Cali en noir et blanc

cali

Le problème, avec certains premiers albums, c’est qu’ils sont trop forts. Les morceaux qui y figurent ayant eu le temps de mariner longtemps, ils sont goûteux. Ensuite, peu importe ce que fait le chanteur, on compare avec la claque qu’on s’était prise la première fois, et on en regrette l’intensité.

Les exemples seraient nombreux, prenons Cali, qui vient de sortir son cinquième opus studio, Vernet les bains. En 2003, il publiait L’amour parfait, fougueux et douloureux, et quelle raclée on se prenait ! C’est quand le bonheur? ; Elle m’a dit ; Pensons à l’avenir ; Il y a une question ; Tes désirs font désordre ; Le grand jour ; Fais de moi ce que tu veux… Ouf !

Et puis Cali sur scène, quelle bombe, quelle fête ! Chanteur tornade, qui aime prendre ses bains dans la foule.

Mais il a péché par excès. On l’a trop vu, répéter trop souvent les mêmes gestes, les mêmes cris, la même manière de flatter le public. Un peu comme Thomas Fersen : au début, on adore – le charme, le charisme, l’humour. Mais pourquoi ces artistes se croient-ils obligés de sortir autant de disques, de manière si rapprochée, et de venir si souvent au Québec ? Certaines années, Fersen a dû chanter en sol québécois en différentes saisons, été comme hiver!

Cali, donc, arrive avec son cinquième opus studio en une décennie. À cela il faut ajouter une trame sonore et cinq enregistrements en public. Cinq ! Onze signatures de Cali en 10 ans ! Sans compter un livre d’entretiens avec Miossec… Peut-être cherche-t-il à concurrencer Murat ?

Avec ces artistes surproductifs, les journalistes se disent, progressivement, à chaque nouvelle sortie : «Déjà?». Puis: «Encore?». Pour enfin soupirer: «Merde, encore un, il va falloir l’écouter…». Beaucoup de professionnels du milieu doivent réagir ainsi, et une partie du public itou.

Mais si on en parle aujourd’hui c’est que Vernet les bains vaut la peine qu’on l’écoute. Déjà disponible en version numérique avant Noël, le cd sort en ce moment en France et au Québec. Il fait partie des trois enregistrements importants de Cali avec L’amour parfait et L’espoir (2008).

Le Français a opté pour plus de sobriété, avec le doué Frédéric Lo à la réalisation et la participation de Steve Nieve au piano… L’esprit vachard a laissé peu à peu la place à plus de douceur, et ça ne lui va pas plus mal. On ne ricane plus, on sourit, on s’émeut. Délicatesse, ambiance feutrée, chansons en noir et blanc, à l’instar des photos qui enjolivent l’objet. Et cette citation de Tom Waits qui y est reproduite: «Ici les rêves ne sont pas brisés, ils boitent.»

Vous ne serez pas éberlué par la découverte d’un artiste, ce ne sera pas l’amour parfait, mais vous apprécierez l’effort qu’il fait pour se renouveler, séduit par ses nouvelles chansons évocatrices. Ou alors la nostalgie du premier album est vraiment trop envahissante.

Cali, Vernet les bains (Wagram)

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