Les artistes, ces bêtes curieuses

Il y a des décennies, Jean-Pierre Ferland avait écrit la chanson «Les journalistes» que j’ai toujours aimée malgré les clichés qu’elle véhicule.

Certains journalistes sont effectivement vendus ou complaisants, de mauvaise foi flagrante. Si vous saviez, simple lecteur, les magouilles qui se trament là-dedans, le copinage, ça fait peur. Les amitiés entre plumitifs et artistes expliquent bien des choses, des critiques trop molles. Quand vous lisez une énormité sur une jeune artiste nunuche (par exemple qu’elle a du talent, mettons), eh bien sachez que le gars qui écrit ça sort avec l’amie de l’artiste en question. Que le gars travaille dans ce journal parce que son cousin l’a fait rentrer… C’est comme ça que ça marche.

Le journalisme est un milieu cadenassé. De nos jours, impossible d’y entrer par une porte à peu près normale tellement les places sont rares pour le nombre de candidats. Naturellement, ça ne signifie pas que tous les journalistes pistonnés n’y ont pas leur place, mais certains ne sont pas du tout qualifiés pour le poste qu’ils occupent.

Bref. Mais souvent, la presse culturelle, pour ne prendre qu’un exemple, est menée par des gens passionnés, ouverts, curieux, qui aiment la culture plus que tout au monde. Et elle est dévouée. C’est un métier ingrat, il faut donc souligner le travail de ces gens qui se donnent à fond pour couvrir la culture – avec plus ou moins de réussite, mais ça c’est une autre histoire.

Ce long préambule pour parler… des artistes. Je suis toujours sidéré par le comportement de plusieurs d’entre eux. Je ne vous cacherai pas que je connais personnellement pas mal de gens qui écrivent ou qui chantent. À se demander s’il existe encore des non-artistes dans ce pays…

Certains artistes donc se plaignent. Ils se plaignent que les médias ne parlent pas assez d’eux mais… ils ne lisent pas les journaux eux-mêmes sauf quand on parle de leur petite personne. Narcissiques vous dites?

Ces artistes se lamentent qu’ils ne vendent pas d’albums, mais eux-mêmes n’achètent presque jamais de disques.

-Bouh hou, mes confrères n’écoutent pas mon travail, le grand public n’est pas curieux!

-Oui, mais toi qui chantes en français, tu as acheté des disques cette année?

-Bien sûr: les rééditions de Pink Floyd et de Nirvana et le dernier Sufjan Stevens.

Je parierais que s’ils n’étaient pas eux-mêmes, ces artistes n’achèteraient pas leurs propres disques.

Mais ils se plaignent. Bou hou, les journalistes sont des chiens, le public, des bornés qui ne s’intéressent qu’à leurs souvenirs, qui n’aiment pas découvrir de nouvelles choses!

S’ils observaient un peu leur propre comportement, ils changeraient (peut-être) de discours.

Les journalistes sont souvent plus aventuriers et curieux que les gens qui se targuent d’œuvrer dans la création mais qui finalement aiment surtout s’admirer le nombril.

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Une Réponse to “Les artistes, ces bêtes curieuses”

  1. Gilbert Laffaille Says:

    Bien dit!

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