Parfum d’Afrique

Un balafon.

Un balafon.

Sébastien Lacombe faisait sa rentrée montréalaise ce soir au studio-théâtre de la Place des arts. Son troisième album, Territoires, composé dans la foulée d’un voyage en Afrique, se classait numéro un dans mon palmarès francophone de fin d’année en 2012. Le meilleur disque de chanson était québécois. Sournois, l’opus. On l’écoute une première fois: ouais, sympa. Une deuxième: ah, oui! c’est bon! Et par la suite: vraiment extra! Ça s’infiltre en douce, et ça reste là.

Sur les planches, ce soir, il a prouvé qu’il sait raconter de bonnes histoires entre les morceaux, pas trop longues, assez amusantes ou touchantes. Simplement, en accordant sa guitare en bois. Sympathique, chaleureux, voix chaude, de très belles chansons (essentiellement celles de Territoires, dommage pour C’est tragique l’Amérique et La note, du premier cd).

Hélas, ce qui aurait pu être une soirée extraordinaire s’est un peu banalisée. La faute à la formule musicale choisie. Platement, un bassiste et un guitariste, deux Québécois frileux (la preuve: ils gardaient leur tuque à l’intérieur). Mais sur la petite scène, trônaient de chouettes promesses: des djembés et un balafon. Impossible de ne pas penser à la Complainte africaine de Jean Duino et popularisée par Bïa: «J’aurais pu naître en Afrique et jouer du balafon»…

Le spectacle a donc débuté lentement, avec Lacombe et ses deux comparses frigorifiés. Les morceaux étaient bons, bien exécutés, mais ça ne levait pas. Au bout d’une vingtaine de minutes, ça a changé. L’atmosphère s’est soudainement réchauffée: un troisième musicien (Abou Kone?) faisait son entrée pour s’occuper des percussions africaines et de cette espèce de xylophone qu’est le balafon. Montréalais d’adoption mais d’origine africaine! Un vrai! (la preuve: il portait une djellaba!)

Et c’est là qu’on s’est rendu compte de ce qu’aurait pu être cette prestation si Lacombe avait poussé son idée à l’extrême, se forgeant une personnalité unique: juste lui et l’Africain, sans basse ni guitare autre que celle jouée par le chanteur. Presque tous les meilleurs moments étaient ceux au parfum d’Afrique. L’invité noir n’a joué hélas que sur environ 25 % des morceaux. On aurait peut-être même pu ajouter une kora et le métissage n’en aurait été que plus exaltant avec les chansons très québéco-américaines (pour le meilleur, au sens de Richard Séguin).

On aurait aimé que le voyage de l’auteur-compositeur-interprète à Dakar ait de plus fortes répercussions encore sur son spectacle: dans le choix des instruments, dans une projection de photos prises là-bas.

Il a pour lui du charisme et de bonnes chansons, il lui faut maintenant oser l’extrême. L’épure. Le nirvana créatif.

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