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T’es vivant?

7 octobre 2017

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Faire des listes, c’est amusant, c’est ludique, c’est badin. Il n’y a que les vieux ronchons nostalgiques qui font la gueule, pendant que les autres débattent, s’indignent, s’émerveillent ou font des découvertes. Et même lorsqu’une liste est consternante de mauvaise foi et d’ignorance (à tout hasard celle des Inrocks sur la chanson française), elle reste stimulante pour nos neurones.

J’ai eu envie de dresser la liste non pas des cinq meilleurs enregistrements en public de la chanson française, mais de mes cinq préférés. On va se garder une petite gêne, un semblant de modestie. Je vous invite dans les commentaires à me faire part de vos choix.

Pour qu’un live soit intéressant, à mon sens, il faut que la foule ne se fasse pas trop entendre, que l’artiste ne blablate pas trop entre les morceaux, que le répertoire couvre une large période. Et si, en prime, on a des inédits jamais repris en studio, le bonheur est complet.

  1. Bernard Lavilliers, T’es vivant? (1978)

Olympia de Paris, mars 1978. L’inspiration de Lavilliers tutoie les sommets, et ses interprétations ont une puissance encore plus grande ici qu’en studio. Il dynamise Juke-box; Fauve d’Amazone; Les barbares; 15e round; Utopia; etc. Des inédits: Capoeira, et l’improvisation incandescente Soleil noir. Sans oublier une de ses chansons les plus déchirantes de toute sa carrière: Sax’aphone. On ignore si le cd de 73 minutes reprend l’intégralité du spectacle, mais on espère que non et qu’un jour on aura droit à une version complète deluxe.

2. Alain Souchon, Défoule sentimentale (1995)

Que dire? Deux décennies de carrière, qu’il revisite de manière explosive et émotivement juste. Et toujours meilleur qu’en studio. C’est particulièrement vrai pour Chanter, c’est lancer des balles; Manivelle; Les regrets; Courrier; Lettre aux dames; Somerset Maugham; Allo maman bobo; etc. Et ça termine sur un fil avec Les filles électriques. Qui laisse pantois. K.O.

3. Jacques Bertin, Café de la danse (1989)

C’est sur scène que Jacques Bertin est à son meilleur, là où il est le plus dénudé et investi. Les  arrangements studio le desservent la plupart du temps, depuis les années 80. Au Café de la danse, il magnifie ses propres chansons, reprend Ferré ou Mouloudji, crée Les nouvelles du soir et il donne une version magistrale de Les chants des hommes, une des plus belles chansons françaises de toute l’Histoire, spécialement dans cet enregistrement.

4. Étienne Daho, Live (2001)

Ses années 80 ont bigrement mal vieilli. Le Daho que j’aime (comme le Bashung d’ailleurs) commence au début des années 90. Daho atteint presque la perfection avec «Corps et armes» en 2000, avec Ouverture en apogée. Cet opus essentiel, il en interprète de larges parts sur ce double cd en public. Mais il n’oublie pas ses classiques nettoyés des arrangements d’origine: Le grand sommeil; en tête. On éprouve un réel plaisir à retrouver ainsi, épurées, ses Week-end à Rome ou Duel au soleil. Et on ne passera pas sous silence la vibrante interprétation de Sur mon cou, un texte de Jean Genet, musique d’Hélène Martin. Éclectique, raffiné et pop, ce très cher Étienne.

5. Maxime Le Forestier, Plutôt guitare (2002)

On ne le dira pas trop fort, mais Maxime Le Forestier a eu lui aussi sa part d’arrangements trop chargés, synthétiques. D’où ce double cd attrayant, où il rechante ses classiques accompagné uniquement par des guitaristes principalement acoustiques: Jean-Félix Lalanne, Manu Galvin et Michel Haumont. Bienheureuses chansons d’être ainsi portées par de tels musiciens. On savoure Comme un arbre; San Francisco; La visite; Ambalaba; Les deux mains prises; etc. Mais comme pour Lavilliers, on en aurait pris encore davantage. C’est un bon signe.

P.-S. En mettant un point final à ce billet, je me rends compte que cinq choix, c’est insuffisant. Il aurait fallu mettre le meilleur enregistrement de Jean-Roger Caussimon («Au Théâtre de la ville»; 1978); le meilleur Martin Léon («Moon Grill»), un ou deux Renaud (chansons réalistes?; «Un Olympia pour moi tout seul»?), Jane Birkin (Olympia 1996)… Et je sens que d’autres me viendront en tête dans quelques minutes…

P.-S. 2 Quelques minutes ont en effet passé, comment ai-je pu oublier ces deux perles de Georges Moustaki que sont «Bobino 70» et «Concert» (Bobino 73)? Je ne mériterai jamais les honneurs des Inrocks. Une vie gâchée, quoi.

P.-S. 3 Et il conviendrait d’ajouter «Sheller en solitaire» et son double cd «Olympiade»… Ainsi qu’Anne Sylvestre

Mes préférences à moi

16 décembre 2013

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Que reste-t-il essentiellement de 2013 en chanson francophone?

