De beaux éléments

Vous l’aurez compris, le précédent billet était pour préparer à celui-ci.

En 2006, Tristan Malavoy dirigeait les pages littéraires de l’hebdomadaire Voir, à Montréal. Également auteur-compositeur-interprète, il lançait cette année-là un premier opus, «Carnets d’apesanteur». Du «spoken word», annonçaient les communiqués, ce qui n’est qu’une manière un peu plus chic et moderne pour dire de la poésie récitée sur fond musical. Aïe. De la chanson, oui, mais des textes dits?

On y allait à reculons, à l’écoute de la galette du collègue. Et je n’étais pas le seul, tout mélomane fin lettré qu’on soit (hum).

Et pourtant, dès les premières minutes, on a été conquis. Était-ce la voix de sa choriste de luxe, Stéphanie Lapointe, qui se mariait sensuellement à celle de Malavoy? Les textes humbles, la voix calme et belle? Les ambiances sonores extrêmement réussies?

Peu importe, ça a été un coup de foudre immédiat, ainsi que les spectacles qui ont suivi. Parmi les milliers de disques de nos collections, «Carnets d’apesanteur» est revenu régulièrement sur la platine. Magnétisés par son mystère.

Aujourd’hui, Malavoy ne dirige plus seulement les pages littéraires mais le Voir – Montréal au complet. Il a dû gruger sur ses nuits de sommeil pour créer la suite, qui vient de paraître sous le titre «Les éléments». Jean-François Leclerc est de retour pour assister la réalisation avec le percussionniste Alexis Martin dans le rôle du petit nouveau. Tous deux signent également des musiques sur les textes du chanteur.

Chanteur? Ou diseur?

Non, c’est bien le mot chanteur qui sied ici. Car Tristan Malavoy a décidé de chanter davantage que de dire. Ce qui ne pourra que nous réjouir encore plus. Car il chante merveilleusement, on l’avait déjà constaté et écrit à l’époque.

Les mots s’habillent toujours de contemplation douce. Pour le morceau Voyons voir, il en emprunte au poète Roland Giguère.

Bien sûr, il faudra laisser le temps à ces beaux éléments de faire leur place. Certes, il faudra se passer de Stéphanie Lapointe (remplacée par Amylie). Mais il y a sur ce nouvel album assez de souffle poétique, de retenue, pour qu’on ait envie d’y revenir souvent, furieusement.

Publicités

Étiquettes : ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :