Posts Tagged ‘Dominique A’

Barbara, pianissimo

11 octobre 2017

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Il automne, et il sera Barbara. Livres, rééditions, émissions de télé, et un film attendu avec Jeanne Balibar dans le rôle de la chanteuse. Dans cette avalanche, il ne faudrait peut-être pas louper le projet du pianiste de musique classique Alexandre Tharaud.

On savait Tharaud amateur de chanson française. Il lui avait même déjà consacré un spectacle en duo avec Albin de la Simone. Ce dernier est justement présent sur le double cd que Tharaud fait paraître. Sur «Barbara», il a convié des chanteurs pour accompagner ses volutes de piano. Parmi les réussites, citons Dominique A (Cet enfant-là), Camélia Jordana (Septembre), Vanessa Paradis (Du bout des lèvres), Jean-Louis Aubert (Vivant poème), Tim Dup (Pierre), Jane Birkin (Là-bas), Albin de la Simone (C’est trop tard) et Juliette Binoche (qui récite Vienne, une des plus belles chansons de Barbara, jadis sublimement interprétée par William Sheller). Il y a aussi quelques choix moins heureux: Bénabar, Radio Elvis, Rokia Traoré ou Luz Casal.

On le voit, le choix des titres et des interprètes est loin de l’exercice convenu. Tharaud connaît sa Barbara sur le bout des doigts, et on lui en sait gré de réunir une aussi jolie pléiade d’artistes.

Mais Tharaud est d’abord un instrumentiste classique. Il adjoint un deuxième cd sur lequel il reprend au piano une Barbara sans paroles (hormis quelques mots de Binoche). Ce court disque instrumental intitulé «Écho» frémit de sensibilité, de créativité. Le pianiste a convié Michel Portal à la clarinette et Roland Romanelli à l’accordéon, deux musiciens qui jouaient avec Barbara… Ça s’appelle avoir de la mémoire.

Un hommage sincère et pudique, généreux. De plus, l’emballage est soigné: des photos, un livret français/anglais/allemand. Le texte de présentation est signé Tharaud lui-même.

Il prépare un hommage scénique à Barbara avec Juliette Binoche qui lira des textes de la chanteuse (mauvaise idée de lire des paroles de chansons, ce n’est pas fait pour ça!) et des extraits de son journal inachevé (ça, c’est beaucoup plus pertinent). Ce spectacle «Vaille que vivre» doit tourner en France et à l’étranger dans les prochains mois.

Barbara continuera longtemps à se promener en nous, pianissimo.

 

Des bonus (1)

1 mai 2014

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J’ai envie d’ouvrir une rubrique qui reviendrait sporadiquement à propos des bonus. Il paraît que ce mot est une vilaine contraction de «bonus track», mais je la préfère de loin à «piste supplémentaire», «extra», etc. Question d’esthétique. «Bonus» est quand même un mot marrant, qui rebondit sous la plume comme un ballon, t’as juste le goût de lui filer un coup de pied pour le mettre dans le but, pour faire un Thomas Müller de moi-même – rêvons!

Dans ce coin de blogue, il sera question de tous ces morceaux qui ne figurent pas sur un album régulier. On les retrouve plutôt sur des éditions limitées, des dvd, des liens Internet… On y trouve parfois des trésors obscurs qu’il vaut la peine d’éclairer ici.

Les premières perles qui me viennent en tête ce sont les titres inédits du dvd «Un soir boulevard Voltaire» de Vincent Delerm (2003). Des chansons fantastiques que l’on ne retrouve pas sur son premier opus: L’appartement; La véranda; Les trottoirs à l’envers* et sa relecture pleine de dérision (un genre où il excelle) de Marc Lavoine, Les yeux revolver. Parmi les reprises hilarantes de Delerm, il faut aussi citer quelques-unes de son disque «Favourite Songs»: Désir, désir et Le coup d’soleil.

En 2001, Dominique A publiait ce qui reste un de ses meilleurs albums à vie: «Auguri». Sur l’édition limitée, on pouvait entendre une très touchante reprise de Barbara, J’ai tué l’amour, ainsi que le remarquable inédit, Oublie. La nouvelle édition de 2012, en double cd «deluxe», reprend ces bonus et d’autres.

