Nouvelles vibrations

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Entrevue réalisée pour le mensuel L’entracte (mars 2016).

La visite de Pierre Flynn en nos terres donne l’occasion de revenir avec lui sur sa carrière. Artiste friand de collaborations, on l’a vu aux côtés des 12 hommes rapaillés de Gaston Miron et s’est entouré notamment de Louis-Jean Cormier pour enregistrer son nouvel album, paru l’an dernier.

Dans les années 70, où Led Zeppelin avait la cote, Flynn était le meneur du groupe de rock progressif Octobre. Vingt-cinq ans plus tard, il donne avec «Mirador» (2001) dans le courant électro-pop que chérissent au même moment des artistes comme Marc Déry ou Daniel Bélanger, collègues chez Audiogram. Pour le très bon nouvel opus («Sur la terre»), c’est à Philippe Brault et Éric Goulet que Flynn a confié les clefs de la réalisation: «J’avais commencé le projet avec Louis-Jean Cormier, mais il a dû quitter car il était débordé par tout ce qui lui arrivait. On a gardé pas mal de choses qu’on avait faites ensemble. J’avais beaucoup aimé ce que Brault et Goulet avaient réalisé sur l’album « Jour de chance » de Sylvie Paquette. Je voulais essayer de travailler en équipe pour cet album personnel, que j’espérais cohérent et honnête.»

On le devine entre les lignes de l’entrevue, il a fallu à Flynn lâcher un peu de lest, se laisser aller: «À l’époque d’Octobre, j’étais le compositeur et l’auteur des morceaux, mais une chanson pouvait beaucoup être transformée quand on la montait ensemble. Les arrangements, l’approche, la couleur, étaient d’Octobre. Pour « Sur la terre », j’ai essayé d’ouvrir plus largement la porte aux idées de mes collaborateurs, car je peux être assez control freak, avoue-t-il en riant nerveusement… Quand on demande à Louis-Jean, Philippe, ou Éric de venir jouer dans nos bébittes, il faut leur laisser un peu d’air, de liberté.»…

Le chanteur a laissé passer quartoze ans entre ses deux derniers cd originaux. Entre les deux, il avait fait paraître un disque en public, dépouillé, «Vol solo», où le piano avait presque toute la place. D’ailleurs, Flynn est indéniablement associé aux claviers. C’est donc une agréable surprise quand on entend, tout au long de «Sur la terre», toutes ces guitares, un son plus pop-rock qui rappellent judicieusement Louis-Jean Cormier. On ne sera d’ailleurs pas étonné que Cormier signe une partie des arrangements en plus de jouer de la guitare sur plusieurs titres: «Comme ça faisait plusieurs années que je n’avais pas fait un album de nouvelles chansons, je n’avais pas la prétention de tout savoir dans l’art de faire des disques en 2015. J’avais le besoin et le goût d’avoir des challenges et de recevoir certains cadeaux de la part de mes collaborateurs. Même si certains me trouvent impossible, je pense qu’on a réussi à ouvrir les portes et à rester ouverts les uns face aux autres. »

Pour cette tournée, Flynn a fait appel à Michel Faubert pour la mise en scène. Sur scène, ils seront quatre à jouer presque toutes les chansons du nouvel album. Mais il pense déjà à la suite, il espère ne pas mettre aussi longtemps avant de sortir du matériel neuf: «Je pense avoir débloqué des choses. Je commence tranquillement à repartir à la recherche de nouvelles vibrations.»

Francis Hébert

 

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