En attendant la nouvelle intégrale Brassens à paraître ce 17 octobre 2011 en France et quelques semaines plus tard au Québec, revoici son entrée dans ma discothèque idéale.
À noter que ce même album ressortira dans le coffret, en plus de sa forme originale, dans une version inédite: le dernier guitariste de Brassens, Joël Favreau, est retourné en studio pour poser la deuxième guitare qui devait y figurer à l’époque mais ne s’y trouvait finalement pas (à cause d’une grève, dit-on). Le premier pressage, à une seule guitare, devait être suivi d’un autre avec la deuxième guitare, qui a mis 45 ans à sortir!
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Georges Brassens, Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966)
Au milieu de sa carrière parfaite, Brassens publie son neuvième album, avec deux titres phares qui feront le succès de toutes ses futures compils : Supplique pour être enterré à la plage de Sète et La non-demande en mariage. Deux chansons parmi les plus belles de tout le répertoire français. La non-demande a même été reprise par Miossec, excusez du peu!
Mais à y regarder de plus près, cet album de 1966 ne contient que des grandes merveilles, connues ou non, une collection de chansons plus-que-parfaites. Les thèmes récurrents de son oeuvre, tous magnifiquement écrits, sans faute de goût ni concession à la facilité (comme l’a été Fernande, par exemple). L’ironie et la gaillardise (La fessée; Le fantôme), l’anti-conformisme qui se mêle à l’anarchie (Le pluriel; Les quatre bacheliers), son goût pour les vieux mots oubliés (Le moyenâgeux) et toujours cette compassion pour le genre humain (L’épave). Et cette ironie salvatrice qui se balade dans tout le disque.
La formule musicale est simple : une guitare, une contrebasse. Avec de telles chansons exemplaires, inutile d’en mettre plus. Le mot et la note suffisent largement.
Brassens, c’est la générosité faite chanteur.
(billet publié le 5 mars 2007)
