Rivard dans les nuages

 

Certains journalistes, pourtant assez expérimentés, confondent encore la chronique, où le «je» est admissible, voire souhaitable, et la critique de spectacles et de disques où les souvenirs personnels, le dévoilement de la vie privée sont totalement hors sujet. Régulièrement, à lire leurs recensions, on a envie de leur dire: «Hé, on s’en fout de ta douce aimée, de ton enfance, parle de l’oeuvre!». Il ne faut pas leur en vouloir, ils se prennent pour des «rock critics» à la française, quatre décennies en retard.

Mais il est vrai que la musique se juge souvent, hélas, à l’aune des souvenirs. La réédition de «Un trou dans les nuages», de Michel Rivard, amène la question: pour qu’un album soit considéré comme grand, doit-il absolument pouvoir traverser le temps? Si on prend un auditeur d’aujourd’hui ou qui était à l’étranger au cours des 25 dernières années, peut-il apprécier cet opus qui transpire de part en part les années 80 et ses synthétiseurs? En entrevue, le chanteur confie qu’il s’agit d’une fausse batterie, programmée!

Sans le renier, Rivard lui-même semble un peu gêné du «gros son» de ce disque de 1987. Il s’était inspiré de Peter Gabriel. Le succès a été considérable, mais il a reperdu une bonne partie de son public à l’album suivant. Le grand public ne s’intéressait pas au Rivard que les amateurs de chanson aiment: avec une guitare en bois, des arrangements simples.

Cette réédition est soignée. Il n’y a pas eu de véritable remastérisation mais quelques retouches qui n’apparaissent pas à l’oreille humaine. Quelques brefs témoignages d’artistes d’ici parlent de l’importance qu’il a eu dans leur vie. Un livret avec les paroles des chansons. Et un DVD d’un spectacle de 1988 au Théâtre Denise-Pelletier. On aurait aimé que l’artiste nous offre, en bonus,  une version acoustique de ces morceaux, pour savoir ce qu’ils ont vraiment dans le ventre.

Mais sinon, ça devrait plaire aux nostalgiques ou pour les jeunes qui veulent connaître notre histoire musicale.

Michel Rivard est actuellement en mini-tournée québécoise avec son groupe habituel pour présenter un spectacle qui n’est pas un hommage à Un trou dans les nuages, mais une rétrospective de ses quatre décennies de carrière, avec un passage obligé (et attendu) par Beau Dommage.

Les dates

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