C’est l’avantage des rééditions, des coffrets: rapatrier les raretés. Que les faiseurs d’anthologies, les chercheurs, en soient remerciés.

* cette dernière est-elle une reprise ou une chanson signée de Delerm?

Électrisant Daho

26 novembre 2013

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Inutile de s’attarder trop longtemps, le nouvel opus d’Étienne Daho est encensé partout, et avec raison. Pour le résumer en un mot: électrisant. Les morceaux n’ont pas la fibre pour devenir des tubes instantanés, à l’instar de ses classiques, mais ils font indéniablement frissonner, volant dans les hauteurs de la plus belle pop à la française. Seule la pochette (avec ou sans bandeau) est de mauvais goût, racoleuse, même si on tente de nous faire croire qu’il s’agit d’une représentation du paradis, de l’innocence retrouvée!

Abordons plutôt les différentes éditions du disque qui existent sur le marché. Outre la version simple, normale, on peut se procurer une édition deluxe. Celle-ci comporte 6 titres supplémentaires: 3 remix, pour ceux qui apprécient l’exercice… La chanson En surface est proposée dans une version duo avec son co-créateur, Dominique A. Un inédit pas mal: Bleu Gitanes. Mais le meilleur c’est un duo avec François Marry, Les lueurs matinales, une adaptation de Wonder de François & The Atlas Mountains… Et enfin, une édition vendue uniquement à la FNAC nous offre un septième bonus: jolie version piano-voix pour Le malentendu.

Avec «Les chansons de l’innocence retrouvée», Daho signe un de ses meilleurs albums en carrière. Pour quelqu’un qui ne donne pas dans la nostalgie, voici un petit palmarès de ses sommets depuis 1980!

En studio:

1) Corps et armes (2000)

2) Éden (1996)

3) Paris ailleurs (1991)*

4) Les chansons de l’innocence retrouvée (2013)

5) Le condamné à mort (2011)

En public:

1) double Live (2001)

2) Daholympia (1993)

3) Daho Pleyel Paris (2009)

Compil:

Singles

Le livre de référence:

Christophe Conte, «Une histoire d’Étienne Daho» (Flammarion; 2008) (ma critique ici)

* «Paris ailleurs» est un classique de Daho, avec une série de tubes, mais force est d’admettre que c’est surtout la première moitié qui est exaltante, trop forte pour la suite…

Quand Dominique A voulait changer de cap

13 mars 2012

Pendant que l’actualité en chanson ronronne d’ennui, que les journalistes font semblant de trouver Ariane Moffatt captivante (parfois, en privé, on me dit le contraire de ce que l’on clame à la télé*), continuons notre plongée dans l’œuvre de Dominique A.

L’édition double cd de «Tout sera comme avant» parue cet hiver est intéressante. À la sortie de la version originale, en 2004, le chanteur ne semble pas s’être remis de l’album «L’imprudence» (2002) de Bashung. Il s’en est inspiré, changé la direction de son œuvre, et ça a donné des tartines d’arrangements pompeux, sans le génie de son aîné. Rares sont ceux qui n’ont pas été déçus, voire ennuyés.

À le réécouter aujourd’hui, on ne change guère d’idée… Ce disque demeurera sans doute une curiosité. Mais… le cd 2, contenant les bonus, vaut le coup. On retrouve des chansons de «Tout sera comme avant», mais en version démo, dépouillée. Elles reprennent ainsi de la force, une charge émotive.

On peut aussi y réentendre des morceaux extraits du dvd en public de Dominique A aux Bouffes du Nord, dont l’excellente «Rouges sous la lampe». On trouve aussi la reprise de Caussimon-Ferré, «Mon camarade» dans la version studio tirée d’un disque hommage à Ferré. Dommage que la version en spectacle sur France Inter, datant de la même époque, ne soit pas incluse dans le compact car elle est nettement supérieure (et introuvable**).

Sur cette édition deluxe, l’album d’origine a été remastérisé, la pochette extérieure modifiée (l’originale est reproduite sur le livret qui accompagne).

Du bon travail. Toujours en attendant un nouvel opus à paraître sous peu en France.

