extraits sur Internet. Une chanson hyper accrocheuse attire mon attention : L’envie d’écouter Miossec. Dans la foulée, le désir de tout entendre, d’y revenir, d’aimer, parfois ébloui.

Philémon Chante, Les sessions cubaines

Pour une fois, vous pouvez vous fier aux branchouilles, aux snobs et aux plumitifs de la scène locale. Ils encensent cet album qui le mérite grandement. Sorti une première fois en indépendant en 2010, repris par Audiogram quelques mois plus tard, ce sont de superbes chansons mélancoliques fabriquées par un Québécois, d’une langueur nourrie par les musiciens cubains. À noter qu’on peut trouver en téléchargement payant un maxi de 6 titres titré «EP 2008» qui contient quelques-unes des chansons de l’album, enregistrées cette fois au Québec.

Les plus surévalués

Richard Desjardins, L’existoire

Brigitte Fontaine, L’un n’empêche pas l’autre

Daniel Darc, La taille de mon âme

La pire reprise

Juliette et François Morel, Parachutiste (album hommage à Maxime Le Forestier, La maison bleue)

Plus discrète et belle collaboration

Daniel Lavoie et Louis-Jean Cormier sur J’ai quitté mon île (album de réenregistrements J’écoute la radio de Lavoie)

Alex Beaupain, musicien bien-aimé

12 août 2011

La nouvelle trame sonore d’Alex Beaupain est sortie lundi en France (en négociations pour le Québec, mais déjà dispo sur iTunes Canada). Ça s’appelle Les bien-aimés. Le film signé Christophe Honoré sort prochainement sur les écrans français. À Montréal, on ne saurait dire. Les délais peuvent varier de six mois à un an, voire jamais. Malgré la présence de Catherine Deneuve au Festival des films du monde, qui lui rend un hommage en présentant des vieilleries, Les bien-aimés n’est pas au programme… Un si parfait sens de l’organisation, on ne retrouve ça qu’aux Francofolies de Montréal et au Coup de coeur francophone…

Beaupain est un habile compositeur de musiques de films. Il l’avait prouvé avec Les chansons d’amour ainsi qu’avec la très belle partition de Non ma fille tu n’iras pas danser. Avec Les bien-aimés, il signe une dizaine de très bonnes chansons (et 3 ou 4 plus quelconques). Léger, pop, mélancolique, fidèle à ses manières habituelles.

Le bonheur, ici, c’est que c’est Chiara Mastroianni qui chante la plupart des chansons. On avait aimé Chiara en duo avec Benjamin Biolay (le projet Home, en préparation d’un second disque). Dans Les chansons d’amour, elle était bouleversante dans Au parc. Vif plaisir de la retrouver.

On peut également entendre sur la bo Catherine Deneuve, Louis Garrel, Ludivine Sagnier, convaincants.

Un album à écouter encore et encore, en attendant la pellicule qui vient avec.


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