Oui, je sais, ce sont mes préférences à moi. Assumons la subjectivité. On a fait l’impasse sur certaines parutions qui sont toujours trop abondantes pour une seule vie de toute façon. Beaucoup sont passées par nos oreilles, celles-ci restent plus chèrement en nous. Merci aux artistes de continuer à fabriquer des chansons en français et dans un habillage musical singulier, même dans le dépouillement, ce qui nous change de la bouillie sonore à la mode des dernières années.

Albums, maxis ou minis:

1) Léonard Lasry, Me porter chance

2) Sylvie Paquette, Jour de chance

3) Albin de la Simone, Un homme

4) Étienne Daho, Les chansons de l’innocence retrouvée

5) Les soeurs Boulay, Le poids des confettis

6) De Calm, Amour Athlétic Club

7) Vincent Delerm, Les amants parallèles

8) Gilbert Laffaille, Le jour et la nuit

9) Pierre Lapointe, Les Callas

10) Amélie-les-crayons, Jusqu’à la mer

Chansons de l’année:

1) Les soeurs Boulay, Mappemonde (paroles et musique de Stéphanie Boulay)

2) Gilbert Laffaille, Si tu n’es plus là (paroles et musique de Gilbert Laffaille)

3) Bernard Lavilliers, Villa Noailles (paroles et musique de Bernard Lavilliers)

Rééditions ou coffrets:

Artistes variés, Autour de Jack Treese

Le plus surestimé:

David Marin, Le choix de l’embarras

Phrase la plus drôle:

À propos du chanteur Louis-Jean Cormier qui a remporté plusieurs trophées aux divers galas de l’ADISQ 2013 : «Si Louis-Jean Cormier avait gagné un prix de plus, il ne lui serait resté que le gars qui a inséré le livret dans la pochette de son disque à remercier.» (Mathieu Charlebois, http://www.lactualite.com/culture/le-gala-de-ladisq-en-17-points-et-un-peu-de-mauvaise-foi/)

Je suis en retard mais c’est magnifique:

Les premiers 33 tours d’Isabelle Mayereau

Les derniers cd d’Anne Vanderlove

La cdgraphie de Pierre Delorme

Jean-Daniel Botta, Ammi-majus : Grand goûter

Aurélien Merle, Vert indolent

Aram Sédèfian, Instants volés – ballades

Barbara Deschamps, J’ai un pays à visiter

Électrisant Daho

26 novembre 2013

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Inutile de s’attarder trop longtemps, le nouvel opus d’Étienne Daho est encensé partout, et avec raison. Pour le résumer en un mot: électrisant. Les morceaux n’ont pas la fibre pour devenir des tubes instantanés, à l’instar de ses classiques, mais ils font indéniablement frissonner, volant dans les hauteurs de la plus belle pop à la française. Seule la pochette (avec ou sans bandeau) est de mauvais goût, racoleuse, même si on tente de nous faire croire qu’il s’agit d’une représentation du paradis, de l’innocence retrouvée!

Abordons plutôt les différentes éditions du disque qui existent sur le marché. Outre la version simple, normale, on peut se procurer une édition deluxe. Celle-ci comporte 6 titres supplémentaires: 3 remix, pour ceux qui apprécient l’exercice… La chanson En surface est proposée dans une version duo avec son co-créateur, Dominique A. Un inédit pas mal: Bleu Gitanes. Mais le meilleur c’est un duo avec François Marry, Les lueurs matinales, une adaptation de Wonder de François & The Atlas Mountains… Et enfin, une édition vendue uniquement à la FNAC nous offre un septième bonus: jolie version piano-voix pour Le malentendu.

Avec «Les chansons de l’innocence retrouvée», Daho signe un de ses meilleurs albums en carrière. Pour quelqu’un qui ne donne pas dans la nostalgie, voici un petit palmarès de ses sommets depuis 1980!

En studio:

1) Corps et armes (2000)

2) Éden (1996)

3) Paris ailleurs (1991)*

4) Les chansons de l’innocence retrouvée (2013)

5) Le condamné à mort (2011)

En public:

1) double Live (2001)

2) Daholympia (1993)

3) Daho Pleyel Paris (2009)

Compil:

Singles

Le livre de référence:

Christophe Conte, «Une histoire d’Étienne Daho» (Flammarion; 2008) (ma critique ici)

* «Paris ailleurs» est un classique de Daho, avec une série de tubes, mais force est d’admettre que c’est surtout la première moitié qui est exaltante, trop forte pour la suite…

Chansons de chevet (2)

6 février 2013
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Hugues de Courson

Dans le livre de Baptiste Vignol dont je vous parlais récemment, des centaines de personnes ont eu le courage et l’esprit ludique de soumettre la liste de leurs chansons préférées. Le jeu était simple: en choisir 10, assez rapidement. De préférence, ne pas mettre trois mois là-dessus. Lancer sur le papier des noms, trier.

