Quand Dominique A voulait changer de cap

Pendant que l’actualité en chanson ronronne d’ennui, que les journalistes font semblant de trouver Ariane Moffatt captivante (parfois, en privé, on me dit le contraire de ce que l’on clame à la télé*), continuons notre plongée dans l’œuvre de Dominique A.

L’édition double cd de «Tout sera comme avant» parue cet hiver est intéressante. À la sortie de la version originale, en 2004, le chanteur ne semble pas s’être remis de l’album «L’imprudence» (2002) de Bashung. Il s’en est inspiré, changé la direction de son œuvre, et ça a donné des tartines d’arrangements pompeux, sans le génie de son aîné. Rares sont ceux qui n’ont pas été déçus, voire ennuyés.

À le réécouter aujourd’hui, on ne change guère d’idée… Ce disque demeurera sans doute une curiosité. Mais… le cd 2, contenant les bonus, vaut le coup. On retrouve des chansons de «Tout sera comme avant», mais en version démo, dépouillée. Elles reprennent ainsi de la force, une charge émotive.

On peut aussi y réentendre des morceaux extraits du dvd en public de Dominique A aux Bouffes du Nord, dont l’excellente «Rouges sous la lampe». On trouve aussi la reprise de Caussimon-Ferré, «Mon camarade» dans la version studio tirée d’un disque hommage à Ferré. Dommage que la version en spectacle sur France Inter, datant de la même époque, ne soit pas incluse dans le compact car elle est nettement supérieure (et introuvable**).

Sur cette édition deluxe, l’album d’origine a été remastérisé, la pochette extérieure modifiée (l’originale est reproduite sur le livret qui accompagne).

Du bon travail. Toujours en attendant un nouvel opus à paraître sous peu en France.

* Un jour, il faudra consacrer quelques lignes sur l’hypocrisie de certains journalistes ou simples amateurs de musique qui font semblant d’aimer un truc qui, réellement, les ennuie. En effet, peut-on vraiment dire du mal de certains intouchables sans se faire lyncher? Essayez un peu avec Pierre Lapointe, Daniel Bélanger, Richard Desjardins ou Jean-Louis Murat… Ça leur prendrait du courage et de l’honnêteté. Il est nettement plus facile de taper sur Isabelle Boulay, Marc Lavoine et compagnie. De vilains artistes populaires. Imaginez un peu, avec un large public, pouah!

** Il faudrait aussi écrire un billet ou plus sur les trésors que diffusent les radios et qui ensuite tombent dans l’oubli car ils ne sont pas édités sur disque. Deux exemples? En janvier 2001, Keren Ann avait chanté une magnifique reprise d’Henri Salvador, «Tu fais partie de mon été» sur les ondes de France Inter. Version disparue. Il fallait l’enregistrer chez soi!

Idem pour un spectacle autour de Bernard Dimey que Jehan avait donné à Montréal et capté par Radio-Canada. Probablement le meilleur enregistrement à vie du chanteur. Un époustouflant guitare-voix diffusé à la radio, jamais sur disque.

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