Coeur de vinyle?

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Depuis quelques années, les médias nous parlent du retour en force du vinyle, ces galettes souvent noires, d’un autre âge. Michel Rivard a même fait une jolie chanson sur son dernier album: Coeur de vinyle.

Les mélomanes soulignent la qualité du son, l’expérience d’une grande pochette. Mais encore faut-il avoir un bon appareil pour les lire, sinon ça ne sert à rien. Et faire gaffe à l’usure des sillons, de l’aiguille…

Cette nouvelle mode me laisse quand même perplexe. D’abord, le format, très peu pratique, ça prend beaucoup d’espace chez soi, c’est lourd, ça se manie mal. Ensuite, si on les achète à l’état neuf, c’est plus cher que les compacts. De mémoire, une réédition normale (pas deluxe!) de Joao Gilberto voisine les 30 $, soit le double du prix d’un cd…

Mais pour ma part, le plus gros problème du vinyle, c’est qu’il ne permet pas de sauter des chansons. Il existe très peu d’albums que j’aime intégralement. Presque toujours, au moins deux ou trois morceaux m’énervent ou m’ennuient, et ce, même  chez mes artistes préférés. Avec des cd ou mp3, on peut éviter cette souffrance du titre honni, mais avec un tourne-disques? Peut-être que cette technologie* existe sur les platines vinyles, mais je n’en ai jamais vu…

J’achète encore des vinyles, mais uniquement quand ce n’est pas réédité en compact / mp3. Les seules exceptions, c’est quand les pochettes sont vraiment belles, qu’elles apportent quelque chose de plus. Je me suis ainsi procuré «Confidentiel» de Gainsbourg, «Chansons pour ma mélancolie» de Mouloudji (quasiment une oeuvre d’art, cet emballage! et quelles chansons!). Et quand je suis allé voir Philippe B en spectacle avec le Quatuor Molinari, je n’ai pas pu m’empêcher, même si j’avais déjà le cd (comme pour Gainsbourg) d’acheter le 33 tours de «Variations fantômes», sublime de fond et de forme. Les 14 photos originales, qui font écho aux morceaux, sont reproduites en grand format, plutôt qu’en petit comme sur le compact. Elles avaient même été brièvement exposées en salle à Montréal. Cliquez pour agrandir l’image ci-dessous, vous verrez…

Philippe B est le plus novateur, créatif et excitant chanteur québécois des dix dernières années, voire plus. Les journalistes l’encensent, les artistes itou. Il ne reste que le grand public qui se fait attendre. Espérons que ça viendra enfin avec la parution de son nouvel opus, le mois prochain. D’après une première écoute sommaire, «Ornithologie, la nuit» tutoiera les cimes, lui aussi.

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* Après la parution de ce billet, un lecteur, René Troin du  blogue Crapauds et rossignols, me signale l’existence d’une platine progammable

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5 Réponses to “Coeur de vinyle?”

  1. Eric Bélanger Says:

    Peut-être est-ce une fantaisie d’auteur que l’auditeur ne puisse passer par-dessus une chanson, on se donne tant de mal à leur trouver la bonne place sur le disque. Et puis quoi de mal à souffrir d’une pièce quelques minutes dans l’attente de celle qu’on aime juste après, c’est pas l’attente qui crée le désir?

  2. francishebert Says:

    Bonjour Éric, merci pour ton message. De la façon dont tu présentes ça, c’est comme prendre l’auditeur en otage… Je préfère être libre. À la rigueur, ça passe encore quand une chanson est moyenne ou juste ennuyeuse, mais pas – comme c’est souvent le cas en ce qui me concerne – quand elle me casse les pieds…

    Je n’aime pas les compils, car j’apprécie l’univers esthétique défini sur un disque par l’artiste et l’arrangeur, mais pas au point d’apprécier l’album intégralement.

    Avec les iPod, c’est très pratique pour ça… Ne conserver que l’essentiel.

  3. Béatrice Says:

    Il y aurait tant de choses à dire sur le sujet… N’étant pas née avec un iPod entre mes petites menottes, j’ai grandi avec les vinyles. La question ne se posait alors pas, c’était cassette ou 33 Tours. Et ces cassettes, quelle horreur… Le ruban qui se coinçait dans la machine, qu’on tentait ensuite de rembobiner avec un crayon, et ça nous pétait entre les doigts une fois sur deux.

    Puis le CD est arrivé. J’y ai longtemps été réfractaire, ne pouvant supporter ces petites pochettes qu’il fallait parcourir avec une loupe. Mais j’ai fini par prendre le train de l’évolution, bien qu’avec quelques wagons de retard. Et depuis, j’ai racheté beaucoup de disques en CD que j’avais jadis en vinyle. Le son ? Oui, il fait débat… Mais honnêtement, nos oreilles sont-elles si pointues qu’on peut réellement déceler à ce point la différence ? Je ne sais pas, et on finit par s’habituer au son du CD avec le temps. Et à son côté effectivement plus pratique.

    Je dois bien posséder 300 vinyles encore. Comme Francis, j’en ai acheté quelques-uns alors que je possédais déjà l’album en CD parce que la pochette est magnifique (Music Emporium, par exemple, psyché américain de 1969, Serpent Power, même style en plus folk, et Birthday Blues de Bert Jansch). Mais également parce que l’album n’a jamais été réédité en CD, donc si je souhaitais posséder le disque physiquement, je n’avais pas le choix (Anne Sarofeen, Accolade, ou encore Bert Jansch pour l’album L.A. Turnaround que je n’ai pas hésité à payer 130 dollars à un collectionneur anglais). Pour, finalement, apprendre deux ou trois ans plus tard que ledit album de Jansch venait enfin d’être réédité, avec des bonus s’il vous plaît ! Les bonus… Parfois, ils sont tellement intéressants qu’ils portent automatiquement le choix vers le CD.

    Mode, sans doute, mais hélas, bien des artistes oublient que tout le monde n’a pas une platine vinyle ou n’a pas envie d’en faire l’acquisition. J’ai certes des vinyles, mais plus de platine car je n’écoute quasiment que des CD. Alors quand un artiste fait le choix de ne sortir son disque que sur vinyle, je me retrouve exclue du cercle des potentiels acquéreurs de sa merveille. Et c’est rageant… Injuste, même. Musiciens, pensez-y svp… Si vous avez envie de sortir votre album en vinyle, libre à vous, mais le sortir aussi en CD agrandit forcément votre cercle de diffusion.

  4. francishebert Says:

    Moi il m’arrive d’écouter encore des vinyles, mais si ça existe en cd, je préfère l’acheter ainsi. La pochette de Bert Jansch «Birthday Blues» est très belle, le contenu aussi, mais le cd me suffit. J’avais été épaté, moi qui ne suis pas vraiment amateur d’Eddy Mitchell, par la qualité de Zig-Zag et sa chouette pochette, mais j’ai dû l’acheter en vinyle, ne le trouvant pas en compact. La qualité sonore est impec…

    • Béatrice André Says:

      Il existe un fabuleux duo folk suédois qui chante en anglais et reprend entre autres Sandy Denny et Jackson C. Frank : US and Them. Leurs chansons sont disponibles principalement en vinyles 45 tours, quasiment introuvables parce qu’épuisés… C’est extrêmement frustrant pour ceux qui, comme nous, ne peuvent se contenter de musique numérique et ont besoin de posséder l’objet physique. Le résultat ? Leur musique circule mal et ledit duo reste méconnu…

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