Ensuite, forcément, on se mord les doigts, des oublis impardonnables. J’ai déjà cité une quinzaine de titres, en voici d’autres. 10 nouvelles chansons de chevet, en privilégiant les morceaux ou les artistes qui ont été moins cités dans le livre de Vignol. De grands oubliés, si on veut. Ces dix titres-là font partie des 30 chansons qui me tiennent le plus à cœur et je voudrais saluer leurs créateurs qui ont côtoyé les sommets, dans un genre ou l’autre.

Et il y aura encore des oublis, désolé…

1) Pull-over (chanson inédite de Hugues de Courson, interprétée par Casse-Pipe sur le deuxième album du groupe breton)

2) Le cœur a sa mémoire (texte de Mauricette Leibowitch, chanté par les Têtes Raides)

3) Étrange affaire (Jean Vasca)

4) Allée des coquelicots (Pierre Philippe / Astor Piazzolla, par Jean Guidoni)

5) La musique (Bernard Lavilliers, encore meilleure en public Tour 80)

6) Putain d’été (Tue-Loup, version obligatoire sur Tout nu; 2004)

7) Madame (un hommage à Juliette Gréco, signé et chanté par Miossec)

8) L’homme de Brive (Jean-Max Brua)

9) À tu et à toi (Louis Chedid, version Entre nous; 2004)

10) Champion d’immonde (Olive et moi)

La chance aux chansons (2)

29 janvier 2013

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C’est un bouquin fascinant que signe ici l’auteur français Baptiste Vignol. Un ouvrage de référence pour les amoureux de la chanson francophone, qui aura mis des années avant de voir le jour : «Le top 100 des chansons que l’on devrait tous connaître par cœur».

Vignol a demandé à 276 artistes de la variété française quelles étaient leurs dix chansons préférées. Ceux qui ont répondu sont de différentes générations, de styles variés, principalement de France mais aussi de Suisse ou du Québec.

Ainsi, on a la bonne surprise de voir Pierre Lapointe citer Renaud, Michel Faubert qui désigne Émilie Proulx, l’incrédulité devant les choix de Bertrand Burgalat (de Gainsbourg à… Ginette Reno). On a le plaisir de ne pas être seul à vénérer certaines chansons moins connues (Ouverture de Daho, Le dégoût de Souchon) et qui sont des chefs-d’œuvre.

Naturellement, les 100 titres choisis sont souvent les plus évidents et causeront bien peu de surprise au lecteur averti (La javanaise, Avec le temps, Ne me quitte pas, etc.). Mais les amateurs plus pointus prendront leur pied à lire chacune des listes reçues par Vignol, qui les publie toutes : celles des artistes mais aussi celles des 69 «spécialistes» sollicités (journalistes, blogueurs, etc., dont moi, je le reprécise). Là, il y a des découvertes à faire…

Les 100 lauréates (et quelques autres en prime) ont droit à une présentation historique ou esthétique. Ici, la rigueur et l’érudition priment. Vignol a consulté pas mal d’ouvrages, d’entrevues sur la musique. Les citations d’artistes sont nombreuses. Malheureusement, certaines erreurs se faufilent quand même : notamment dans la notice qui accompagne La vie d’artiste de Léo Ferré, certains titres de chansons (fournis par les artistes eux-mêmes) sont erronés ou Suzanne Vega dont le nom est écorché. Mais ce sont des points de détail.

En survolant ces listes, on peut constater que certains font preuve d’ethnocentrisme (les Français citent les Français, les Québécois les Québécois), que les choix sont souvent générationnels avant d’être esthétiques (sinon, que viendraient faire les Rita Mitsouko dans ce palmarès ?). La chanson est un art qui mise beaucoup sur les sentiments, les souvenirs, ça explique d’autres bizarreries comme ce triomphe fait à C’était bien – le petit bal perdu, une bluette sympathique mais qui ne mérite pas du tout sa 19e place !

Chouette idée aussi que celle de reproduire telles quelles certaines réponses reçues (par courriels ou lettres). Ce témoignage de la grande Michèle Bernard est particulièrement judicieux. À la fin de sa liste, elle ajoute : «Celles qui restent, bien sûr, ne sont jamais les plus légères…».

Parmi mes choix, une chanson de Michèle Bernard aurait pu y figurer pour sa puissance poétique, sa perfection : Je t’attendais ainsi qu’on attend un navire, sur un poème de René-Guy Cadou.

L’essai de Vignol est un indispensable témoignage, que l’on consultera encore pendant des années avec intérêt. Toutes ces chansons que l’on connaît, toutes celles à découvrir, on a envie des les aimer encore plus fort.

Voici la deuxième partie de mon entretien avec Baptiste Vignol.

1) Est-ce que ça a été difficile de sélectionner les personnes sondées, en écarter certains, et obtenir leurs listes ? Travail de longue haleine ?

