Simplement

rivard2013

Chez Michel Rivard, on aime la manière artisanale de pratiquer le métier de faiseur de chansons. Pas de paillettes, pas de tenues flamboyantes, pas de scandales. Il donne toute son attention aux créations. Son premier 45 tours remonte à 1973: Belle journée pour un suicide. Toute une promesse en ces années hippies québécoises…

Il a donné à Beau Dommage quelques beaux succès, seul (La complainte du phoque en Alaska) ou avec le parolier Pierre Huet (Le blues de la métropole), dont certaines en solo que nous apprécions encore: Motel «Mon repos» et Le vent du fleuve (sur le meilleur album du groupe, «Passagers»).

Puis il s’est perdu comme presque tous ses collègues dans les années 80, avec un grand succès public pour «Un trou dans les nuages», mais qui a bien mal vieilli. Rivard préfère ses albums plus acoustiques, et nous aussi. Le dernier opus original personnel (on exclut sa comédie musicale «Les filles de Caleb») datait déjà de 2006. «Confiance», enregistré quasiment seul par l’auteur-compositeur, séduisait par son dépouillement, sa simplicité.

Rivard n’est pas le genre de chanteurs qui font  se pâmer, dont on vénère des œuvres fulgurantes. Non, son truc à lui, c’est l’efficacité, les chansons que l’on adopte parce qu’elles sont près de nous, qu’elles nous ressemblent. Un plaisir plus modeste mais important que l’on retrouve avec «Roi de rien», qui vient de paraître. L’artisan convie son groupe de musiciens (Le Flybin Band) à l’accompagner discrètement. C’est fait avec doigté et respect. L’album va son cours, on se promène dans les rues de Montréal, dans les déambulations de l’auteur. Pas de tubes foudroyants, juste un alliage fort agréable entre des mots quotidiens et de bonnes mélodies. D’ailleurs, ne manquez pas de télécharger gratuitement et légalement les suppléments: tous les morceaux en version acoustique (quasiment supérieure à celle orchestrée) et deux inédits.

L’auteur-compositeur-interprète sait toujours y faire, et on tient avec «Roi de rien» un album important dans sa discographie.

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Miche Rivard, Roi de rien (Spectra)

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