Épurée

tell

Il y aurait plusieurs raisons de passer à côté du nouvel album de Diane Tell qui sort sur les tablettes ces jours-ci, mais déjà disponible en numérique depuis fin mars. Ce serait une erreur de le louper, car il est d’une grande beauté, même pour ceux qui n’ont, jusqu’à présent, jamais été touchés par son univers. Là, en enregistrant cet opus en solo, avec juste sa guitare et sa voix, elle nous touche plus que jamais.

L’épure convient bien à certains artistes, tel William Sheller ou Jean-Claude Darnal. En solitaire, certains peuvent faire des miracles d’émotion. Diane Tell y parvient ici. Elle reprend plusieurs morceaux de son répertoire dont les classiques Gilberto qui salue la bossa-nova et Si j’étais un homme. Elle chante du Vian, Aznavour ou Françoise Hardy.

C’est d’une justesse, d’une pureté, d’une délicatesse…

Pour le moment, la version cd n’est disponible au Québec que dans la chaîne Renaud-Bray qui jadis était libraire-disquaire mais ressemble de plus en plus à un magasin de jouets et de thé… Autant les chansons de Tell sont belles ainsi dénudées, autant le procédé «marketing» de forcer les mélomanes à acheter dans un magasin exclusif est répugnant. On peut par ailleurs le trouver en numérique sur iTunes, mais celui qui aime le CD est coincé.

On peut espérer que cette exclusivité Renaud-Bray (un peu l’équivalent des éditions FNAC en France) ne sera que temporaire.

Ce Tell-là mérite une diffusion plus large, une place privilégiée dans notre collection.

Mise à jour: Diane Tell explique son choix dans les commentaires.

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5 Réponses to “Épurée”

  1. Diane Tell Says:

    Bonjour Francis.

    Merci infiniment pour vos bons mots sur mon album UNE et plus généralement pour tout ce que vous écrivez ici sur la chanson francophone, la musique, les artistes… merci pour votre blogue quoi ! Tout y est intéressant, j’ai beaucoup appris à vous lire et pris autant de plaisir à parcourir mois par mois vos articles.

    Je me permets toutefois de commenter la dernière partie de votre critique en expliquant à l’auteur de ce blogue et à vos lecteurs pourquoi notre album physique est en vente uniquement chez Renaud-Bray.

    La réalité n’est pas comme vous l’écrivez « un procédé «marketing» -pour- forcer les mélomanes à acheter dans un magasin exclusif… » -ce que vous trouvez-répugnant ». Le mot est fort, ce qui m’amène à commenter ici.

    Afin d’être distribué partout, il fallait signer avec un distributeur, ce que nous avons tenté très sérieusement de faire. Au Québec il y en a deux : Select et DEP. Malheureusement nous ne sommes pas tombés d’accord avec l’un ou l’autre pour cet album. Les raisons sont simples :

    1) Nous avons déjà signé avec un distributeur pour l’ensemble de notre catalogue numérique pour le monde et la politique des 2 distributeurs cités est d’avoir l’exclusivité pour le physique et le numérique sur leur territoire, ce qui rendait difficile l’aboutissement de la négociation.

    2) Nous souhaitions pour l’album UNE, une distribution physique toute simple donc et ce, sans engager l’ensemble de mon catalogue fruit du passé. J’ai lutté toute ma vie pour recoller les morceaux de mes phonogrammes en une seule pièce maitresse, j’y suis enfin arrivée et je tiens justement à rester maitresse en ma demeure. Les distributeurs travaillent généralement avec des labels, ceux-ci peuvent avoir un certain poids et grâce à cela garder un certain contrôle. Lorsqu’un distributeur signe avec un artiste en direct pour tout un répertoire, sa politique consiste à prendre le contrôle du fond pour en gérer la forme et décider seul de la vie ou de la mort des oeuvres dont il détient les droits. Ce n’est pas notre projet.

