Réjouissantes soeurs Boulay!

soeurs

Mappemonde est sans doute une des plus belles chansons de l’année. On la doit à Stéphanie Boulay, paroles et musique. Fraîche, émouvante, originale. À l’image des soeurs Boulay (rien à voir avec l’Isabelle du même nom), qui ouvraient hier le Coup de coeur francophone devant un Club Soda plein à Montréal. Elles ont été réjouissantes d’humour, de chaleur, de charisme. Craquantes.

À la base, sur disque, il y des chansons pleines de saveur, singulières. Ça ne ressemble à rien de ce qui se crée en français, c’est joué mine de rien, l’écriture au service de l’émotion, pas pour faire des prouesses – comme tant d’autres qui aiment se regarder écrire… Mais n’oublions pas une chose.  Sur «Le poids des confettis», le premier cd du duo, il y a un artiste qui a fait un excellent travail à la réalisation et aux co-arrangements: l’auteur-compositeur-interprète Philippe B, un des trésors québécois les moins connus du public, mais les plus respectés du milieu.

Hier soir, au Club Soda, j’ai beaucoup pensé à Philippe B. D’abord, la dernière fois que j’avais ri autant pendant un spectacle, c’était à celui de Philippe B. Les soeurs et lui n’ont pas le même sens de l’humour, mais le résultat demeure: on éclate de rire, complices. Sur le cd, Philippe joue certains instruments en plus de convoquer ses propres musiciens. Sans rien enlever aux soeurs Boulay, «Le poids des confettis» est magnifié par son boulot de réalisateur-musicien-arrangeur.

Ceci dit, c’est sans lui que Les soeurs foulaient les planches du Club Soda et elles ont été épatantes, accompagnées essentiellement d’un guitariste et d’une tromboniste, en plus de leur propre guitare et ukulélé. Quelques nouvelles chansons ont été présentées, en plus de celles du premier opus et Au coeur des filles, tirée du maxi originel. Seuls les deux ou trois morceaux en anglais, qui n’avaient pas le même charme, diluaient l’intérêt. Globalement, c’est une centaine de minutes de plaisir que Les soeurs Boulay ont offerte. Et en sortant, on n’avait qu’une envie: les écouter encore.

En lever de rideau, ça a été autre chose. On espérait beaucoup mieux de la part de Catherine Leduc, elle qui était si pétillante et émouvante avec Tricot Machine. Est-ce la faute de la sono? On entendait très mal ce qu’elle chantait. La faute aux chansons, qui semblaient beaucoup moins originales et diversifiées qu’au temps du duo? On attendra son premier album personnel (prévu pour le printemps 2014) pour mieux juger.

Pour l’instant, la fraîcheur et l’émerveillement sont du côté des soeurs Boulay. Espérons que ça durera plus que le temps d’un disque stupéfiant.

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