Arnaqueurs

On savait que les maisons de disques aimaient arnaquer les mélomanes à coup d’éditions spéciales, de bonus, d’inédits… Et ça ne remonte pas à notre chère et belle époque. Déjà au temps de Brassens, on publiait des coffrets avec des versions inédites…

Quand Universal avait sorti la nouvelle intégrale Gainsbourg, on avait omis de mettre toutes les pistes supplémentaires afin de s’en garder sous la manche pour la réédition, quelques mois plus tard, de la version deluxe de Melody Nelson. Et dans cette nouvelle intégrale, on avait remplacé (sans le préciser) la version habituelle de Chez les yé-yé par une autre, plus longue… Pas ajoutée en bonus, remplacée! L’originale n’y figure plus du tout!

Les preuves s’accumulent au fil des années contre la voracité, la malhonnêteté des compagnies de disques.

En voici un autre exemple. À la FNAC, pour seulement 10 euros, on vend un boîtier de Benjamin Biolay qui regroupe ses deux premiers et magnifiques albums, Rose Kennedy et Négatif. Or, quand on achète ledit boîtier, on peut constater que la version originale de la chanson Los Angeles a été remplacée par une autre mouture (un remix affreux repris dans sa compil)! Vous imaginez la déception de celui qui se décide enfin à mettre la main à sa poche pour se procurer un album qu’il aime ou veut découvrir? C’est comme ça qu’on incite les mélomanes à encourager les artistes et enrichir les compagnies?

On s’étonnera ensuite que les gens préfèrent pirater… Et ce sont eux qu’on accusera d’être des voleurs…

En entrevue, Biolay a déjà raconté que Négatif avait été conçu pour être un double album. Sa maison de disques lui a plutôt suggéré d’en sortir dans un premier temps une version simple, puis quelque temps plus tard, la double… Augmentant les ventes par la même occasion, pour bien saigner le mélomane qui veut connaître l’œuvre dans son intégralité. Et sur Négatif, peu de déchets, alors ça vaut la peine.

Ce coup-ci, Biolay avait refusé les magouilles et publié directement son double opus.

Ça méritait d’être souligné.

D’ailleurs, son nouveau disque sort bientôt, après le grand succès critique et public de La superbe, un double cd justement. Espérons qu’avec le prochain, il saura reconquérir les amateurs de la première heure qui trouvaient La superbe bien décevant.

P.-S. Revérification faite, il existerait deux éditions de Rose Kennedy. L’originale, de 2001, comporte 13 titres et dotée d’une pochette sombre. Une seconde version a paru en 2002 avec une pochette plus lumineuse, elle contient 14 titres et l’originale Los Angeles a été remplacée par l’horrible remix. Sur les cd, ce n’est pas indiqué qu’il s’agit d’un remix ou de la version dite # 2. D’où la confusion. Dans ce boîtier soldé, il s’agit donc de l’édition 2002 qui est reprise…

Il y a quelques années, Arman Méliès avait publié une nouvelle édition de son deuxième album, le très beau Les tortures volontaires, mais avait pris soin de l’indiquer sur le cd, comme ça personne n’est berné…

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