BV: Je n’ai sollicité que des auteurs et/ou compositeurs et me suis efforcé de contacter les artistes dont des chansons apparaissaient dans les Top 10 que je recevais au fur et à mesure. Ainsi ai-je commencé ma collecte en approchant quelques figures majeures (Anne Sylvestre, Renaud, Georges Moustaki, Charles Aznavour, Françoise Hardy, Lynda Lemay, Juliette, Kent, Pierre Lapointe, Allain Leprest, etc) puis j’ai contacté les chanteuses et chanteurs qui figuraient dans leurs préférences, ce qui a peu à peu élargi l’éventail.

2) Certains artistes majeurs n’ont pas fourni leur liste (Julien Clerc, Maxime Le Forestier, Jacques Higelin…). Pourquoi?

BV: Ces trois-là n’ont pas souhaité répondre à cette question pourtant toute enfantine, «quelles sont vos dix chansons préférées?», comme les gamins se demandent: «C’est qui tes copains préférés.» Dommage. Mais au final, leurs partitions n’auraient rien changé au classement. Notons d’ailleurs que Julien Clerc ne figure pas dans le Top 100, pas plus que Pierre Perret par exemple, ce qui est étonnant, mais c’est aussi l’intérêt de ce bouquin.

3) Quel est l’artiste, mort ou vif, dont vous auriez voulu la liste à tout prix ?

BV: Charles Trenet.

4) Est-ce que seul le vote des artistes comptait pour le palmarès des 100 chansons, sauf dans les cas d’égalité, où les spécialistes tranchaient ?

BV: Il s’agit du classement des chansons préférées des chanteurs francophones. Forcément, certains titres arrivaient à égalité de voix, j’ai alors décidé, pour affiner autant que possible ce palmarès, de demander à des «spécialistes» la liste de leurs dix chansons préférées. Il reste néanmoins encore des égalités!

5) On constate un certain conformisme dans les listes des artistes… Toujours les mêmes chansons qui reviennent, les morceaux les plus connus. Sauf exceptions. Ne voyez-vous pas un paradoxe dans le fait que ce sont les créateurs qui semblent le moins connaître la chanson?

BV: Je ne suis pas d’accord avec vous. Les chansons citées, en tout cas la grande majorité, passent très rarement sur les radios françaises! Brassens n’y passe plus, Trenet non plus, ni Barbara, encore moins Ferré ou Anne Sylvestre. «La mémoire et la mer» n’est jamais diffusée sur les ondes en France, pas plus que «La Folle complainte» de Trenet, «Syracuse» de Salvador, «Pierre» de Barbara, «Saturne» de Brassens ou tant d’autres chansons qui figurent en bonnes places dans cette anthologie.*

6) Dans le palmarès, on trouve beaucoup d’auteur-compositeur-interprète et peu d’interprètes… Pourquoi selon vous?

BV: On y trouve pas mal de chansons immortalisées par Yves Montand tout de même, ou Édith Piaf, même si Piaf signait également certaines de ses chansons. Mais c’est vrai qu’il s’agit essentiellement de chansons d’ACI, peut-être parce que j’ai sollicité beaucoup d’ACI!

7) Avez-vous eu des surprises, des déceptions dans le choix de certaines personnes ? Ou des artistes que vous aimez beaucoup personnellement et que presque personne ne cite?

BV: J’aurais beaucoup aimé que Guy Béart, Véronique Sanson ou Allain Leprest figurent dans le Top 100. Cela m’aurait semblé justice, mais voilà, aucune de leurs chansons n’ont recueilli 4 suffrages. Remarquez, il s’en ait fallu de peu pour «La Retraite» de Leprest qui a obtenu trois votes.

8) Quelqu’un m’a déjà dit que «Ne me quitte pas» de Brel était à l’origine une parodie et que, voyant le succès qu’elle obtenait «au premier degré», il a laissé les gens croire ça… Ce n’est pas fou, ça expliquerait la démesure, la grandiloquence du texte et de l’interprétation… Et si Ne me quitte pas était une moquerie qui a «mal tourné»… Avez-vous déjà entendu parler de cette explication?

BV: Je n’ai jamais entendu parler de ça et je n’y crois pas une seconde. Ricet Barrier, qui connaissait Brel pour avoir chanté avec lui dans la tournée 109 de Jacques Canetti, m’a clairement dit que cette chanson avait été écrite après la rupture de Brel avec Suzanne Gabriello.

9) Les meilleures chansons, c’est bien, mais est-ce qu’un livre sur les meilleurs albums francophones ne pourrait-il pas être envisagé ? Pour ma part, certains disques de Gainsbourg, Brassens ou Brel sont des oeuvres que je ne voudrais pas sectionner… Qu’est-ce que vous mettriez dans votre palmarès des albums?

