Québécitude

Encore une très belle réédition qui souligne cette fois le 35e anniversaire du premier album de Paul Piché, qui nous plonge dans notre joyeuse québécitude, à une époque où la chanson sociale pouvait se pratiquer sur des airs de musique traditionnelle. Pas certain qu’un amateur de chanson francophone qui écouterait, en 2012, pour la première fois ce disque à l’âge adulte y trouverait son compte, mais nous sommes des milliers, de tous âges, à avoir adoré les chansons de À qui appartient l’beau temps? Et on est en présence d’une série de vrais classiques québécois, de ceux qui rassemblent les générations autour de morceaux contagieux: Heureux d’un printemps, Y’a pas grand- chose dans l’ciel à soir, Mon Joe…

Bonne idée de le rééditer, car l’édition cd datait déjà de 1987. Ici, on a remastérisé l’album orignal. C’est un réel plaisir de retrouver, par exemple, Chu pas mal mal parti, une des plus fortes du répertoire de Paul Piché. Et s’il y a quelqu’un que l’on doit remercier pour ce 33 tours original, c’est Robert Léger, le co-réalisateur (avec Michel Lachance). En 1977, Léger venait de quitter son groupe Beau Dommage et avait désormais envie de se consacrer à la réalisation d’albums. On raconte qu’il aurait mis deux ans à convaincre Piché d’entrer en studio, ce dernier ayant des réticences à le faire car ça faisait trop commercial et ça ne cadrait pas avec ses idées révolutionnaires! C’était une autre époque, l’idéalisme, le rêve y avaient droit de cité.

Non seulement c’est Robert Léger qui a convaincu Piché du bien fondé du projet, mais il a pris les choses en main comme un directeur artistique, sélectionnant avec le chanteur quelles chansons inclure et quelles rejeter (hélas, il ne semble plus rester trace de certaines exclues). Et il a convié pour l’enregistrement ses compagnons de l’entourage de Beau Dommage (Rivard, Bertrand) et d’Harmonium (Serge Fiori joue des guitares sur Réjean Pesant, Neil Chotem du piano Fender Rhodes, Liebert Subirana du saxophone), sans oublier l’harmoniciste et tapeux d’pieds Alain Lamontagne sur l’extraordinaire Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir…

C’est toute cette effervescence qui revit ici sur ce double compact à la présentation soignée, à la pochette dûment cartonnée, avec les paroles des chansons (sauf pour Réjean Pesant, oubliée). Un deuxième cd propose une relecture d’Heureux d’un printemps par Loco Locass et deux documentaires audio. Le premier, très intéressant, raconte en 40 minutes la genèse de l’album avec les témoignages de Piché, son attaché de presse de l’époque Jacques Ouimet et bien sûr le maître d’oeuvre, Robert Léger. Dans le deuxième document sonore (33 minutes), le chanteur revient sur chacune des chansons du disque, en y allant d’anecdotes et de propos sociaux. On aurait préféré que le premier soit plus long, plus complet (avec par exemple des explications sur le choix de la pochette, des photos, etc.) et le deuxième, plus court, mais ce deuxième compact est instructif et l’ensemble de cette réédition très réussie redonne envie de plonger dans notre québécitude, à une ère bénie où on rêvait encore d’un pays.

Paul Piché, À qui appartient l’beau temps? (remastérisé; 2 cd; Audiogram)

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