* Un jour, il faudra consacrer quelques lignes sur l’hypocrisie de certains journalistes ou simples amateurs de musique qui font semblant d’aimer un truc qui, réellement, les ennuie. En effet, peut-on vraiment dire du mal de certains intouchables sans se faire lyncher? Essayez un peu avec Pierre Lapointe, Daniel Bélanger, Richard Desjardins ou Jean-Louis Murat… Ça leur prendrait du courage et de l’honnêteté. Il est nettement plus facile de taper sur Isabelle Boulay, Marc Lavoine et compagnie. De vilains artistes populaires. Imaginez un peu, avec un large public, pouah!

** Il faudrait aussi écrire un billet ou plus sur les trésors que diffusent les radios et qui ensuite tombent dans l’oubli car ils ne sont pas édités sur disque. Deux exemples? En janvier 2001, Keren Ann avait chanté une magnifique reprise d’Henri Salvador, «Tu fais partie de mon été» sur les ondes de France Inter. Version disparue. Il fallait l’enregistrer chez soi!

Idem pour un spectacle autour de Bernard Dimey que Jehan avait donné à Montréal et capté par Radio-Canada. Probablement le meilleur enregistrement à vie du chanteur. Un époustouflant guitare-voix diffusé à la radio, jamais sur disque.

Dominique A réédité: survol

1 mars 2012

Nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir en détail, mais soulignons dès maintenant la parution en nos terres québécoises des rééditions des albums originaux de Dominique A. Sur les huit opus parus récemment en France, six sortent chez nous. Ont été écartés: «L’horizon» (déjà paru ici sur l’étiquette La Tribu) et le dernier disque studio, «La musique – La matière».

Les huit albums sont réédités en format deluxe 2 cd. Des quantités de bonus ont été ajoutés: raretés, inédits, etc. Et avec un artiste de cette ampleur, les ajouts sont souvent dignes d’intérêt.

Par contre, avec une œuvre aussi colossale et complexe, il ne faudrait pas chercher la totalité des morceaux rares. Ces rééditions en compilent beaucoup, mais ne reprennent pas tout. Par exemple, on trouvera seulement des extraits de la cassette «Une femme chante sur le quai» ou du coffret «Les sons cardinaux».

Certaines raretés avaient déjà été publiées dans le long format triple cd, «Le détour».

Les livrets reprennent vraisemblablement ceux d’origine, avec mention de la provenance des bonus. Pas de textes explicatifs de Dominique A ou de présentation des albums. Pour ça, il vaut mieux se référer aux entretiens parus dans la presse, notamment l’important dans Next.

À l’origine, c’est le premier disque de Dominique A, «La fossette», qui devait bénéficier d’une réédition pour souligner ses 20 ans. Mais dans la foulée, on a droit à tout, ce qui est encore mieux! Le chanteur se disait d’ailleurs très heureux que son répertoire soit de nouveau disponible dans les bacs, et se comptait chanceux. C’est devenu un privilège, paraît-il, de voir ses disques en magasin. Jadis, ça aurait été juste normal, mais en temps de crise, tout le monde galère.

Plusieurs des opus ont été remastérisés. Les pochettes cartonnées, on l’a dit, reproduisent celles d’origine (sauf «Tout sera comme avant»), avec le livret et un deuxième compact pour le matériel ajouté.

De la belle ouvrage qui nous permettra de remonter aux origines de cet artiste d’exception. Et qui publiera un nouvel album de chansons originales sous peu.

2012 sera Dominique A ou ne sera pas.

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Autre billet consacré à ces rééditions.

Le site de Dominique A.

Dominique A en grand luxe

4 janvier 2012

Bonne nouvelle pour commencer 2012: on réédite en version deluxe 2 cd plusieurs albums de Dominique A!

Les essentiels Remué et Auguri y sont, quelques curiosités aussi (La fossette avec Un disque sourd en bonus; Si je connais Harry). On retrouvera aussi La mémoire neuve et Tout sera comme avant.

Par contre, au Québec, nous n’aurons visiblement qu’en importation le splendide L’horizon ainsi que La musique – La matière.

Ce sera dans les bacs français la semaine prochaine et chez nous en février.

On y reviendra certainement.

En détails


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