Les chansons du scaphandrier

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Tout est possible. Jack Bauer revient demain pour une neuvième saison de 24 et Philippe B se retrouve dans le palmarès des meilleurs vendeurs avec son nouvel opus, «Ornithologie, la nuit». Le chanteur québécois, un des meilleurs de sa génération, se classe en position no 3 d’une grande chaîne de «librairie/disquaire». On croit rêver.

Depuis 2005 que la presse spécialisée l’encense, dès la sortie d’un premier album exceptionnel qui faisait preuve d’une écriture originale, de mélodies entêtantes, d’un ton où la mélancolie et l’autodérision s’entendaient à merveille. En 2011, l’auteur-compositeur-interprète publiait le sublime «Variations fantômes», qui incorporait avec maestria et émotion des échantillonnages de musiques classiques (Vivaldi, Satie, Srauss, Ravel, etc.).

Ce chef-d’œuvre ne fut même pas en nomination au gala de l’ADISQ, ce qui avait provoqué la consternation, entre autres, de Pierre Lapointe, dont Philippe B est justement guitariste depuis longtemps.

C’est dire si ses ventes doivent être confidentielles. Le grand public l’ignore, les radios commerciales aussi. Et pourtant avec «Ornithologie, la nuit», à peine paru, le voilà meilleur vendeur! Doit-on se fier à ces classements et se réjouir pour l’artiste et la santé d’une certaine chanson québécoise?

Le quatrième opus de Philippe B est un album concept avec Montréal pour décor. Ça raconte l’histoire d’un homme qui se relève d’un chagrin, et remonte peu à peu à la surface au fil des morceaux. Pour bien saisir les nuances de cette œuvre puissante, il est recommandé d’en lire les paroles pendant la première écoute. L’écriture est à la fois simple, poétique et dessine un climat étrange. Ses arrangements sont raffinés, créatifs. Sur plusieurs morceaux, le croque-notes délaisse un peu la guitare pour lui préférer le piano. Ça crée un climat feutré, souple. Le narrateur cherche un air plus léger. Mais que ceux qui aiment le chanteur marinant dans son spleen se rassurent : la transition se fait en douceur, avec pudeur. Les chœurs féminins d’Audrey-Michèle Simard et Amélie Mandeville apportent un charme supplémentaire, comme une fragile étincelle dans la pénombre.

On apprécie chez Philippe B cette manière de pratiquer son métier avec un sourire aux coins des lèvres. Il allie une constante recherche artistique avec une allure désinvolte. Sur scène, ce pince-sans-rire est extrêmement drôle et attachant. Et ses quatre albums sont une source constante de plaisir, d’ébahissement.

 

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