BV: Ouh la la… À la volée, je dirais Les Marquises, Fantaisie Militaire, n’importe quel album de Brassens, Morgane de toi, le live de Lynda Lemay à l’Olympia que j’adore, Histoire de Melody Nelson, Jaune de Ferland, Mustango de Murat, Ferrat 80…

10) Dans le quotidien montréalais La Presse, il y a peut-être dix ans, ils avaient fait paraître un palmarès des meilleurs disques québécois de tous les temps. Le problème c’est que certains artistes avaient trop d’albums différents cités… Ce qui les empêchait d’être au sommet du palmarès car le vote était dilué… J’ai l’impression qu’il est arrivé la même chose avec votre ouvrage. Parmi les 100 chansons, on ne retrouve pas Attention fragile de Bernard Lavilliers, c’est assez étonnant, non?

BV: 276 chanteurs ont été sollicités, ça n’est pas rien! Qu’«Attention fragile» n’y figure pas peut vous étonner, mais c’est probablement parce que vous l’appréciez davantage que la moyenne des chanteurs. Il est certain que si Georges Brassens avait écrit moins de chefs-d’œuvre, sa «Supplique pour être enterré à la plage de Sète» figurerait un peu plus haut dans le Top. Mais nous avons tous ou presque notre chanson préférée de Brassens…

11) Quels sont vos prochains projets de livres ?

BV: Je n’en ai pour le moment pas la moindre idée. Le Flop 100 des chansons que les chanteurs détestent? Ce serait drôle.

****

*Précision: personnellement, je ne me réfère pas à ce qui passe ou non sur les ondes, contrairement à Baptiste Vignol, qui mentionne régulièrement la place qu’occupait telle ou telle chanson à la radio. Par exemple, La mémoire et la mer n’est peut-être jamais passée sur les ondes, mais tous les vrais amateurs de Léo Ferré citent cette chanson en exemple, en permanence, que l’on demande à un chanteur réaliste ou rock. Idem pour L’orage de Brassens: c’est un morceau chouchou, adoré de tous. Je ne parle pas du grand public, mais des amateurs, des musiciens.

A contrario, personne (ou presque) ne cite jamais La saison des pluies de Gainsbourg qui est pour moi beaucoup plus captivante que La javanaise ou Je t’aime moi non plus… Ou pour Anne Sylvestre: ok Une sorcière comme les autres, ok Les gens qui doutent, mais connaissez-vous cette merveille qu’est Il s’appelait Richard?

C’est ce que je voulais dire par des titres rabâchés. Les choses plus rares y sont aussi, mais jamais en tête de classement. Ce qui fait que si un badaud feuillette le livre en librairie et qu’il tombe sur toutes ces chansons archi ressassées, il faut lui dire d’aller voir les palmarès persos en fin d’ouvrage…

Baptiste Vignol, Le top des 100 chansons que l’on devrait tous connaître par coeur, aux éditions Didier Carpentier

La première partie de notre entretien, c’est .

Ma liste des 10 chansons de chevet, c’est ici.

La chance aux chansons (1)

18 janvier 2013

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L’auteur français Baptiste Vignol fait paraître l’intriguant ouvrage «Le top des 100 chansons que l’on devrait tous connaître par cœur» – choisies par 276 artistes de la variété francophone. Nous l’avons donc convié à une petite causerie virtuelle en deux parties.

De Vignol, on connaissait le pamphlet «Cette chanson que la télé assassine» (2001, chez le regretté Christian Pirot) où il dénonçait l’étroitesse d’esprit de certains fabricants des médias nés sous le triste signe de l’Hexagone.

Blogueur et éditeur, il a aussi signé un essai littéraire et sensible, malheureusement plus disponible sur le marché : «Tatatssin, parole de Renaud !» (en 2006, chez La Mascara, moins regrettée). Ça ressemble à un plaidoyer amoureux sur le chanteur énervant, qu’il défend avec acharnement et parfois mauvaise foi ou complaisance. Parce qu’on a beau être morgane du p’tit gavroche depuis toujours, l’artiste n’est pas sans reproche et n’a pas écrit que des perles. Mais c’est une autre histoire.

Pour l’instant, rencontrons Baptiste Vignol, dingue de chansons, avec la belle ferveur qui l’anime. Après ses propos, je réponds moi-même à certaines questions sans lui dire, pour ne pas influencer ses réponses… Et il va sans dire que j’avais répondu avant de lire les siennes. Goûts et dégoûts en commun, mais quelquefois de sérieux désaccords…

Entrevue avec Baptiste Vignol (1)

1) La chanson francophone est votre passion. Juste pour vous situer esthétiquement, citez-moi vos cinq chanteurs essentiels, résistant au temps et aux périodes de votre vie. Ceux que vous écouterez encore dans 30 ans et que vous aimez depuis longtemps.*

BV: Charles Trenet, Georges Brassens, Renaud, Christophe, Gilbert Bécaud et Jean-Louis Murat. Je sais, ça fait 6. Et j’aurais volontiers ajouté Diane Dufresne ou Richard Desjardins!

2) Existe-il pour vous un âge d’or de la chanson française et quel serait-il ?

