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Élisa, Élisa

15 février 2012

pochette 2000

La très grande auteure-compositrice-interprète Élisa Point lançait cette semaine en France un nouvel album, cette fois-ci en duo avec le jeune chanteur pop Léonard Lasry, «L’exception».

En 2000, mademoiselle Point avait publié une pure merveille, «La panoplie des heures heureuses», à ranger dans la discothèque idéale.

Élisa, c’est la femme derrière le disque «Comm’ si la terre penchait» de Christophe. Non seulement elle y a écrit quelques textes mais elle a également beaucoup participé à sa conception, pratiquement comme co-réalisatrice (c’est ce que nous apprend la bio du chanteur signée Henry Chartier).

C’est une chanteuse à la toute petite voix, qui murmure des textes délicats, littéraires, souvent mélancoliques ou finement humoristiques. Si elle n’était pas si jeune (la mi-cinquantaine environ), on pourrait dire qu’Élisa Point est l’ancêtre de Clarika.

Le seul problème, si on peut dire, c’est qu’elle est un peu trop prolifique. En 10 ans, elle a multiplié les enregistrements: simples, doubles, triples et même un coffret de cinq cd d’un seul coup! Toujours des chansons inédites…

Musicalement, ça pouvait devenir un peu linéaire. Mais en 2009, elle a formé un duo avec Fabrice Ravel-Chapuis et produit un disque sous le nom de Désolé. C’est devenu plus pop, plus léger. Et ces envolées musicales lui faisaient le plus grand bien.

Elle remet ça aujourd’hui avec Léonard Lasry. Et une première écoute laisse croire que c’est très réussi.

L’envie de la retrouver revient. Et celle, également, de mieux connaître son jeune compagnon créatif.

Clip de leur chanson «Libre»

Élisa et Léonard étaient dans les studios de «Sous les étoiles exactement» de France Inter cette nuit. On peut l’écouter sur le site ou télécharger le podcast. Belle complicité, bonne émission.

La discothèque idéale # 14

20 janvier 2012

Christophe, Comm’ si la terre penchait (2001)

Tout jeune, dans les années 60, Christophe a mal commencé avec des ritournelles comme Les marionnettes et Aline, des succès qui lui collent encore aux basques, quatre décennies plus tard. Il les chante encore aujourd’hui en spectacle. Essayez de laver votre image après ça…

Les années 70 emportent Christophe, transformé en dandy, dans le tourbillon du rock lettré avec des albums splendides et sophistiqués : «Les paradis perdus»; «Les mots bleus»; «Le beau bizarre».

Puis c’est la déchéance. Il se perd dans les années 80, sort un disque électro guère convaincant en 1996 (mais encensé par le micro cercle des  archi fans).

Arrive 2001. «Comm’ si la terre penchait» paraît. De nouveau plutôt électro, mais cette fois avec de fortes mélodies. Aussi planant qu’un vieux Pink Floyd. Le délire. Des textes dingues, poétiques, signés essentiellement de Christophe, Marie Möör et Élisa Point.

Du piano qui s’égrène avec la force d’un volcan, et la délicatesse de perles qui tombent. Des nappes chaudes de synthés.

L’impression d’être happé dans un autre monde, en suspension. Des chansons sublimes.

«Les lumières bleues dansent sur les terrasses
Et les étangs reflètent leurs lumières
Le jour ne vient pas, ça me fait peur
Pourtant je ressens du bonheur

Plus jamais ouvrir de porte
Verser une larme
Vers… l’intérieur
Comm’ si la terre penchait»

Il faut entendre Christophe interpréter ces mots de sa voix impossible pour comprendre que Baudelaire avait bien raison : le beau est souvent bizarre.

(billet publié le 6 février 2008)


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