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Chanson métissée classique

13 janvier 2012

Entrevue avec Frédéric Lambert du Quatuor Molinari

Le violoniste Frédéric Lambert, membre du Quatuor Molinari, a collaboré avec Pierre Lapointe et Philippe B. Quand la musique pop et classique se croisent, qu’est-ce que ça donne? Le meilleur disque de 2011 : celui de Philippe B, Variations fantômes.

Le festival Montréal en lumière présente le mois prochain Philippe B en scène avec le Quatuor Molinari. Il s’agit d’une soirée unique, mais qui pourrait se reproduire si d’autres salles ou festivals se montrent intéressés. À voir à quelle vitesse s’envolent les billets, on peut déjà croire à d’autres représentations. Et, qui sait?, un album pour en témoigner!

On a demandé une entrevue par courriel avec Frédéric Lambert. Il a accepté. On commence.

Q : À la sortie de Variations fantômes, Philippe B me confiait que l’idée de départ du disque lui était venue d’une conversation avec toi. Quel rôle as-tu joué? Lui as-tu également fait des suggestions sur les choix d’échantillonnage?

R: J’ai tout simplement pris une bière avec Philippe et discuté de ses chansons. J’ai toujours trouvé que le concept de mélanger des samplings de musique classique avec du folk était génial. Je lui ai fait part qu’un album entier consacré à cette thématique serait probablement beau et touchant. Et c’est le cas! Pour ma part, j’ai donné un échantillonnage à Philippe, la messe en si mineur de Schubert, pour la chanson «Croix de chemin».

Q : La plupart du temps, Philippe joue tout seul avec sa guitare, son harmonica et un ordi pour les effets. Comment ça va se passer cette fois? Le Quatuor participe-t-il au choix des chansons? Pas d’engueulades? Est-ce que vous l’accompagnerez tout au long ou juste sur les morceaux de Variations?

R: Ici, nous allons reproduire en direct les échantillonnages de musique classique. Il y aura le Quatuor Molinari mais aussi une harpe, un hautbois, une flûte, un trombone, une contrebasse, un percussionniste, deux chanteuses d’opéra et autres surprises. Nous allons interpréter l’intégral des Variations fantômes, mais aussi d’autres pièces des albums précédents. Aussi, engueulades avec Philippe B? Impossible à imaginer!

Q : Pierre Lapointe a également chanté avec le Quatuor Molinari. Quel est pour toi l’intérêt de mélanger la musique classique et populaire? Es-tu un friand de ce genre de métissage ou as-tu fait une exception pour eux?

R: À vrai dire, je n’aime pas les choses forcées. Dans le cas de Pierre et de Philippe, leurs chansons se prêtent au jeu. L’espace harmonique et mélodique de leurs oeuvres nous permet de rajouter des couleurs instrumentales originales.

Q : Est-ce qu’il existe certains types musicaux qui se prêtent moins bien à ces mélanges et qui gagnent à rester seuls dans leur coin?

R: Absolument. Les musiques aux tendances traditionnelles ou encore world devraient, selon moi, rester intactes. D’où le mot «tradition».

Q : Tu es aussi chroniqueur musical à la radio de Radio-Canada chez Catherine Perrin. Tu y critiques autant des disques de chanson, que de pop et du classique. Comment vois-tu ce travail? Si on sait que Perrin est également musicienne classique, peut-on conclure qu’il s’agit d’un complot malicieux pour redonner de l’espace médiatique à la musique savante?

R: J’adore ce travail. Il faut dire que je suis un grand consommateur de musique de tous genres. Aussi, grâce à mes longues études en musique, j’ai développé un sens analytique que j’aime bien utiliser ici. Je ne crois pas que Catherine Perrin veuille nécessairement redonner de l’espace médiatique à la musique classique (elle-même s’amuse à mélanger les genres avec son groupe Bataclan). Elle aime tout simplement s’entourer de gens curieux.

Q : Avec qui rêves-tu de collaborer?

R: Disons que je suis très chanceux. Un de mes grands rêves se réalise en septembre. Le Quatuor Molinari et le groupe Timber Timbre vont s’associer pour créer un spectacle multidisciplinaire. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. À suivre…

*****

Philippe B avec le Quatuor Molinari le 17 février 2012 (une représentation à 20 h, l’autre à 23 h) au conservatoire de musique de Montréal
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