BV: Probablement l’époque des cabarets, de Félix Leclerc qui débarque à Paris en décembre 1950 en début des années 70 quand on pouvait applaudir Renaud à la Pizza du Marais. Entre temps, Brassens, Béart, Brel, Barbara, Léo Ferré, Anne Sylvestre, Serge Gainsbourg, Ricet Barrier, Boris Vian créaient chaque soir leurs chansons devant quelques dizaines de passionnés. Ça devait avoir de l’allure, non?

3) Qui est le plus grand chanteur et/ou album francophone(s) méconnu(s) ?**

BV: L’Américain David McNeil.

4) Le chanteur ou auteur-compositeur le plus surestimé?***

BV: Impossible de répondre à cette question. Mais remarquons que les auteurs-compositeurs un temps surestimés, type Obispo, finissent toujours par retomber le cul par terre.

5) Vous avez travaillé sur l’émission de télévision «La chance aux chansons» de Pascal Sevran. Racontez-nous brièvement comment vous vous êtes retrouvé à ce poste et ce que vous y faisiez précisément. Vous n’avez pas tenu plus d’un an, non?

BV: Je venais de terminer mes études et j’avais six mois à tuer avant de commencer un stage à la Commission européenne à Bruxelles. Je voulais travailler deux ou trois mois, gagner des sous et partir deux mois en vacances. J’ai envoyé une demande de stage à Pascal Sevran qui m’a reçu. Nous avons parlé chanson, Leny Escudero (qu’il recevait ce jour-là), Charles Trenet qu’il adorait et connaissait bien, ce qui m’impressionnait. Il m’a donc proposé un stage bien rémunéré à l’époque (8000 francs par mois en 1996). Les figurantes de l’émission étaient jolies, Sevran m’avait à la bonne… Voyant que j’adorais la chanson, il m’a rapidement demandé de devenir l’un de ses programmateurs, avec le salaire qui va avec! Je recevais une dizaine de disques tous les matins par la Poste, j’étais invité à tous les concerts que je voulais voir, j’avais 27-28 ans, c’était plaisant, j’y suis resté trois ans. En tant qu’animateur, Sevran pouvait être agaçant, mais il y avait  chez lui beaucoup d’enthousiasme, cet enthousiasme qui manque tant à Daniela Lumbrose par exemple qui a tellement l’air de s’ennuyer en présentant son émission Chabada. En tant que producteur, Sevran était très exigeant, j’ai beaucoup appris à ses côtés. En tant qu’individu, au quotidien, il n’était pas fréquentable. J’ai donc un jour décidé de partir.

6) Quel écho a eu votre pamphlet «Cette chanson que la télé assassine» dans les médias ? Des représailles, des louanges ?

BV: J’ai reçu un prix de l’Académie Charles-Cros pour ce bouquin, j’ai fait quelques émissions de télé invité par Thierry Ardisson, Laurent Ruquier… C’était drôle.

7) Dans cet ouvrage, vous citez des dizaines de noms de chanteurs francophones que le grand public gagnerait à connaître et qui ne passent pratiquement pas à la télé. La situation s’est-elle améliorée aujourd’hui ? Pensez-vous, par exemple, qu’une chaîne publique comme France Inter devrait diffuser des Allain Leprest à heures de grande écoute, est-ce que les auditeurs s’y intéresseraient ou tourneraient le bouton pour éteindre ?

BV: Quand on voit que fin décembre 2012, les meilleurs vendeurs de disques en France étaient Céline Dion, M Pokora et Johnny Hallyday, on ne peut pas dire que la situation se soit vraiment améliorée. Il y a sur France Inter un homme qui fait remarquablement son boulot, il s’agit de Serge Le Vaillant qui reçoit dans son émission des artistes de qualité qui ne passent nulle part ailleurs hélas. Didier Varrod, le nouveau responsable de la programmation de l’antenne, connaît très bien la variété. Ce matin par exemple, j’entendais avec bonheur sur Inter le nouveau single d’Albin de la Simone!

8) Actuellement, comment vous partagez-vous les tâches entre vos rôles d’éditeur, auteur et blogueur ?

BV: J’essaie de ne pas trop perdre mon temps! L’ouvrage qui paraît ces jours-ci, «Le Top 100 des chansons que l’on devrait tous connaître par cœur», cela faisait quatre ans que j’étais dessus! Bon, c’est vrai, il se base sur une collecte de Top 10, et j’ai sollicité 345 figures du monde de la chanson. Quant à mon blog, je l’alimente de temps en temps… Et il me reste les bouquins de ma petite maison d’édition sur l’île de La Réunion à écrire, fabriquer et distribuer…

9) Selon vous, qui est actuellement l’auteur-compositeur-interprète le plus talentueux parmi les «jeunes» générations (disons les moins de 45 ans)?****

BV: Impossible de n’en citer qu’un. Chez les moins de 45 ans? Par ordre alphabétique: Barbara Carlotti, Jeanne Cherhal, Ariane Moffatt, Thomas Pitiot et Lisa Leblanc. Elle, je l’adore!
(à suivre)
*****
* Question cruelle? J’en conviens. Pour moi, ce serait Renaud, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Serge Gainsbourg et Alain Souchon.
** Mes mésestimés: Jean Vasca, Gilbert Laffaille, David McNeil.
*** Mon surestimé: Charles Trenet.
**** Le plus grand ACI, actuellement, chez les plus jeunes: Philippe B.