    Cela ne veut pas dire qu’un deal avec une maison de distribution est impossible dans le futur, ça explique simplement pourquoi ce deal fut impossible pour UNE. Si nous avons proposé cet album à une seule enseigne c’est que nous n’avons pas la structure pour le « distribuer » de manière classique nous même. La direction de HMV se trouvant à Toronto, celle d’Archambault au sein de Québécor qui contrôle Sélect, deux grandes maisons à la porte desquelles nous n’avons pas frappé. Nous avons choisi Renaud-Bray sans la moindre hésitation. Blaise Renaud nous a accueilli avec joie et avec coeur, un vrai coup de coeur, pas un coup de pub.

    Notre démarche est celle d’une petite boîte indépendante qui produit cash phonogrammes et vidéogrammes sans bénéficier de subventions ou d’avances sur recettes. Si l’album physique n’est pas disponible partout, il l’est dans tous les magasins Renaud-Bray, et sur leur site, c’est déjà ça et sans le coup de coeur de Monsieur Renaud pour notre démarche indépendante et pour l’album, il serait nulle part à l’heure où j’écris ces lignes.

    Merci de m’avoir permis d’expliquer plus en détails ce qui n’est pas évident pour tous, je me rends compte. Bien amicalement, Diane Tell.

  2. norbert gabriel Says:

    On constate que les artistes qui ont la détermination d’être maîtres de leur art, et de sa diffusion ont beaucoup de mérite dans ce monde où « la distribution » qui est un service, se transforme en dictature hégémonique. Donc merci à Renaud Bray malgré tout …

  3. diong Says:

    J’aimerais souligner une autre restriction qui empêchent que certaines oeuvres musicales en format numérique soient disponibles pour tout le monde: comme plusieurs, j’ai choisi pour mon ordinateur un autre système d’exploitation que Windows ou OS X, et je me cogne donc le nez sur la porte fermée d’iTunes.

    De plus en plus de gens optent pour des systèmes d’exploitation libres, basés sur Linux. C’est autant qui n’ont pas accès au catalogue d’iTunes et qui doivent se tourner vers d’autres modes de distribution pour obtenir la musique qu’ils désirent. C’est dommage, ça aussi.

  4. francishebert Says:

    Bonsoir,

    J’ignorais que iTunes était «bloqué» sur certains navigateurs… Le mieux pour encourager les artistes c’est de passer directement sur leur site officiel pour acheter cd ou mp3, mais malheureusement, ce n’est pas toujours offert.

    Sans vouloir faire de pub, la maison de disques québécoise Audiogram vend ses cd en moyenne à 13 $ sur son site, ce qui est une dizaine de dollars moins qu’en magasins…

    Merci de votre commentaire, c’est toujours bon à savoir.

    • diong Says:

      En fait, pour avoir accès au catalogue d’iTunes, il faut installer sur sa machine un logiciel qui gère la musicothèque locale et en ligne. Ce logiciel n’est offert qu’aux utilisateurs De Windows et d’OS X. (Et ce logiciel espionne ce que tu écoutes et ce que tu télécharges.)

      On sait que ça prend un iPhone ou un iPod ou un iPad pour se brancher sur iTunes, et si ton univers tourne sur Android, ben tant pis pour toi, change de religion.

      Ce sont ces stratagèmes commerciaux qui m’ont fait opter pour un OS libre et gratuit. Mais il y a un prix à cette liberté: accès refusé aux machines à sous des deux géants.

      Le meilleur choix qu’un artiste peut faire quand il en a la possibilité, c’est bandcamp (René Lussier par exemple). Là, peu importe ton système d’exploitation, tu as accès à la musique pour un prix très abordable et dans le format que tu veux: MP3, FLAC, OGG, name it. Ça, pour le consommateur, c’est le pied.

      Cesse de contrôler ton client en l’attachant à des formats et des plateformes exclusives (dans le sens qu’elles excluent ceux qui ne sont pas de ton Église), mais offre-lui la liberté de choisir la manière dont il veut se procurer et écouter sa musique: me semble que c’est une solution gagnante, non?

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