Café Rimbaud

C’est un réflexe facile : dès qu’un chanteur a une plume un peu agile, qui s’aventure dans les contrées «poétiques», on le qualifie de poète : Brassens, Ferré, Félix Leclerc, etc. Souvent, ils protestent et clament que la poésie est faite pour être lue, mais la chanson, écoutée. Ce n’est pas la même démarche. Ils ont bien raison de décliner le titre de poète, les plus grands paroliers de la francophonie, les Jean-Roger Caussimon, Allain Leprest, Jacques Brel, Alain Souchon…

Les recueils de textes de chansons devraient servir d’aide-mémoire pour chanter des paroles, pour les citer, pas pour les lire silencieusement dans son salon.

Curiosité, il y a même d’excellents auteurs-compositeurs-interprètes, pour qui on a un respect infini, une admiration sans borne (Gilbert Laffaille, Martin Léon, par exemple) qui s’amusent à enlever la musique qu’ils avaient composée pour leurs chansons et à réciter le texte, seul, comme s’il s’agissait d’un poème. Chaque fois, ça alourdit considérablement la chose.

C’est donc avec une certaine appréhension qu’on accueille la réédition de Café Rimbaud parue récemment chez XXI (à qui on doit beaucoup de beaux CD comme l’intégrale de Félix Leclerc ou des rééditions de Georges Dor).

Sur le premier CD, on reprend le 33 tours de 1987 avec la chanson Café Rimbaud en cinq versions différentes. Sur un texte de Lucien Francoeur, cinq compositeurs ont mis une musique et l’ont chanté : Steve Faulkner, Gerry Boulet, Lina Boudreau, Marie Bernard et Michel Rivard. Dans l’ensemble, c’est réussi et bien sympathique.

Par contre, le CD 2 laisse perplexe. Café Rimbaud II reprend un enregistrement produit en 1989 par Radio-Canada qui revisite des classiques de la chanson québécoise mais… récités comme des poèmes par des comédiens (Hélène Loiselle, Sylvie Legault, Marcel Sabourin, Rémy Girard, Élise Guilbault). Parfois, on colle un fond sonore signé Marie Bernard.

Ça a tout de même le mérite de nous convaincre que des paroles, si fines soient-elles, si poétisantes, sont faites pour être chantées. Le reste n’est que boursouflure.

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