Rebonds

18 décembre 2012

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Pour ouvrir des fenêtres. Par curiosité. Parce qu’on ne peut pas être partout, tout le temps. En guise de complément à mon palmarès de l’année, j’ai donc demandé ceci à quelques-uns de mes lauréats : «J’aimerais savoir quel a été votre coup de coeur musical francophone en 2012. Ça peut être un disque récent ou au contraire un vieux disque que vous ne connaissiez pas et que vous avez enfin pu découvrir. Québécois, Français, mort ou vivant, aucune importance.»

Voici leurs réponses (par ordre alphabétique). J’ai demandé à Alexandre Belliard de me donner un autre choix car Florent Vollant n’était pas vraiment franco. J’ai gardé le début du message parce que je le trouvais intéressant. Et tant pis si c’est de la triche!

Je tiens à les remercier pour leurs réponses.

Alexandre Belliard :
Zachary Richard, Bayou des mystères (1976)

Cette année j’ai écouté beaucoup, beaucoup d’albums, comme chaque année, de Placard à Chloé Ste-Marie, de Katerine et ses peintres à mon éternelle passion pour Renaud, mais je suis de façon récurrente revenu aux albums de Florent Vollant et plus particulièrement de son album Eku Mamu. Tellement sincère, tout près de nous, mélodique, enveloppant et en prime…. le rêve d’une poésie inaccessible que par le coeur. Tout un artiste!

Depuis mon périple de 11 500 km à travers l’Amérique au côté de mon paternel au mois d’octobre dernier, j’écoute avec acharnement l’album Bayou des mystères de Zachary Richard. Ça me rappelle les couleurs et les saveurs de la si belle Louisiane. Ça danse, ça sent les racines, l’histoire et la fête! Un grand monsieur ce Zachary!

Thierry Bruyère :
Montagnes russes, mini-tsunamis (maxi 5 titres ; 2011) d’Émilie Proulx

Pour moi, c’est une défricheuse comme les soeurs McGarrigle l’ont été pour mes parents. Sa façon d’aborder nos doutes et nos mal-aimés me renverse. Quand elle chante «Au fond c’que j’aime pas quand j’y pense / C’est surtout mon ambivalence / Mon visage flou comme le Québec / Américaine et pas pantoute», elle parle de mon propre combat. Elle est anglophile et se réclame simultanément d’une américanité francophone. Je sais, en l’écoutant, qu’il faut mettre la main à la pâte en français.

Louis-Jean Cormier :

Mon coup de coeur franco de 2012 est Astronomie d’Avec pas de casque pour la richesse de sa poésie. Des textes qui rendraient jaloux Miron et qui nous donnent le goût d’écrire… Mieux.

Domlebo :

J’ai pas mal écouté Marie-Pierre Arthur. Mes Aïeux ont sorti un disque avec plusieurs chansons très très bonnes. C’est Amylie par contre avec Le royaume qui gagne cette année. La réalisation, la lumière des textes, sa voix absolument charmante, les rythmes, les thèmes, une douce poésie féminine et pacifiante. Je ne l’avais pas haïe avec ses premières chansons et en spectacle mais là, wow!

Thomas Hellman :
Montagnes russes, mini-tsunamis (maxi 5 titres ; 2011) d’Émilie Proulx

J’adore le côté atmosphérique, douce mélancolie et poésie. Émilie a un son et un univers qui lui appartiennent entièrement. Elle est à mille kilomètres de toutes ces chanteuses avec de fausses voix naïves de petites filles que je ne peux plus supporter.

Sébastien Lacombe :

Mon coup de coeur musical de 2012 est un disque que j’ai redécouvert pendant mon travail de studio, je l’écoutais beaucoup pour me mettre dans une ambiance. Bleu Pétrole de Bashung, pour son côté tragique et surtout pour la chanson Vénus, un bijou d’arrangement, un disque que j’avais oublié et que je redécouvre cette année. Première à éclairer la nuit, Vénus…. La profondeur de ce disque est grandiose.

Léonard Lasry :

Cette année, contrairement aux années passées, j’ai eu beaucoup moins de coups de coeur pour des nouveautés francophones. J’en profite alors pour parler d’un album que j’aime toujours autant au fil des ans, il s’agit de l’album éponyme de Bruno Maman (2005).

C’est pour moi un très grand album avec des très grandes chansons… La production y est grandiose, elle est d’ailleurs signée Alain Goraguer, un des meilleurs arrangeurs-réalisateurs des années 60-70. Elle est à la fois classieuse, riche (grand orchestre) et inventive.  Je me rappelle avoir découvert cet album à sa sortie et être tombé immédiatement «d’accord» avec tout ce que j’entendais, le choix des mots, les mélodies, le son, les partis pris…Parmi mes préférées : Cain sans Abel, Naïf, Aujourd’hui efface hier, De chez toi à chez moi ou la très belle Le marchand de fleurs… En bref, je ne manque jamais de parler de cet album, trop injustement méconnu à mon avis…

Tristan Malavoy :
André Dédé Vander – French toast et peines perdues (2012)

Je connaissais bien sûr le Vander mouture Colocs, je connaissais aussi le type un peu bourru mais sympa croisé un soir sur une scène de Dub & Litté, ce «sound system littéraire» qui avait bien fait groover mes poèmes. Je connaissais beaucoup moins le Vander ACI, découvert vraiment avec French toast et peines perdues, très bel album paru en mars dernier. On se régale de sa version de la Marie-Jeanne de Dassin; on goûte au moins autant les chansons de son cru, textes bien tournés posés sur des musiques folk et reggae. J’aime.

La ligue des champions

13 décembre 2012

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L’année 2012 en chansons francophones. Voici les meilleurs joueurs. D’ici quelques jours, je publierai un autre billet pour dévoiler les coups de cœur de la plupart de ces lauréats. À suivre.

Meilleurs albums

1) Sébastien Lacombe, Territoires

2) Élisa Point & Léonard Lasry, L’exception

3) Thomas Hellman chante Roland Giguère

4) Tristan Malavoy, Les éléments

5) Daran, L’homme dont les bras sont des branches

La plus belle surprise / le plus original

Domlebo, Chercher noise

Merveilleusement et bellement hors du temps

Alexandre Belliard, Légendes d’un peuple tomes 1 et 2

Espoir

Thierry Bruyère, Le sommeil en continu

Meilleure chanson

Louis-Jean Cormier, Un monstre (paroles et musique de LJ Cormier)

Rééditions

Julien Clerc, coffret L’essentiel (13 cd)

Renaud, Intégrale studio (18 cd)

Les plus nuls

Raphaël, Super-Welter

Benjamin Biolay, Vengeance

Chansons de chevet

30 novembre 2012

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Récemment, j’ai été contacté par l’auteur français Baptiste Vignol, spécialiste en chanson et polémiste à  ses heures (il a signé le pamphlet Cette chanson que la télé assassine). Pour un bouquin en préparation, il me demandait quelles étaient mes dix chansons de chevet.Voilà un jeu amusant et vicieux, surtout que je suis davantage un amateur d’albums plutôt que de morceaux isolés. Je préfère un disque cohérent, qui reflète une démarche artistique à un moment précis, même avec des chansons plus mineures, qu’une compil de grands succès pigés à gauche et à droite.

Par contre, grâce à la technologie du cd ou du mp3 (encore mieux) on peut aimer un album mais supprimer (ou sauter) les chansons qu’on n’aime pas. Ainsi, le premier disque solo de Louis-Jean Cormier, par exemple, j’en jette trois morceaux et je garde les autres bien au chaud dans mon iPod. Ou quand Renaud avait publié le double album Rouge sang, il fallait en supprimer environ le tiers pour obtenir une oeuvre qui continue d’être cohérente esthétiquement mais expurgée des déchets.

Je me suis donc cassé la tête pour arriver à une liste de dix chansons de chevet. De chevet? Je l’entends comme importantes d’un point de vue non pas historique mais personnel. Certaines pourraient être dites «mineures» comparativement à certains classiques des dernières décennies, mais je pense qu’il fallait choisir des choses qui font vraiment vibrer, et non pas qu’on admire objectivement mais parfois un peu froidement, avouons-le.

Dix, c’est peu. J’aurais pu en mettre 50. Pardon à celles qui ont été exclues, exercice crève-cœur: Gilbert Laffaille (La tête ailleurs), Christophe (Comm’ si la terre penchait), Jacques Brel (Les désespérés), Renaud (Oscar), Offenbach (Mes blues passent pus dans’ porte), Dominique A (Je suis une ville) ainsi qu’une deuxième d’Élisa Point (Pressés de nous revoir)…

Rien de Gainsbourg, pourtant un des mes artistes préférés. Il aurait fallu mettre des disques, pas des chansons.

Voici donc celles qui sont restées:

1) Jacques Bertin, Les chants des hommes (version en public de 1989)
2) Étienne Daho, Ouverture
3) Philippe B, Archipels
4) Jean-Roger Caussimon, Le funambule
5) Cookie Dingler, Femme libérée
6) Anne Sylvestre, Il s’appelait Richard
7) Pierre Bondu, Mieux que personne
8) Alain Souchon, Le dégoût
9) Élisa Point, Rome en Vespa
10) Alex Beaupain, Juste ces mots


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